Le Cap (Afrique du Sud)

“Favoriser la diversité culturelle et le développement”

187 délégués
36 pays


Qui nous sommes:

Le Réseau international pour la diversité culturelle (RIDC) est un réseau mondial d'artistes et de groupes culturels qui s'efforce de contrecarrer l'homogénéisation culturelle occasionnée par la mondialisation.

Le RIDC représente des artistes individuels et des militants culturels, des organismes culturels et des industries de création. Nous sommes issus de tous les continents, de tous les secteurs et de toutes les disciplines de la collectivité culturelle, des artistes des nouveaux médias aux artisans traditionnels. Des organismes de plus de cinquante pays sont membres du Réseau.

Nous sommes une organisation dont la structure d'adhésion est démocratique, et nous disposons d'un Comité directeur actif. Le Réseau est orienté par notre Déclaration de principes et par les décisions de nos membres.

Pourquoi les artistes devraient-ils s'intéresser à la mondialisation?

Dans plusieurs coins du monde, les voix des artistes locaux sont submergées par des divertissements importés. Les industries multinationales du divertissement, de plus en plus grosses et intégrées, diffusent une culture mondiale homogénéisée. Des organes commerciaux comme l'Organisation mondiale du commerce (OMC) peuvent aggraver la situation en limitant la capacité des nations d'appuyer leurs propres artistes et leurs propres institutions culturelles. De même, des institutions financières internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) peuvent limiter les fonds alloués aux programmes culturels et à d'autres programmes en guise de condition pour des prêts indispensables.

Les artistes et les publics du monde entier envisagent une mondialisation d'un genre différent : une mondialisation qui encourage la production culturelle au sein des nations et les échanges authentiques entre elles; une mondialisation qui favorise la coexistence dynamique de toute une gamme de cultures. À mesure que les pressions s'accroissent pour qu'un plus grand nombre de secteurs culturels soient inclus dans les accords commerciaux bilatéraux, régionaux et mondiaux, les groupes culturels du monde entier s'unissent pour présenter une contreproposition : la création d'un nouvel instrument international pour la diversité culturelle.

Principes fondateurs:

L'expression culturelle et artistique est un élément fondamental de la société humaine.

La diversité culturelle enrichit notre vie à tous et doit être appuyée et mise en valeur en tant que partie intégrante d'un développement durable.

Les fruits de la création artistique sont plus que des produits et marchandises ordinaires, car chacun de ces fruits est unique et tous font partie intégrante des sociétés humaines.

Les cultures devraient avoir la possibilité d'interagir les unes avec les autres, ce qui enrichirait l'expression artistique et élargirait la gamme des choix.

Les forces du marché à elles seules sont incapables d'encourager et de préserver la diversité culturelle, que ce soit à l'échelle nationale ou internationale.

Les États et les citoyens ont le droit et la responsabilité de mettre en œuvre des politiques et programmes destinés à appuyer des activités artistiques et culturelles diversifiées et de les protéger d'interventions indésirables de forces extérieures, politiques ou économiques.

La reconnaissance et la préservation des cultures et des traditions des peuples aborigènes demandent une attention toute particulière.


Nous croyons:

Aucun gouvernement ne doit signer un accord susceptible de proter préjudice aux cultures locales et aux mesures qui les appuient qu'un nouvel accord international devrait être créé pour fournir un fondement juridique permanent pour la diversité culturelle.

Que faisons-nous?

  • Nous organisons des réunions locales, régionales et internationales sur les questions qui touchent à la diversité. Nous effectuons des recherches et des analyses, nous réunissons des informations sur les questions qui touchent à la diversité.
  • Nous exerçons des pressions auprès des gouvernements, des agences intergouvernementales et des forums multilatéraux.
  • Nous nous assurons que la voix de la collectivité culturelle soit entendue lors des négotiations commerciales.
  • Nous facilitons la communication et les contacts entre nos membres.
  • Nous lançons des projets qui facilitent la mise en oeuvre des principes.
  • Nous collaborons avec d'autres movements de la société civile.

Historique du RIDC

Mars 1998 Stockholm (Suède). La conférence de l'UNESCO sur les politiques culturelles pour le développement conclut que la mondialisation mine les cultures locales et traditionnelles, et que les groupes culturels devraient former des réseaux mondiaux pour contrecarrer cette tendance

Juin 1998 Ottawa (Canada). La ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps, invite les ministres de la Culture à une conférence, tenue au Canada, dans le cadre de laquelle est fondé le Réseau international sur la politique culturelle (RIPC). La Conférence canadienne des arts (CCA), de concert avec le Comité mixte des professionnels du monde artistique et littéraire de la Suède (KLYS), organise une conférence parallèle pour les organisations non gouvernementales

Novembre 1998 Stockholm et Ottawa. Le nouveau réseau des ONG crée un Comité directeur, qui commence à se réunir par téléconférence sur une base régulière.

Août 1999 Les membres du Comité directeur élaborent des principes directeurs pour le réseau et rencontrent des militants culturels au Mexique avant la tenue de la deuxième réunion du RIPC ministériel

Décembre 1999 Seattle (É.U.). Des représentants du RIDC introduisent des questions culturelles dans les réunions et contreassemblées de l'OMC pour donner un coup de fouet au mouvement antimondialisation

Septembre 2000 Santorin (Grèce). Soixantedix représentants culturels de 21 pays re réunissent pour fonder le RIDC. Les membres du comité directeur font état de la formation du RIDC lors de la troisième réunion du réseau des ministres de la Culture

Septembre 2001 Lucerne (Suisse). Dans le cadre de la deuxième conférence du RIDC, Vers un pacte culturel global, 85 délégués de 33 pays manifestent leur accord à la Déclaration de Lucerne, qui réclame l'élaboration d'un nouvel instrument international pour la diversité culturelle qui créerait un fondement juridique permanent pour la protection de la diversité culturelle

Novembre 2001 Doha (Qatar). Le RIDC envoie un représentant à la conférence ministérielle de l'OMC pour surveiller les négociations commerciales en cours.

Mars 2002 Ottawa (Canada). Le RIDC publie sa première ébauche de la Convention sur la Diversité Culturelle.

Octobre 2002 Le Cap (Afrique du Sud). 187 délégués de 36 pays se réunissent pour discuter " Favoriser la diversité culturelle et le développement" pendant la troisième conférence annuelle du RIDC.

Octobre 2003 Opatija, Croatie - 110 délégués provenant de 37 pays se sont rassemblés pour discuter du thème : La diversité culturelle en marche à l'échelle planétaire : le rôle de la société civile et de ses regroupements.

Automne 2003 - Le RIDC ouvre un nouveau bureau au Cap en Afrique du Sud

Décembre 2003, Mumbai, Inde - Le RIDC organise sa première rencontre régionale en Asie. Des délégués de tout les pays se sont réunis pour discuter de droit d'auteur et de diversité.

Mars 2004 New York, É.U. - Quelques représentants du RIDC rencontraient un petit groupe d'organisations culturelles pour examiner l'impact du mouvement de la diversité culturelle sur le secteur culturel américain.

Avril 2004 Durban, Afrique du Sud - Des représentants d'organismes culturels provenant de 8 pays du sud de l'Afrique ont assisté durant toute une semaine à une série d'ateliers de formation sur la mondialisation et la diversité culturelle.

Convention sur la diversité culturelle

  • Dès la première réunion du RIDC, on s'est inquiété de voir que les accords bilatéraux et multilatéraux sur le commerce étaient capables de porter préjudice à la capacité des pays de venir en aide à leurs propres cultures.
  • Ces considérations risquent de se répercuter sur tout l'éventail des politiques culturelles, des subventions directes aux politiques d'acquisition des bibliothèques et musées, et jusqu'aux lois sur le droit d'auteur qui favorisent les titulaires nationaux de ces droits.
  • La prétendue exception culturelle des accords de l'OMC et autres stratégies connexes qui visent à protéger les mécanismes existants n'offrent en réalité qu'une protection minime et se révèlent totalement inefficaces à une époque où la convergence technologique s'accélère.
  • C'est pourquoi, le RIDC et d'autres organismes ont conclu qu'un nouveau traité international s'imposait, pour offrir un fondement juridique permanent aux mesures gouvernementales qui favorisent la diversité culturelle.
  • Jusqu'à ce que ce traité soit mis en oeuvre, les gouvernements ne doivent pas conclure d'accords ou prendre des engagements qui les empêchent, directement ou indirectement, de venir en aide aux cultures locales.

La Convention a quatre objectifs fondamentaux:

1. Offrir un fondement juridique aux mesures gouvernementales qui encouragent la diversité culturelle, assorti de règles propres au secteur culturel.
2. Encourager des échanges plus équilibrés de biens et services.
3. Être suffisamment souple pour permettre aux définitions de la culture d'évoluer, au fur et à mesure que les artistes créent dans des médias nouveaux, et pour faciliter la mise en oeuvre de nouvelles mesures, en fonction de l'apparition des besoins.
4. S'assurer que les différends relatifs au commerce des biens et services culturels sont arbitrés par des experts en affaires culturelles, en vertu des dispositions de la Convention, plutôt que par des spécialistes du commerce, en vertu des dispositions des traités commerciaux.

Culture, diversité et développement

  • Le RIDC comprend que l'adoption d'un nouveau traité international n'est que l'une des étapes de la promotion de la diversité culturelle à l'intérieur des nations et entre elles. Une fois mise en oeuvre, la Convention pourra offrir une place à la création artistique nationale, mais ne pourra garantir que chaque pays aura la capacité d'occuper cette place.
  • La Convention pourra être utilisée par les artistes et producteurs de biens culturels pour demander à leurs gouvernements de prendre les mesures nécessaires à l'appui de la création artistique nationale.
  • Les citoyens du monde entier s'appauvrissent lorsqu'on leur refuse la possibilité de vivre la pleine richesse de la diversité culturelle de toutes les collectivités.
  • C'est pourquoi le RIDC s'est aussi engagé à oeuvrer pour que soient confectionnés les outils, politiques et programmes nécessaires pour assurer le développement de la capacité culturelle et encourager la créativité, pour garantir à chaque collectivité la capacité d'encourager les individus, les compagnies et les institutions, publiques et privées dont elle a besoin pour se donner une voix, par la musique, l'audiovisuel, les nouveaux médias, l'édition, la narration et toute autre forme d'expression artistique.
  • "La culture n'est pas un moyen de parvenir au progrès matériel; c'est la fin et le but du "développement", défini comme l'épanouissement de l'existence humaine, sous toutes ses formes et dans son ensemble." (Notre diversité créative, UNESCO)
  • Le RIDC exhorte les gouvernements, les institutions, les agences intergouvernementales et les fondations à collaborer pour que les ressources nécessaires, financières et humaines, soient consacrées à cette tâche. Le RIDC s'efforcera d'inciter les agences de développement de la placer à leur ordre du jour et insistera pour que l'aide au développement tienne compte des sensibilités culturelles et soit propre à chaque culture.

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