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Bulletin No 18, Avril 2002
Table de matières
- Dialogue panaméricain : Rapport sur le premier séminaire d’experts organisé par l’OEA sur la
diversité culturelle
- La Francophonie :dernières initiatives
- Annonces
Dialogue panaméricain: Rapport sur le premier séminaire d'experts organisé par l'OEA sur la
diversité culturelle
Séminaire d'experts de l'Organisation des États Américains sur la diversité culturelle Vancouver (C.-B.), 18-19 mars 2002
Le premier séminaire panaméricain s'est déroulé à Vancouver, les 18 et 19 mars 2002, sur deux aspects de
la diversité culturelle. Le chapitre 17 de la Déclaration du Sommet des Amériques à Québec, en 2001, préconisait le dialogue sur la diversité culturelle et la tenue
d'un séminaire d'experts pour recommander la manière de promouvoir cette diversité dans l'hémisphère. L'objet de la rencontre était de confectionner une série de
dossiers qui seraient étudiés dans le cadre de la planification du sommet des ministres de la Culture des Amériques, en juillet 2002, en Colombie.
Ce séminaire est à marquer d'une pierre blanche dans un hémisphère qui, depuis des siècles, impose des
valeurs et démarches eurocentriques à titre d'identité nationale culturelle officielle. Le cadre monoculturel a trop souvent conduit à adopter des politiques qui ont
anéanti ou menacé des nations entières, des peuples autochtones, des peuples d'ascendance africaine et des femmes. L'OEA s'intéresse à la diversité culturelle à un
moment crucial pour la planète, celui où la culture est devenue un élément axial, équivalent à la promotion des philosophies et démarches démocratiques dans les
États-nations et les organismes multilatéraux, de la stabilité et durabilité économique, ainsi que de la sécurité militaire. De fait, on affirme de plus en plus que la
culture est ou devrait être le fondement de toutes les autres démarches institutionnelles et que le développement culturel (y compris le bien-être matériel de tous les
citoyens et l'essor économique national) devrait être le but de la société et du marché.
Des délégués de 29 pays et 4 organismes intergouvernementaux ont participé aux discussions, structurées de
manière à offrir à tous les groupes - gouvernement et société civile - une possibilité égale d'intervenir. Cette méthode, inhabituelle, s'est révélée fructueuse. La
participation pleine et entière des ONG contraste avec la démarche traditionnelle, qui consiste à formuler la politique culturelle principalement du point de vue des
autorités gouvernementales. Les deux parties ont estimé que la franchise des échanges a stimulé le débat et abouti à des recommandations pro-actives.
Le RIDC était représenté par deux membres de son Comité directeur, James Early et Rafael Segovia, un membre
de Trinidad, Bruce Paddington, le coordonnateur du RIDC, Garry Neill, l'administratrice du RIDC, Alexis Andrew, ainsi que le président du Conseil des artistes du RIDC, R.H.
Thomson. Robert Pilon et Louise Vachon représentaient la Coalition pour la diversité culturelle, groupe canadien d'associations professionnelles. En sus de nombreux
chercheurs américains se trouvaient aussi des représentants de la société civile de quelques pays d'Amérique du Sud.
Après un survol historique des travaux culturels de l'OEA, le 18 mars a été consacré au thème suivant:
Promotion des politiques culturelles nationales à l'ère de la mondialisation, à partir d'un document de
travail rédigé par le ministère du Patrimoine canadien, hôte officiel du séminaire. Voici les recommandations auxquelles les discussions ont abouti:
- la nécessité de promouvoir les droits culturels et la démocratie culturelle
- le rôle important d'un Observatoire culturel panaméricain
- l'accroissement du respect dont devraient jouir les communautés marginalisées, surtout les peuples
autochtones, et l'ouverture de débouchés pour ces communautés
- l'importance des questions liées au droit d'auteur
- les répercussions des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux sur le commerce
- la nécessité de nouer des alliances entre les diverses parties intéressées
- la nécessité de s'intéresser de plus près à la protection du patrimoine et des ressources culturelles
La séance du 19 mars, La culture comme but du développement, a été animée par un document de travail très
fouillé du gouvernement colombien, sur la transformation de l'idée de culture, perçue comme un moyen de développement, en résultat final du développement, soit une
véritable nouveauté. Le document a mis l'accent sur le rôle crucial de la culture dans la formulation de toutes les politiques nationales et la nécessité de laisser les
collectivités locales créer et mettre en oeuvre les politiques de développement. Beaucoup de recommandations ont fait écho aux points soulevés la veille, soulignant le
lien étroit entre la promotion de la diversité culturelle et les politiques de développement. Les points ont été divisés en 7 catégories:
- Relation entre politiques culturelles et développement
- Créativité, marchés et diversité culturelle
- Diversité culturelle, peuples autochtones et collectivités locales
- Participation de la société civile à la politique culturelle
- N cessité d'un Observatoire culturel panaméricain
- La culture et sa relation avec les autres secteurs
Recommandations à l'OEA
On a énergiquement recommandé l'adoption d'un instrument capable de servir de fondement juridique aux mesures
gouvernementales en faveur de la diversité culturelle. Les participants ont également demandé aux gouvernements d'envisager toutes les répercussions possibles des accords
commerciaux sur les cultures locales avant de prendre des engagements. Les représentants des regroupements civils qui ont émis ces remarques ont reçu un soutien ferme de
certaines délégations gouvernementales, notamment des Antilles et d'Amérique centrale. Les deux groupes ont estimé qu'en l'absence d'une entente générale sur cette
question, on aurait peu de chance de faire progresser le développement des
cultures.
Cette harmonie entre les gouvernements et les regroupements civils a contrasté avec le refus officiellement
exprimé par la délégation américaine d'envisager l'adoption d'un instrument de protection de la diversité culturelle. Étant donné qu'il n'existe pas de ministère de la
Culture aux États-Unis, la délégation était composée de représentants du State Department, de la mission américaine à l'OEA et de quelques membres choisis des organes
culturels fédéraux. Ils ont argué qu'en leur qualité d'experts en affaires culturelles, ils n'étaient pas qualifiés pour se prononcer sur des dossiers commerciaux, même
si ces derniers portaient sur la culture et les entreprises culturelles. Les délégués américains ont également fait la distinction entre le secteur des entreprises
culturelles et du divertissement, le secteur culturel sans but lucratif et le secteur commercial.... une distinction qui n'existe qu'aux États-Unis. Dans la plupart des
autres pays, il n'existe qu'un secteur culturel et les possibilités de «profit» sont limitées parce que le marché est dominé par la production culturelle étrangère.
Autre leitmotive, le besoin urgent de formuler des définitions acceptables de termes utilisés dans la
discussion. D'une région à l'autre, idées et notions diffèrent largement (comme c'est le cas aux États-Unis, qui séparent culture et divertissement). Mais il faut
s'entendre sur les définitions pour aller de l'avant, estiment beaucoup de participants.
Ce dialogue entre la société civile et le gouvernement, à Vancouver, est le signe que l'OEA est désireuse
de faire participer tous les intéressés à la discussion sur la diversité culturelle et le développement. Les progrès risquent d'être freinés par la lourde bureaucratie
de l'OEA et la pénurie des ressources dont dispose le département de l'Éducation et de la Politique sociale à l'OEA pour concrétiser ses orientations.
Le RIDC collaborera avec d'autres regroupements civils pour s'assurer que des ONG informés participent au
Sommet des ministres de la Culture à Cartagena, en juillet, et que ces réunions continuent de se dérouler dans des conditions démocratiques et inclusives. Cette
collaboration pourrait être l'outil le plus efficace dont nous disposons pour nous entendre sur la formulation d'un Convention sur la diversité culturelle.
Alexis Andrew, administratrice du RIDC et James C. Early, Comité directeur du RIDC / directeur, Cultural
Heritage Policy, Smithsonian Institution, Avril 2002
La Francophonie : dernières initiatives
Depuis la Déclaration de Cotonou sur la diversité culturelle en juin 2001, ce dossier occupe une place
importante sur l'ordre du jour de l'Organisation internationale de la Francophonie. Les dernières initiatives de la Francophonie témoignent de sa volonté croissante
d'encourager la coopération internationale pour protéger la diversité linguistique et culturelle.
Le 27 mars, le secrétaire général Boutros Boutros-Ghali s'est exprimé devant la Ligue des États arabes à
Beyrouth, affirmant que les liens étroits entre les deux organismes s'articulaient autour de «la promotion de la diversité linguistique et culturelle ainsi que de la
démocratie et de la justice sur la scène internationale.» La Francophonie vient aussi de signer une entente le 5 avril avec l'Organisation des États ibéro-américains,
pour renforcer la relation entre les deux organismes, en mettant particulièrement l'accent sur la diversité linguistique et culturelle, la collaboration interculturelle
ainsi que l'accès multilingue aux nouveaux moyens de communication. Cette entente créera un vaste bloc linguistique et culturel qui comprendra les pays de langue française,
espagnole et portugaise, dans le but d'accroître la protection des cultures régionales.
La diversité culturelle sera également au coeur des discussions du IXe Sommet de la Francophonie, à Beyrouth
en octobre 2002, tandis que les dirigeants politiques réunis se pencheront sur le thème du dialogue interculturel.
Annonces
- Appel aux membres : la musique, le développement et la mondialisation
Ces dernières années, d'importants changements se sont produits dans le monde de la musique: systèmes de distribution par Internet, intégration de la
musique aux politiques de développement culturel, croissance d'une industrie indépendante de l'enregistrement, etc. Le prochain numéro du bulletin du RIDC portera sur
les retombées de la mondialisation sur l'industrie de la musique.
Nous invitons les adhérents du RIDC à soumettre de brèves (100 mots max.) descriptions de
projets et travaux qui reflètent les changements du domaine de la musique dans l'économie mondiale. Ces descriptions seront reproduites dans le bulletin. Nous nous
intéressons particulièrement aux projets qui encouragent les échanges interculturels et à ceux qui s'articulent autour du monde en développement et son riche
patrimoine musical.
Date de tombée: 3 mai 2002 SVP envoyez votre description à: incd@ccarts.ca
Le RIDC se réserve le droit de réviser tout texte soumis.
- Nous rappelons aux membres que les commentaires relatifs à la Convention sur la diversité culturelle
devraient être envoyés à incd@ccart.ca. Si vous avez du mal à ouvrir la version en ligne (cliquez sur Nouvelles et Événements), veuillez demander au
secrétariat de vous en envoyer copie en pièce jointe.
- La Troisième conférence annuelle du RIDC Favoriser la diversité culturelle et le développement :
Stratégies locales, nationales et mondiales se tiendra au Cap (Afrique du Sud) du 11 au 13 octobre 2002. Nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous en Afrique
du Sud.
- Réunion mexicaine
Le Mexique, grâce à la coordination du Conseil civique pour la culture et les
arts de Morelos et du RIDC, présentera le premier Forum mexicain pour la diversité culturelle.
Sujets : La Convention sur la diversité culturelle
La culture et la mondialisation : préoccupations locales et régionales Cuernavaca, Morelos Du 5 au 7 juillet 2002
Pour de plus amples renseignements, adressez-vous à : incd@ccarts.ca ou rsegovia1@yahoo.com.mx
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