CONVENTION SUR LA DIVERSITÉ CULTURELLE
Où peut-elle être négociée? Comment sera-t-elle gérée?
Au cours de rencontres antérieures du Réseau international pour la diversité culturelle, les membres se sont entendus sur un objectif clé : travailler à la mise en application d’une nouvelle Convention afin d’avoir une fondation légale permanente pour les mesures gouvernementales qui font la promotion de la diversité culturelle. Il est de première importance que la Convention s’assure que les différends entre les pays au sujet du commerce des produits et services culturels soient traités à la lumière de ses modalités plutôt que celles des ententes commerciales gérées par l’Organisation mondiale du commerce. Afin de mener cet objectif encore plus loin, nous avons diffusé notre propre ébauche de ce que devrait être une telle Convention. Un débat à ce sujet sera à l’ordre du jour des membres au Cap.
En plus d’examiner le contenu potentiel de ce que nous appelons la Convention sur la diversité culturelle, les délégués au Cap étudieront les rouages de la mise en œuvre d’une telle Convention. Sur quelle tribune devrait-elle être négociée? Quels sont les rouages administratifs nécessaires pour qu’elle devienne une barrière efficace contre les accords commerciaux? Comment les gouvernements nationaux pourraient-ils atteindre une entente afin de signer et ratifier la Convention? La clé qui assurera la viabilité de ce projet se trouve dans la résolution de ces questions.
Ce document examine les possibilités qui sont à l’étude au sein du RIDC et soulève des questions dont les délégués devront tenir compte.
Partie
2 - AVENUES POSSIBLES POUR
NÉGOCIER/ACCUEILLIR LA CONVENTION
UNESCO
Réseau international sur la politique culturelle (RIPC)
Organisation mondiale du commerce
Nouveau groupe de discussions
Ces options ne sont pas incompatibles – par exemple, il est possible d’élaborer le document comme étant « autonome », par le truchement du RIPC, mais avec l’objectif de le voir pris en charge par l’UNESCO. Qu’importe l’option qui est appuyée par la société civile, elle doit permettre l’implication totale de la société civile dans le processus de négociation et dans le système de règlement de différends.
Partie 3 – POINTS À EXAMINER DU GROUPE DE TRAVAIL DU RIPC SUR LA DIVERSITÉ CULTURELLE ET LA MONDIALISATION
Le Groupe de travail du RIPC a créé un sous-comité afin d’étudier les questions de gouvernance. Le document initial est basé sur les trois modèles de gouvernance présentés le plus souvent : approfondir le document au sein de l’Organisation mondiale du commerce, au sein de l’UNESCO, ou l’établir comme étant un accord « autonome ».
L’OMC semble un choix délicat vu sa vision commerciale agressive et si l’on tient compte du fait que le document (Convention), bien qu’ayant certains facteurs commerciaux, soit conçu à partir d’une perspective culturelle. L’OMC s’est démenée avec la relation entre ses accords et ses traités environnementaux qui, dans le même ordre d’idées, vont au-delà de considérations commerciales limitées. Bien que des pratiques bureaucratiques lourdes ralentissent l’UNESCO, cet organisme est perçu comme étant « l’organisme de référence le plus apte à améliorer la position du document ».
Cependant, l’UNESCO fait face à un problème d’importance : le facteur temps. Même si la volonté politique est là, il lui serait impossible de finaliser un document avant janvier 2005, alors que l’OMC doit compléter son cycle de négociations commerciales a commencé à Qatar. L’UNESCO n’est engagée présentement que dans « la réflexion concernant l’opportunité d’un instrument juridique international sur la diversité culturelle ».
Si l’on pense à sa nature ad hoc et flexible, la création d’un accord autonome est intéressante à cause de sa rapidité; elle assurerait aussi que le contenu du document ne subira pas de pressions externes. Cependant, cette option demande l’établissement d’un environnement pour le document et un cadre institutionnel devrait être élaboré afin d’appuyer le processus de surveillance et de règlement de différends.
Le document traite aussi de la possibilité de devenir un « rivage culturel » à partir duquel un pont pourrait être construit jusqu’à l’OMC ou que le document puisse être « reconnu » dans le système de l’UNESCO.
En envisageant une conclusion, le comité du RIPC énonce que les empêchements face aux façons de se servir soit de l’OMC ou de l’UNESCO à court terme, sont « plus significatifs que l’obligation de créer une ‘structure’ et d’établir une ‘représentativité’ afin d’assurer l’évolution du document en tant qu’entité autonome ». Ainsi, le comité favorise clairement le développement initial du document au sein du RIPC.
À ce jour, le RIDC a travaillé sur tous les fronts pour le développement de ce document. Nous avons présenté nos idées initiales à la rencontre du Groupe de travail du RIDC en mai 2002 et étions présents à la rencontre ministérielle de l’OMC à Doha, Qatar, en novembre dernier. Nous poursuivons notre engagement dans le processus de diversité culturelle de l’UNESCO. Tout ce travail doit être maintenu.
Le RIDC et ses membres devraient continuer à œuvrer aux niveaux national, régional et international dans le but d’atteindre un plus large consensus auprès des gouvernements et des organisations de la société civile quant à la nécessité d’une convention.
Lorsque l’organisation idéale ayant la volonté et la capacité de donner vie au document sera plus évidente, la société civile devra concentrer ses forces dans ce secteur. Il est primordial que les principes élaborés dans l’ébauche du RIDC soient compris et incorporés par le corps gouvernemental retenu.