Réseau international pour la diversité culturelle
Troisième conférence annuelle
Favoriser la diversité culturelle et le
développement :
Stratégies locales, nationales, et mondiales
11 - 13 octobre, 2003
Le Cap, Afrique du Sud
Présence:
Cent quatre-vingt-six (186)
Participants:
Cent soixante-dix-sept (177)
Organisateurs:
Neuf (9)
En 1998, la
Conférence de l'UNESCO sur la culture et le développement a conclu que la
mondialisation présentait un danger pour les cultures locales et
traditionnelles, et encouragé les organismes culturels à former des réseaux
locaux pour contrecarrer cette tendance. Deux réseaux sont nés de cette
rencontre: le Réseau international pour la diversité culturelle (RIDC), qui
regroupe des ONG du monde entier, et le Réseau international sur la politique
culturelle (RIPC), qui rassemble les ministres de la culture.
Le RIDC a
tenu sa première réunion sur l'île de Santorin, en Grèce, en septembre 2000,
immédiatement avant la troisième rencontre du Réseau des ministres de la
culture. Ce calendrier a été respecté depuis. La Déclaration de principes du
RIDC a été formulée durant cette réunion.
La deuxième
conférence annuelle du RIDC, Vers un pacte culturel global, a eu lieu à
Lucerne, en Suisse, du 21 au 23 septembre 2001, tandis que le monde était
encore sous le choc des événements du 11 septembre. La date de cette réunion,
qui a malheureusement rendu impossible la participation de nombreux délégués
des États-Unis et du Proche-Orient, a mis en relief la nécessité d'un dialogue
et d'une collaboration accrus, à l'échelle internationale. En effet, 85
délégués de 33 pays se sont réunis à Lucerne pour trouver des solutions
concrètes aux problèmes des artistes et cultures qui subissent les retombées de
la mondialisation et de la libéralisation du commerce. La conférence s'est
notamment articulée autour de l'encouragement de la discussion parmi les
artistes et l'émission de recommandations sur le nouvel instrument
international, soit une Convention pour la diversité culturelle.
Ces débats
ont conduit le RIDC à rédiger sa propre version de la Convention sur la
diversité culturelle, qui a été distribuée au début de 2002 aux adhérents du
Réseau et à toutes les parties intéressées. D'autres regroupements, notamment
le RIPC et l'UNESCO, ont adopté leur propre démarche sur le fond et la forme
d'un traité international.
La
troisième réunion annuelle du RIDC, Favoriser la diversité culturelle et le
développement: stratégies locales, nationales et mondiales, a eu lieu au
Cap, en Afrique du Sud, au Centre for the Book, du 11 au 13 octobre, sur les
assises posées au cours des années précédentes et, notamment, l'ébauche de la
Convention sur la diversité culturelle. On y a examiné les rapports entre la
diversité culturelle et les politiques de développement.
Favoriser la diversité culturelle et le développement: stratégies locales, nationales et mondiales
La
Conférence du Cap a été la plus courue et la plus stimulante de toutes les
rencontres du RIDC jusqu'ici. En effet, 186 délégués de 37 pays ont discuté,
pendant trois jours, non seulement des travaux du RIDC sur la diversité
culturelle et le commerce, mais encore du rôle de la diversité culturelle dans
les politiques de développement. Plus de la moitié des délégués venaient des
pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, ce qui représentait un changement
important par rapport à nos réunions précédentes. Nous avons élargi la tâche du
RIDC, au-delà de la protection de la diversité culturelle, vers l'encouragement
du développement des moyens d'action en matière de culture.
La
Conférence s'est ouverte par une magnifique réception à la National Gallery of
South Africa, où les délégués ont pu échantillonner les délices gastronomiques
et musicaux du Cap. Un groupe de percussions marumba, un orchestre de cuivres,
les Cape Minstrels et le Cape Town Opera Ensemble étaient au rendez-vous,
illustrant ainsi l'extraordinaire diversité de l'Afrique du Sud.
Le premier
jour, Elisabeth Anderson, directrice du Centre for the Book, a souhaité la
bienvenue aux délégués. Deux conférenciers d'honneur étaient invités: le
Canadien RH Thomson, qui a fait part de ses réflexions personnelles sur les
effets de la mondialisation et du commerce sur l'expression culturelle, et le
Sud-Africain Pitika Ntuli, qui a rappelé aux délégués les liens entre la
personne, le lieu et la culture.
La première
journée et demie a été consacrée au rôle de la culture dans les politiques de
développement durable. Une discussion très animée a eu lieu sur la nécessité de
préserver les langues et cultures indigènes, en soulignant les menaces
particulières à la survie culturelle et linguistique. Les délégués ont parlé de
la nécessité de faire mieux comprendre aux gouvernements les bienfaits
économiques de la production culturelle et de tenir les gouvernements pour
responsables des politiques qui se répercutent sur les cultures et entreprises
culturelles locales. Les délégués venus du monde en développement ont demandé à
leurs collègues de prendre en considération l'histoire de la colonisation et
son legs durable, afin de s'assurer que les débats internationaux sur la
culture ne perpétuent pas la marginalisation des cultures non occidentales.
Pendant les
séances de discussion, les délégués ont examiné un large éventail de questions
touchant à la culture et au développement: rôle de l'enseignement artistique,
moyens d'évaluer l'impact des projets de développement sur la culture,
diversité au sein des états, rôle de la société civile.
La deuxième
journée a permis d'examiner l'ébauche de la Convention sur la diversité
culturelle. On a consacré plusieurs séances plénières consécutives à discuter
du texte, avec des explications du juriste Steven Shrybman, qui a rédigé la
Convention pour le RIDC, et de Kole Omotoso, universitaire et artiste de
théâtre d'Afrique du Sud. Les délégués ont soulevé plusieurs points, notamment
la relation entre la diversité culturelle et les droits de la personne, la
difficulté de trouver un terrain d'entente lors de discussions de termes aussi
subjectifs que «culture», l'importance accordée aux entreprises culturelles aux
dépens du patrimoine intangible, le positionnement de la Convention par rapport
à l'OMC, l'UNESCO et les autres organismes internationaux.
L'après-midi
s'est achevé avec des séances de discussion sur des aspects précis du texte:
droit d'auteur et propriété intellectuelle, mécanismes de règlement des
différends, termes clés et répercussions pour le monde en développement.
Le deuxième
soir, les délégués ont été invités à la première de District 6: The Musical,
dont le thème central est l'expulsion forcée des habitants d'un quartier noir
du Cap, dans les années 60.
La dernière
matinée a été consacrée aux discussions régionales. Les délégués ont formulé
d'éventuelles stratégies pour l'année à venir. Ils ont soumis des
recommandations concrètes, en vue de la mise en oeuvre d'un plan d'action dans
leur région. Ensuite, la Déclaration du Cap, qui allait être remise aux
Ministres du Réseau international sur la politique culturelle le lendemain, a
été présentée aux délégués. Les délégués ont discuté des conclusions de la
Déclaration pendant deux séances.
Selon la
tradition, la délégation du RIDC a ensuite été invitée à déjeuner en compagnie
des ministres. Cette rencontre fournit une occasion rare mais précieuse de
dialogue détendu entre les ONG et les ministres.
Le dernier
après-midi, a eu lieu l'assemblée générale, qui a permis de soumettre les états
financiers aux participants. Nous avons également élu un nouveau Comité
directeur, après une discussion prolongée sur sa composition. Le Comité a été
chargé de mettre au point une formule plus représentative. La liste des élus a
été ratifiée et comporte de nouveaux membres d'Afrique du Sud, du Brésil, des
Philippines, du Sénégal, de Grèce et de France.
La journée
s'est achevée par une dernière discussion de la Déclaration du Cap. Les
délégués ont été invités par les ministres à la réception d'ouverture de la
réunion du RIPC, au Spier Wine Estate de Stellenbosch.
Le 14
octobre, une délégation du Comité directeur du RIDC a soumis la Déclaration aux
ministres et discuté de ses conclusions. Les ministres ont félicité le RIDC de
son travail et décidé d'ajouter la Déclaration en annexe au communiqué
ministériel, ouvrant ainsi les annales de la collaboration entre les
gouvernements et la société civile.
Questions et recommandations
Généralités:
· Les délégués ont discuté de la notion de diversité culturelle et de l'usage de ce terme, dans l'histoire de l'Afrique, de l'Europe de l'Est et de l'Inde, comme arme pour diviser les peuples colonisés. Il faut donc cerner plus précisément les connotations négatives de l'expression «diversité culturelle».
· Les délégués ont discuté tout au long de la conférence de la façon et necessité de définir la diversité culturelle et la culture, sous divers angles.
· La préservation de la diversité linguistique est un pilier de la survie des cultures.
· Il convient de placer le RIDC dans le contexte des autres organismes ou mouvements culturels, mondiaux et régionaux. Le RIDC a été encouragé à collaborer avec les autres regroupements, pour éviter le double emploi et atteindre des objectifs particuliers de manière efficace.
· Les gouvernements devraient accorder plus de poids à la culture et à la politique culturelle, dans tous les domaines; la société civile doit suivre de près le déroulement des événements.
Diversité
culturelle et développement :
· La culture doit être incluse à tous les projets de développement durable
· Il convient de formuler les politiques en consultation avec les collectivités locales; les artistes et les travailleurs du secteur culturel doivent participer à la surveillance de la mise en oeuvre des mesures qui les touchent.
· Une meilleure communication interculturelle s'impose.
· De meilleures données culturelles sont nécessaires.
· Il faut propager l'idée que la culture est une force dynamique, en évolution, et non quelque chose de statique à préserver.
· Il convient de mettre l'accent sur les liens entre les cultures pour éviter les conflits.
· Le développement culturel doit prendre en considération les questions liées au statut de chaque sexe.
· La culture et la production culturelles peuvent être le moteur économique de la lutte contre la pauvreté.
· Tous les délégués ont estimé que le préambule (section qui fournit le contexte général de la Convention) devait être approfondi et allongé.
· Droits de la personne ou droits culturels? Il faut trouver un équilibre.
· Définitions: aucune cohérence sur la nécessité d'une définition de la culture dans le texte du document.
· Demande répétée d'exemples concrets et exhaustifs des effets négatifs du commerce et de la mondialisation sur les cultures - de meilleurs outils de communication pour encourager l'engagement des artistes, politiciens et bureaucrates.
· Importance des questions autochtones - on s'inquiète de l'utilisation du mot et de ses répercussions.
· Entreprises culturelles ou patrimoine intangible? Sur quoi devrait-on mettre l'accent?
· Règlement des différends: Les ONG doivent suivre l'application de la Convention, insister sur la transparence et les interventions des tiers.
Compte
rendu de la Conférence
___________
1er
jour - vendredi 11 octobre
Bienvenue
Elisabeth
Anderson,
directrice du Centre for the Book, souhaite la bienvenue aux délégués et
explique l'historique et la mission du Centre. En effet, cet organisme
s'efforce de développer une création littéraire sud-africaine, en insistant sur
la diversité linguistique et culturelle. Une large part de son travail consiste
à accroître l'alphabétisation des adultes et des enfants et apporter un appui
aux écrivains sud-africains.
Discours d’ouverture: «Faire face à l'homogénéisation culturelle»
Pumla Madimba, PDG, South African Heritage Resources Agency
RH
Thomson, Acteur,
président du Conseil des artistes du RIDC/ACTRA, Canada
Pitika
Ntuli, directeur,
African Renaissance Centre/professeur de Sociologie à Howard College, Afrique
du Sud.
La séance
est animée par Pumla Madiba, qui souligne l'incroyable diversité de l'Afrique
du Sud et réaffirme que toutes les mesures de développement doivent faire une
place au pouvoir de la culture.
L'acteur
canadien RH Thomson a aimablement accepté de remplacer l'actrice suédoise Bibi
Anderson, qui a eu un empêchement. Il rappelle que les réunions de ce genre
sont un théâtre de l'absurde, que c'est le summum de l'absurdité d'assujettir
l'expression de notre conscience à des règlements commerciaux et d'être obligés
de lutter pour une liberté essentielle. Il mentionne l'importance primordiale
de la culture et de la conscience, et rappelle aux délégués qu'en éloignant un
peuple de sa culture, on tue sa force vitale.
«L'univers de l'ennui mortel»
M. Thomson
raconte qu'il est arrivé au Cap par le vol 57 de British Airways, qui a survolé
l'Afrique de nuit, tandis que les passagers baignaient dans le halo bleuté de
leur petit écran individuel de télévision, avec un choix de 18 chaînes, qui
projetaient, pour la plupart, des feuilletons américains. Pendant ce temps, ils
survolaient le berceau de la civilisation, la riche diversité de l'Europe et de
l'Afrique défilait au-dessous de l'avion. Mais ils ne s'apercevaient de rien,
prisonniers de la pernicieuse culture américaine projetée sur leurs écrans.
C'est pour cette raison que nous allons passer les trois prochains jours dans
«l'univers de l'ennui mortel», examiner de près les détails et effets de la
Convention sur la diversité culturelle. Aussi absurde que cela soit, sans cet
instrument, nous n'aurons jamais accès à notre propre diversité. En volant son
histoire à un peuple, nous lui volons son identité.
___________
«Puis-je parler?»
Pitika
Ntuli a commencé par demander la permission de parler, comme l'exige sa culture
traditionnelle. Il a rappelé que son identité n'est pas distincte de sa
culture, de son lieu de naissance, de son environnement. Il a insisté sur
l'interdépendance et l'interconnexion des gens et des endroits. Dans sa
culture, une personne est enracinée là où se trouve son cordon ombilical.
C'est dont
nous devons nous souvenir, alors que nous entrons dans une ère postcoloniale et
postmoderne de réalignement culturel. Nous devons prendre en considération
notre interdépendance, face à un monde de plus en plus divisé selon des
critères culturels. La culture remplace les idéologies du passé et nous devons
nous assurer qu'elle n'est pas utilisée comme arme ou source de destruction.
La
Renaissance africaine est un examen de conscience et un processus de
récupération de ce qui a été volé, ou de restauration de ce qui a déjà été
récupéré. M. Ntuli estime que nous devons également faire face aux difficultés
de la diversité et de la compréhension, avant d'acquérir des moyens d'action en
matière de culture. Pour les nations africaines, le concept d'Ubuntu va plus
loin que la formule de Descartes, «je pense donc je suis»: «Je suis parce que
les autres sont».
Discussion:
Les
délégués rappellent que la possession des ressources détermine la survie
culturelle. On mentionne le Sommet mondial sur le développement durable et les
conclusions émises cette année, ainsi que la nécessité de faire un parallèle
entre les deux rencontres. On présente deux conceptions possibles de la
culture: qui regarde vers le passé ou vers l'avenir. On conclut que bien qu'il
soit nécessaire de préserver la continuité, c'est le présent et l'avenir qui
doivent retenir notre attention.
Stratégies locales: le développement par la diversité
Animateur: James
Early, directeur de la politique du patrimoine culturel, Center for
Folklife and Cultural Heritage, Smithsonian Institution, É.-U.
Angeline
Kamba, présidente,
Harare International Festival of the Arts et membre de la Commission mondiale
de l'UNESCO sur la culture et le développement, Zimbabwe
Ole
Reitov, directeur
de l'aide aux arts et à la culture, Danish Centre for Culture and Development,
Danemark
James Early
ouvre la séance en rappelant que la culture est le contexte de tous nos actes
et ne doit jamais être reléguée au second plan. Il affirme qu'à cette réunion
de travail, nous devons rechercher des stratégies et solutions. Les délégués
devraient se souvenir que cette conférence se déroule dans le berceau
géographique de l'humanité, région qui a souffert du colonialisme. Toutes nos
délibérations devraient s'inscrire dans le contexte de l'histoire.
___________
Angeline
Kamba affirme qu'il faut protéger la diversité culturelle et que la culture ne
doit pas être manipulée à d'autres fins. Elle mentionne les travaux de la
Commission mondiale sur la culture et le développement, au sein de l'UNESCO -
notamment la Déclaration universelle sur la diversité culturelle - et au-delà,
par exemple la création du RIPC et du RIDC. Elle souligne qu'il incombe aux
états de gérer, encourager et protéger la diversité dans son propre cadre
juridique. Il faut encourager les cultures à interagir, car l'absence de
dialogue panculturel est une importante cause de conflit. Elle discute de cas
qui illustrent les retombées de la mondialisation sur les cultures africaines.
Elle rappelle que les programmes de lutte contre la pauvreté doivent être liés
aux cultures locales et que les médias doivent promouvoir la compréhension de
la diversité. Enfin, elle encourage le RIDC à collaborer avec l'UNESCO pour
rédiger le traité.
Ole Reitov
présente une étude de cas, soit le développement musical du Mali, et explique
comment la mondialisation s'est répercutée sur maints aspects de l'industrie
musicale de ce pays.
Discussion:
On discute
du type de développement ci-dessus et du rôle des artistes et travailleurs du
secteur culturel dans la résolution des problèmes socio-économiques.
Questions
et recommandations
· Bien que les artistes aient beaucoup à contribuer en termes de démarches créatives face au développement de la société, on ne doit pas les rendre responsables de la découverte de remèdes économiques.
· Beaucoup de projets de développement ont été mis en oeuvre sans que la collectivité intéressée ait été véritablement consultée, sans compréhension des cultures. Ils ont abouti à la destruction plutôt qu'au développement.
· Il faut accorder une attention particulière au rôle des femmes dans le développement et la préservation des cultures.
· La préservation des cultures est très pertinente; les changements économiques doivent tenir compte du patrimoine et de l'histoire, sinon le contexte disparaîtra.
· La culture est dynamique; en insistant sur la protection de certaines cultures plutôt qu'en laissant la fusion culturelle se produire, on risque d'aboutir à l'isolement et au conflit.
· Le rôle des droits de la personne dans le développement et la diversité culturelle - Qui détermine ce qui est détestable et ce qui ne l'est pas?
· Il faut ajouter que la culture englobe les droits de la personne, notre «manière de vivre» (Notre diversité créative, de l'UNESCO) doit comporter le respect et la tolérance.
· La Déclaration universelle des droits de l'homme a beaucoup de défauts, mais c'est un outils très utile. La Convention sur la diversité culturelle sera aussi le fruit d'un compromis, mais elle deviendra ultérieurement une étape vitale.
Déjeuner-conférence
Doreen
Nteta,
vice-présidente de la Fédération internationale des conseils des arts et
agences culturelles (IFACCA) et directrice générale du National Arts Council
d'Afrique du Sud, présente l'IFACCA, soit le premier réseau mondial
d'organismes de financement. Il offre des service de recherche et de
représentation à ses adhérents et organise régulièrement des sommets.
Les artistes et le changement social:
RH
Thomson, Acteur,
président du Conseil des artistes du RIDC/ACTRA, Canada
Doreen
Sibanda,
experte-conseil en arts, Zimbabwe
Les
discussion portent sur la manière de faire participer les artistes aux travaux
relatifs à la Convention et sur la pertinence du traité pour les artistes et
les cultures à des stades différents de développement.
Questions
et recommandations
· Il faut informer les artistes, par des campagnes de sensibilisation, rédiger une Foire aux Questions, dans un langage et avec des arguments adaptés aux divers publics, assortie d'exemples concrets sur les effets du commerce et de la mondialisation.
· Demander aux médias de faire la publicité de cette question, car leur personnel sera le premier à perdre son emploi.
· Faire comprendre au monde des affaires l'importance de nos arguments, éveiller sa sensibilité culturelle
· Comment faire accepter aux consommateurs, qui désirent avoir le choix, l'argument de la culture locale?
· Intensifier les travaux et échanges à l'échelle régionale.
· Utiliser les artistes du RIDC pour encourager les pays qui n'ont pas de politique culturelle à en formuler une.
· Poursuivre les travaux du Comité des artistes, car maints artistes estiment que leur ministre de la culture ne les prend pas au sérieux et ne comprend pas bien l'importance des questions de l'heure. Des artistes célèbres ont plus de chance de se faire entendre.
L'enseignement artistique, outil de développement
Arshia Sattar, Mahindra World United College, Inde
Einar
Solbu, directeur
général, Norwegian Concert Institute, président du Comité sur la
mondialisation, Conseil international de la musique
M. Solbu
situe la discussion en posant quelques questions clés sur les répercussions de
l'enseignement artistique sur le développement et sur la manière d'inclure la
diversité dans l'éducation. Il rappelle que tous les progrès sociaux se
déroulent dans un contexte et que c'est la qualité de ce contexte qui devrait
servir de cadre à toute discussion.
Arshia
Sattar discute des études culturelles en Indes et de l'utilisation
traditionnelle de la diversité comme arme de division plutôt que de
regroupement. Les études culturelles pourraient servir à approfondir la
compréhension du pluralisme.
Questions
et recommandations
· La diversité dans l'éducation s'applique non seulement à notre culture, mais encore aux autres.
· Manque de coordination entre les gouvernement et le secteur de l'éducation
· Certains gouvernements ont adopté des mesures proactives en matière d'enseignement artistique, tandis que d'autres vont jusqu'à desservir les intérêts des élèves.
· L'art doit être un élément intégral de l'éducation.
· Il faut recommander aux ministres de la culture d'avaliser et d'appuyer l'enseignement artistique.
· Il ne faut pas laisser les politiciens utiliser les écoles à leurs fins politiques.
· Nous pourrions envoyer des délégations de cette réunion dans les ministères de l'éducation, chargées de messages à l'intention des ministres.
· Le problème de l'enseignement est toujours le même: Qui décide ce qui doit être enseigné?
Mécanismes pour l’évaluation de l'impact culturel
Burama
Sagnia,
coordonnateur, Collège itinérant africain pour la culture et le développement,
Sénégal
Cette
séance a porté sur l'acquisition des normes et outils qui permettront à tous
les programmes et projets qui comportent, selon les directives de l'organisme
de financement, des évaluations des retombées environnementales et sociales,
d'être également assortis d'une évaluation de l'impact sur la culture. M.
Sagnia situe la culture au coeur des politiques de développement et remarque
que souvent, il ne s'agit pas d'un élément statique mais, au contraire, d'un
processus évolutif, assorti de facteurs négatifs et positifs. Le groupe de
discussion s'est réuni plus tard durant la fin de semaine pour former un groupe
de travail chargé d'étudier la possibilité d'une méthodologie d'évaluation de
l'impact sur la culture. Les principaux travaux porteront sur les aspects
suivants, soulignés dans la description du projet:
· Entreprendre une enquête sur les méthodes actuelles des organismes de développement eu égard à la culture
· Selon les lacunes ou défauts observés, afin de cerner les méthodes optimales, mettre au point un modèle standard d'évaluation de l'impact sur la culture.
· Mettre à l'essai et valider ce modèle dans des situations concrètes, en collaboration avec les parties intéressées, à l'échelle internationale, nationale et locale.
· Formuler des lignes de conduite et des méthodes d'intégration du modèle standard dans les politiques, stratégies et programmes de développement, à l'échelle internationale, nationale et locale.
· Formuler et mettre en oeuvre une stratégie de communication et de représentation, d'une envergure suffisante pour propager ce modèle et s'assurer qu'il est adopté et automatiquement appliqué un peu partout.
Le soutien de la diversité dans le développement
Alinah Segobye, University of Botswana/Botswana National Cultural Council, Botswana
Viriato
Tamale,
coordonnateur, Economic and Social Justice Coalition, Mozambique
Mme
Segobye décrit quelques-uns des problèmes du Botswana: formulation de
politiques culturelles au sein d'un pays en développement, liberté d'expression
des médias, obstacles à la diversité culturelle. Elle souligne quelques-unes
des solutions envisagées, notamment des projets transfrontaliers avec les pays
voisins.
M. Tamale
explique que beaucoup de politiques sont lourdement influencées par la pensée
néo-libérales, par exemple NEPAD. Il rappelle que si la Convention sur la
diversité culturelle exclut la société civile et les artistes locaux, en
particulier, elle se soldera par un échec, car elle ne servira à rien aux gens
qui ont besoin d'être protégés.
Questions
et recommandations
· Nécessité de données et informations supplémentaires sur les entreprises culturelles en Afrique et les effets de la mondialisation; la création de l'Observatoire de la politique culturelle en Afrique doit recevoir un appui.
· Bien que certains gouvernements tentent de rendre plus inclusive la formulation des politiques culturelles et des politiques de développement, les dirigeants ne sont pas suffisamment engagés.
· Il faut s'assurer que les recherches et données existantes sur le culture et le développement sont prises en considération lorsque les gouvernement mettent au point leurs politiques et législation.
· Qui est protégé par le droit d'auteur: l'individu ou la collectivité?
· La culture de l'Ubuntu (partage) signifie que la culture africaine est souvent exploitée.
· Les artistes doivent mieux communiquer en Afrique, car le manque de communications coûte cher aux cultures.
· Les délégués ont exprimé des divergences d'opinion quant à l'appui de NEPAD.
Stratégies nationales: développement des industries culturelles
Animateur: Rafael
Segovia, coordoonnateur général, Conseil civique pour les arts et la
culture de Morelos
Yang Gi-hwan, directeur, Coalition for Cultural Diversity in Moving Images, Corée
Danny
Yung, directeur
artistique, Zuni Icosahedron Theatre, Hong-Kong
Avril
Joffe, conseillère
technique principale, Organisation internationale du travail (SADC), Afrique du
Sud
Rafael
Segovia anime la séance et commence par informer le groupe que la production
culturelle mondiale a triplé entre 1977 et 1996, ce qui en fait l'un des
secteurs économiques les plus dynamiques et, pourtant, les plus vulnérables.
___________
M. Yang
rappelle que le monde en développement est en danger d'être inondé de produits
étrangers avant d'avoir eu le temps de se protéger par une solide
infrastructure. Il réaffirme l'importance des accords de coproduction, pour
encourager le développement.
___________
La
prolifération des réseaux culturels et des organismes non gouvernementaux est
un élément positif, mais tous les groupes doivent intensifier leurs
collaboration pour développer les moyens d'action en matière de culture,
explique M. Yung. Il mentionne un projet asiatique, qui consiste à relier les
villes plutôt que les pays, et rappelle qu'il faut faire participer chaque
travailleur du secteur culturel au développement des entreprises culturelles.
___________
Avril Joffe
présente les travaux de l'OIT sur la formation des petits et moyens
entrepreneurs culturels en Afrique méridionale. Les gouvernements doivent
comprendre que la culture peut être un moteur puissant de la lutte contre la
pauvreté et faire plus qu'accroître simplement leur contribution financière.
Ils doivent aussi encourager la compréhension de la valeur du secteur. Elle
affirme que l'absence de politiques culturelles clairement formulées, en sus de
lois trop faibles sur le droit d'auteur et la propriété intellectuelle dans la
région, n'ont pas permis la mise sur pied d'une infrastructure solide, tant au
sein du gouvernement que du secteur culturel. Cette faiblesse signifie que le
secteur culturel ne peut profiter des avantages éventuels et remplir l'espace
culturel existant de produits locaux. Le nouveau traité devra donc comporter
des objectifs de développement. Il pourrait servir de lignes directrices pour
mettre en oeuvre des méthodes optimales et encourager l'expression culturelle
nationale. Il ne doit pas exacerber les divisions entre les pays développés et
les autres. Au contraire, il pourrait favoriser la collaboration locale et
régionale.
___________
Discussion:
Les
délégués se demandent comment incorporer ces aspects au traité et s'ils
pourraient servir de lignes de conduite à la formulation des politiques
culturelles. Malheureusement, en raison du manque de temps, il a fallu écourter
la discussion.
Questions
et recommandations:
· L'Asie doit nouer des relations de collaboration plus étroite avec les autres régions en développement, notamment pour lutter contre le dumping de produits culturels bon marché.
· Fossé entre création et production.
· Les langues autochtones doivent être incluses aux conférences du RIDC; sinon, on ne peut pas parler de diversité culturelle.
Soirée: OIT - discussion stratégique
Les
délégués de la région desservie par la SADC se réunissent avec Avril Joffe pour
discuter du projet SEED relativement aux entreprises culturelles.
2e
jour - samedi 12 octobre
La diversité à l’intérieur des états
James
Early, directeur de
la politique sur le patrimoine culturel, Center for Folklife and Cultural
Heritage, Smithsonian Institution, É.-U.
Aziz Zeria, agent spécial, Northern Arts, R.-U.
Cette
discussion a porté sur les problèmes de diverses communautés au sein des
nations et s'est ouverte sur la question de la diversité linguistique. Les
gouvernements mettent en oeuvre des politiques qui encouragent la diversité
linguistique, mais ne fournissent pas les fonds nécessaires pour les
concrétiser (comme c'est le cas en Afrique du Sud). C'est pourquoi les langues
européennes servent de langues véhiculaires.
Questions
et recommandations
· Action positive: Au Royaume-Uni, on observe une tentative publique et privée: parfois de grands noms du secteur privé s'intéressent aux projets culturels et le gouvernement s'est prononcé en faveur de la diversité; il doit donc ouvrir le bal en fournissant les ressources nécessaires.
· Nous devons prendre nos distances par rapport aux organismes dont nous ne partageons pas les priorités, envisager un appui fiscal direct des cultures autochtones, exactement comme dans la lutte contre le SIDA au Zimbabwe.
· Les états africains devraient envisager d'assumer la responsabilité des vies culturelles de leurs citoyens dispersés dans le monde.
· Se servir de la Convention pour demander aux nations de formuler des politiques culturelles sur le modèle de la diversité et du pluralisme - élargir le débat au-delà du cercle ministériel
Organisations civiques, syndicats, associations professionnelles et RIDC
Jacques
Behanzin,
président, Fédération panafricaine des cinéastes
Andries
Oliphant,
président, Art and Culture Trust, Afrique du Sud
Cette
discussion s'est articulée autour de la relation parfois délicate entre les
gouvernements et la société civile, notamment en ce qui a trait au financement
et à la représentation.
Questions
et recommandations
· On craint que les ONG et les organismes de la société civile ne soient pas efficaces dans un pays en l'absence de l'appui gouvernemental. En Afrique, les sociétés civiles oeuvrent dans la mesure où les gouvernements les autorisent à le faire.
· Comment prévenir les conflits entre ONG?
· Comment assurer l'indépendance des ONG et des organismes de la société civile vis-à-vis des politiques gouvernementales puisque ce sont elles qui les financent? Dans une société libérale, le financement ne devrait pas être assorti d'instructions ou de conditions.
· Il incombe à l'état de fournir des ressources à ces organismes et de nouer des partenariats stratégiques entre gouvernements et société civile.
· Il est crucial de diversifier les rôles des organismes de la société civile.
· Il est crucial d'encourager le développement rural.
Assurer la réceptivité au développement des industries culturelles
William
Miko, Organisation
internationale du travail, Zambie
Prenant la
Zambie comme exemple, M. Miko discute de la nécessité de développer les
industries culturelles, afin qu'elles s'affranchissent des donateurs étrangers
et organismes d'aide internationale et trouvent des sources de financement plus
diversifiées.
Questions
et recommandations
· Les artistes et organismes culturels passent tellement de temps à réunir des fonds et des ressources que leur production artistique en souffre.
· Nécessité de meilleurs outils pour engager les politiciens dans les affaires culturelles; on note qu'ils démontrent toujours beaucoup d'intérêt en période électorale, mais guère ensuite.
· Au lieu de réunir les travailleurs du secteur culturel à l'occasion d'une conférence, il serait peut-être plus utile de réunir les ministres et les ONG pour trois jours de discussion.
· Il ne suffit pas de mettre en place les institutions et politiques d'encouragement du développement culturel; les artistes doivent suivre de près la mise en oeuvre de leurs plans.
· Aussi souhaitable que soit le financement privé, on s'inquiète des conditions dont il est souvent assorti et qui ont tendance à limiter la liberté d'expression.
Le pluralisme dans les médias
Susan
Koscis,
vice-présidente, arts et culture, Search for Common Ground
Tanya
Menges, directrice,
chapitre de Namibie, Media Institute of Southern Africa, Namibie
Cette séance
a permis de cerner les problèmes des communautés diverses en matière d'accès
aux médias et à la programmation, notamment le rôle des médias et des arts dans
les zones de conflit. On donne des exemples de projets communautaires en
Afrique et dans les Balkans.
Questions
et recommandations
· Il n'y a pas assez de programmes éducatifs de qualité pour les enfants.
· On s'inquiète de l'utilisation des médias pour resserrer l'emprise des cultures étrangères ou dominantes.
Stratégies mondiales: Convention sur la diversité culturelle
Animatrice: Katerina Marinaki, Fédération des scénaristes d'Europe, Screenwriters Guild of Greece, Grèce
Steven Shrybman, Sack Goldblatt & Mitchell, Canada
Professeur
Kole Omotoso,
écrivain, réalisateur, acteur et conférencier, département d'art dramatique de
l'University of Stellenbosch, Nigéria/Afrique du Sud
Garry
Neil rappelle
brièvement l'historique de la Convention et ses principaux objectifs, comme
suit:
· Fournir un fondement juridique aux mesures gouvernementales en faveur de la diversité culturelle.
· Intégrer des règles qui conviennent au secteur culturel, encourager un commerce plus équilibré des biens et services culturels.
· Être suffisamment souple et dynamique pour permettre l'évolution de la définition de la culture, étant donné que la création artistique fait de plus en plus appel aux nouveaux médias, et permettre la mise en oeuvre de nouvelles mesures, lorsque le besoin s'en présente.
· S'assurer que les différends engendrés par le commerce des biens et services culturels sont arbitrés par des experts de la culture, en vertu des dispositions de la Convention, plutôt que par des experts du commerce, aux termes des accords commerciaux.
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Mme
Marinaki soumet aux délégués quelques questions pour discussion:
· L'état détient-il le droit de définir la diversité culturelle ou la culture?
· Lorsque nous parlons de culture, pouvons-nous être sûrs que les gouvernements et la société civile font allusion à la même chose?
· Comment nous assurer que les pays appliqueront la Convention?
· Auprès de quel organisme devrait-on loger la Convention?
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Steven
Shrybman, auteur du texte de la Convention sur la diversité culturelle,
commence à expliquer les raisons de son intervention, en qualité de juriste
spécialisé dans le commerce international. Il s'intéresse de très près aux
questions d'intérêt public, telles que l'environnement, le travail et la santé.
Le RIDC a présenté l'idée du traité à l'occasion de sa réunion d'inauguration
en 2000 et jeté les fondements du texte à Lucerne, en 2001. Le rôle de M.
Shrybman a été de fondre ces idées en un texte juridique, qui a été soumis aux
adhérents pour discussion.
Il explique
sa démarche: reprendre le langage des accords commerciaux, mais en le
retournant sur lui-même. En effet, tout ce que les accords commerciaux
interdisent aux gouvernements devient, dans le traité, tout ce que les
gouvernement sont non seulement autorisés, mais encore encouragés à faire. Il
cite quelques exemples: des acquisitions gouvernementales dans les bibliothèques,
qui seraient interdites par l'OMC, mais autorisées par la Convention. Le
libellé des accords commerciaux est volontairement opaque pour décourager tout
intérêt et toute compréhension de ce qui est en jeu dans les négociations
commerciales.
M. Shrybman
rappelle que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) non seulement a la main
mise sur le commerce, mais encore intervient dans chaque aspect de notre vie:
ce que nous mangeons (souvenons-nous du conflit relatif aux hormones de
croissance des bovins), ce que nous lisons (le conflit relatif aux revues
étrangères diffusées au Canada) et sur notre espérance de vie (médicaments
génériques, bataille des brevets).
Le passage
de l'Accord général sur les droits douaniers et le commerce (GATT) à l'Accord
général sur le commerce des services (GATS) en 1994 a marqué un changement
radical des traités commerciaux. Non seulement la liste des services inclus
a-t-elle été allongée, mais encore ce nouvel accord oblige-t-il les
gouvernements à rendre des comptes à une cour d'appel en cas de litige, ce qui
restreint le pouvoir des élus. Les négociations d'Uruguay ont abouti à un texte
qui est entré en vigueur le même mois que les premières élections démocratiques
en Afrique du Sud, ce qui a eu pour effet de neutraliser ceux qui venaient tout
juste d'exercer leur liberté d'expression. Les accords commerciaux négociés par
les temps qui courent limiteront la capacité des gouvernements d'agir dans
l'intérêt public et de légiférer sur l'activité des grandes entreprises afin de
protéger les citoyens.
La
politique culturelle est l'antithèse du libre-échange, car elle repose sur
l'appui et la protection offerts par le gouvernement aux intérêts culturels,
plutôt qu'aux entreprises. M. Shrybman rappelle que l'encouragement de la diversité
économique, sociale et culturelle doit faire contrepoids aux aspects réductifs
de l'avantage comparatif. Cependant, en vertu des règles du commerce
néo-libéral, la puissance des grandes entreprises n'est pas seulement en
augmentation. Elle transcende aussi toutes les frontières. Par conséquent, il
devient de plus en plus urgent de circonscrire cette puissance tout en étendant
les droits de la personne, les droits environnementaux, les droits culturels,
etc.
Dans ce
contexte, l'ébauche de la Convention sur la diversité culturelle est une
entreprise audacieuse pour contrer les règles du commerce et renforcer le droit
international. Le texte du RIDC diffère quelque peu des autres traités en cours
de rédaction, car il fait appel aux interventions de la société civile dans le
règlement des différends, ce qui en fait un document de portée plus vaste, pas
seulement limité aux rapports entre états. Cet aspect est crucial pour que les
collectivités locales conservent voix au chapitre de la protection de leurs propres
cultures
M. Shrybman
conclut en rappelant que, la veille, le professeur Ntuli avait sollicité la
permission de parler. Il espère que la Convention reflétera une autre tradition
sud-africaine, celle de s'exprimer lorsque les puissants de ce monde essaie de
museler leur peuple.
___________
Kole
Omotoso estime que la Convention, en prêchant la diversité aux états d'Afrique,
ne tient pas compte de l'histoire de la colonisation. La diversité a été
employée par les colonisateurs comme une arme contre le peuple africain. En
conséquence, l'Afrique a dû mettre l'idée de la diversité en veilleuse. Il
rappelle, par exemple, que l'Union africaine n'a jamais eu de service de
politique culturelle, car cela aurait encouragé les divisions politiques.
Il estime
que la Convention renforce la dépendance des pays en développement à l'égard
des donateurs et prévoit une relation entre les pays en développement et les
autres qui ne changera jamais. Il demande au RIDC de réfléchir à une nouvelle
conception de cette relation.
M. Omotoso
affirme que si la Convention est signée, puis négligée par les états, ce sera
alors aux peuples de s'assurer que chaque pays signataire s'occupe de la
question. Mais cela soulève le problème de certains pays, le Kenya par exemple,
qui continuent de considérer la diversité comme un écueil et adoptent des lois
qui limitent le droit à la diversité linguistique. Comment demander à ces pays
de signer la Convention tout en sachant qu'ils ne l'appliqueront pas? M.
Omotoso conclut en réaffirmant son appui aux travaux en cours, avec quelques
réserves sur leur caractère inclusif.
Discussion:
Une
discussion animée a lieu ensuite, sur la portée de la Convention. En
particulier, la définition des termes «culture» et «diversité culturelle»
suscite un débat considérable. On fait remarquer que, contrairement au texte
ministériel, celui du RIDC laisse ces définitions à la discrétion des
collectivités, en raison de la diversité des croyances parmi les différents
groupes. Les délégués réitèrent l'importance de la diversité linguistique, qui
doit être absolument préservée et que la Convention doit souligner encore plus
profondément.
Déjeuner:
en prévision des élections du Comité directeur, des discussions régionales ont
lieu à ce moment-là.
Créer des partenariats
Animateurs:
James Early, Japan Mthembu, Nina Obuljen
En raison
de problèmes d'horaire et de transport, il a fallu annuler la séance sur les
partenariats, qui devait comporter des interventions de l'UNESCO et du RIPC. On
consacre cette période a poursuivre la discussion sur la Convention. Des
membres du Comité directeur animent la séance. On demande aux délégués
d'examiner deux aspects: l'instrument et la lutte contre les accords
commerciaux, d'une part, et les principes plus vastes qu'il faut prendre en
considération, mais en dehors du traité, d'autre part. On constate aussi que
les débats du RIDC et du RIPC viennent enrichir les travaux de l'UNESCO et
d'autres organismes intergouvernementaux. C'est ce qu'il faut comprendre pour
que les délibérations soient profitables.
Questions
et recommandations
· Sans définition ou liste des mesures nécessaires pour protéger la diversité culturelle, les gouvernements ne disposent d'aucun principe directeur pour les guider.
· C'est une voie dangereuse, qui pourrait autoriser les gouvernements à mettre en oeuvre des politiques répressives, sous le couvert de la diversité culturelle. On recommande que les états consultent les groupes touchés par ces politiques pendant les travaux de formulation, notamment en ce qui concerne les peuples autochtones qui ont été opprimés et marginalisés.
· On met en question l'importance accordée aux entreprises culturelles, en rappelant que dans le monde en développement, c'est la protection du patrimoine intangible qui est la plus impérative.
· La Convention a un aspect offensif et un aspect défensif. Par conséquent, le RIDC doit déterminer celui qu'il considère comme le plus important et se concentrer là-dessus. On ne devrait pas allier les deux tactiques.
· La Convention devrait être dotée d'un dispositif de surveillance, tel que la version du RIDC. Le RIDC devrait prendre en considération les accords latéraux de l'ALENA, qui donnent le pouvoir d'enquêter sur les griefs, de surveiller et de soumettre un rapport. Cela serait un atout considérable pour les ONG, qui pourraient continuer ainsi à participer à ces travaux. Les mécanismes suggérés de règlement des différends doivent être examinés selon leurs mérites propres, mais ils ne constituent pas des mécanismes de surveillance.
· Un mécanisme de surveillance pourrait revêtir la forme d'une disposition de la Convention, qui obligerait les signataires à soumettre un rapport annuel, peut-être à l'UNESCO.
· Que cela soit ou non prévu par la Convention, on devrait organiser une conférence annuelle ou bisannuelle, non assortie de sanctions (pour encourager la libre soumission d'informations); il faudrait également prévoir une clause selon laquelle les ONG déposeraient des rapports qui viendraient s'ajouter aux rapports gouvernementaux en les complétant.
· Tel quel, le texte n'empêchera pas les gouvernements de mettre en oeuvre des lois oppressives contre les cultures. Nous devrions renvoyer au rapport présenté à l'UNESCO (1999), «A Common Framework for the Ethics of the 21th Century». Il faudrait ajouter un renvoi à un autre cadre juridique, qui empêcherait les gouvernement d'adopter les lois répressives.
· Le langage du préambule doit être plus fort et plus clair.
· Des travaux plus approfondis s'imposent sur les liens avec les autres mouvements progressistes.
Le ministre
des Arts, de la Culture, des Sciences et de la Technologie d'Afrique du Sud, M.
Ben Ngubane, s'est exprimé devant les délégués du RIDC pour leur souhaiter
la bienvenue. Il a félicité les ONG de leurs efforts en faveur de la protection
et de l'essor de la diversité culturelle et souligné la responsabilité des
gouvernements à cet égard. Il a mentionné les besoins particuliers des pays en
développement, en matière d'exploration du secteur culturel et de son rôle
crucial dans la lutte contre la pauvreté.
Les séances
de l'après-midi sont consacrées à un examen approfondi de certains aspects de
la Convention
Les besoins des pays les moins développés
Bruce Paddington, cinéaste, University of the West Indies, Trinidad
Questions
et recommandations
· La priorité doit être accordée aux mesures anti-dumping, pour limiter ou empêcher que le monde en développement soit inondé de produits culturels.
· Il faut s'accorder sur les «droits de distribution», pour garantir l'accès à des oeuvres qui traitent de questions locales, mais qui appartiennent à des intérêts extérieurs.
· Des accords préférentiels sont nécessaires pour les produits culturels qui émanent du monde en développement
· Il faut faire des renvois, dans la Convention, avec l'Accord sur les peuples autochtones et autres documents pertinents.
· On critique la «diversité culturelle» lorsqu'elle contribue à encourager le tribalisme et le néo-apartheid.
· Le monde en développement doit simplement créer plus de biens culturels, mais a besoin d'argent pour le faire.
· Les cultures locales sont réduites à l'état de marchandises pour encourager le tourisme et approvisionner les marchés de masse.
Termes clés: définitions et contexte
Richard
Letts, directeur
général, Music Council of Australia, Australie
Questions
et recommandations
· La décision tactique de ne pas définir la culture dans la Convention a des répercussions négatives et positives.
· Deux volets: 1. lutte contre les accords commerciaux et l'OMC; 2. principes généraux de la culture et de la diversité.
· On rappelle que l'encouragement des «identités culturelles» dans les années 70 et 80 a débouché sur la guerre en Yougoslavie et au Rwanda; il faut donc comprendre les répercussions possible de l'encouragement de la «diversité culturelle».
· La première raison d'être de la Convention est que les arts ne sont pas une marchandise; pourtant nous considérons la culture comme un moteur de l'économie. Il y a une contradiction quelque part.
· La Convention devrait présenter un contexte plus vaste dans le préambule. Ce contexte devrait être plus étroit dans le corps du traité.
· Le sentiment général est qu'il faut retravailler le préambule: reconnaître les cultures diverses, l'inégalité de l'accès à la culture. Il faut formuler un énoncé de mission clair et précis.
· Il faut reconnaître que les questions se recoupent, en dépit de nos différences (commencer par les points communs, puis passer à la diversité).
· Il faudrait revoir les définitions en vigueur à l'UNESCO, choisir des définitions en fonction des actions requises.
Les droits des créateurs et le domaine public
Peter
Curman, KLYS, Suède
Mireille
Gagné, Alliance
pour les droits des créateurs, Centre de musique canadienne (Québec), Canada
Paul
Kuruk, Comité
d'experts, Patrimoine culturel intangible, UNESCO, Ghana/É.-U.
Greg Young-Ing, directeur, Theytus Books, Canada
Questions
et recommandations
· Les droits des créateurs et les droits des distributeurs et producteurs sont souvent en conflit.
· Les nouveaux médias posent de nouveaux problèmes pour les créateurs, qui doivent trouver des moyens de protéger leurs droits à l'ère du numérique.
· Les peuples autochtones doivent surmonter des obstacles différents en ce qui a trait aux droits d'auteur et de propriété intellectuelle (PI); ils ont subi l'exploitation et l'appropriation de leur expression créative et culturelle.
· De nouvelles formes de lois sur les droits d'auteurs collectifs, plutôt qu'individuels fondés sur le profit économique, sont nécessaires pour protéger les connaissances traditionnelles des peuples autochtones.
· Des travaux sont en cours au sein de divers organismes (UNESCO, OMPI, NU, etc.) sur des lois novatrices de protection de la PI.
· On étudie les exemples du Canada, de la Suède et de l'Afrique.
· La Convention ne devrait pas être en conflit avec ces mesures, mais au contraire appuyer les dispositions existantes ainsi que les nouveaux accords.
Résolution des différends/relations avec les autres traités
Jacques
Briquemont, Union
européenne de radio-télévision, Belgique
Steven Shrybman, Sack Goldblatt & Michell, Canada
Questions
et recommandations
· Deux questions sont liées: quel organisme devrait arbitrer les différends et quel seraient les paramètres utilisés pour arbitrer les différends. Il est préférable de doter un organisme puissant de paramètres faibles plutôt que l'inverse.
· La Convention doit éviter le paramètre de la «proportionalité».
· La relation entre la Convention et l'OMC sera problématique. Mais si un nombre suffisant de pays adhèrent à la Convention, voici les répercussions que cette adhésion aura sur les relations avec l'OMC:
- ces pays éviteront de prendre des engagements
- lors des futures séries de négociations, ils exerceront des pressions auprès de l'OMC pour que soient respectés les principes de la Convention, mais cela signifie que tous les pays devront être prudents dans le cadre de la série actuelle; on donne l'exemple de la Nouvelle-Zélande, qui semble avoir inclus les services audiovisuels à la série des négociations d'Uruguay et ne peut plus faire marche arrière.
· Une autre possibilité serait de dégager des interprétations précises; par exemple on pourrait obtenir un accord sur un libellé tel que: «la projection d'un film, quel que soit le medium choisi, ne représente pas l'utilisation d'une marchandise».
· On s'accorde sur la nécessité de propager des informations sur les retombées des accords commerciaux dans des domaines un peu en marge, par exemple le commerce par internet.
· Il faut rédiger un dossier d'information détaillé, que les adhérents pourront soumettre aux gouvernements.
3e
jour - dimanche 13 octobre
Stratégies régionales: séances de travail
Les
délégués se sont regroupés en fonction de leur appartenance aux grandes régions
du monde. On leur a demandé de présenter des recommandations sur d'éventuels
regroupements régionaux au sein du RIDC
Les Amériques et les Caraïbes
Rafael
Segovia,
coordonnateur régional, conseil civique pour les arts et la culture de Morelos
Megan
Williams,
directrice générale, Conférence canadienne des arts, Canada
Questions
et recommandations
· Disparité entre le degré d'organisation au sein du secteur audiovisuel et au sein des autres secteurs.
· Il faut accroître la participation des peuples autochtones.
· Une meilleure diffusion des informations sur la diversité culturelle s'impose, surtout à la télévision.
· Les plans doivent inclure le Forum social mondial, à Porto Alegre.
L’Asie et l’Océanie
Atul
Kumar, directeur
artistique, The Company Theatre, Inde
Leah Enkiwe, Tebtebba Foundation - Indigenous People's International Centre for Policy Research and Education, Philippines
Questions
et recommandations
· Nécessité immédiate de recruter des adhérents dans toute l'Asie, notamment dans les pays islamiques et les îles du Pacifique.
· Une conférence aura lieu en Inde, en 2003, pour examiner les questions régionales liées à la diversité culturelle.
· Les documents du RIDC doivent être réécrits en langage clair et simple, comme celui qui est employé dans le dépliant, pour faciliter la compréhension des questions commerciales et de la diversité culturelle.
· Il faut formuler un plan biennal, qui comportera un important volet consacré aux communications.
· Il convient de réunir les données existantes pour les diffuser parmi les adhérents d'Asie.
L’Europe
Nina
Obuljen,
Culturelink Network, Croatie
Ulrica
Källen, secrétaire
générale, KLYS, Suède
Questions
et recommandations
· Le RIDC en Europe a besoin d'une stratégie claire de RP afin d'informer les médias et, sur le même élan, d'exercer des pressions auprès des gouvernements.
· Une stratégie à plusieurs niveaux s'impose, pour sensibiliser les divers organes gouvernementaux d'Europe.
· On divise le recrutement en deux catégories: ceux qui travaillent et exercent déjà des pressions dans le domaine, mais sans connaître l'existence du RIDC, d'une part, et ceux qui devraient s'y intéresser, mais s'occupent actuellement d'autres problèmes, d'autre part. (Cette catégorie inclut notamment les organismes de l'Europe de l'Est.)
· Les participants mentionnent la possibilité d'organiser des réunions régionales et(ou) de nommer un coordonnateur européen, qui serait de préférence basé à Bruxelles.
L’Afrique
Japan
Mthembu, secrétaire
général, Performing Arts Workers Equity, Afrique du Sud
Augustin
Hatar, département
des beaux-arts et des arts de la scène, University of Dar es Salaam, Tanzanie
Questions
et recommandations
· Difficulté de communication entre les régions (sud, est, ouest et Afrique francophone)
· Absence d'organismes panafricains de coordination dans le secteur culturel
· Il faudrait utiliser le RIDC comme forum de dialogue entre les secteurs et les régions.
· Besoin pressant de résoudre le problème du «fossé numérique».
· Il faut collaborer avec d'autres regroupements, tel que l'Observatoire des politiques culturelles en Afrique, l'UNESCO.
· Il faudrait recueillir et diffuser davantage de données culturelles, notamment sur les retombées économiques de la culture et du développement.
· La contribution des personnes handicapées, dans le secteur culturel, doit être mieux reconnue.
Déclaration du Cap
Le rapport,
qui doit être remis aux ministre du Réseau international sur la politique
culturelle le lendemain, est présenté à l'occasion de cette séance. Garry Neil
et James Early soulignent les thèmes et rubriques les plus importants du
document et demandent aux délégués de donner leur avis un peu plus tard dans
l'après-midi.
Déjeuner RIDC-RIPC
Les
délégués se joignent aux ministres et représentants du RIPC pour le déjeuner à
l'hôtel Harbourview Radisson.
Assemblée générale
Président: Garry
Neil, coordinateur, RIDC, Canada
L'Assemblée
générale examine les finances et la régie du RIDC. On élit un nouveau Comité
directeur, constitué de membres nouveaux et en place. Le Comité est chargé de
mettre au point une structure de régie plus inclusive.
Leonardo
Brant, président,
Instituto Pensarte, Brésil
Peter Curman, président, Swedish Joint Committee of Literary and Artistic Professionals (KLYS), Suède
James Early, directeur, Cultural Heritage Policy, Center for Folklife and Cultural Heritage, Smithsonian Institution, É.-U.
Leah Enkiwe, chercheure, Tebtebba Foundation - Indigenous People's International Centre for Policy Research and Education, Philippines
Mireille
Gagné, directrice,
Centre de musique canadienne (Québec), Canada
Atul
Kumar, directeur
artistique, The Company Theatre, Inde
Richard
Letts, directeur
général, Music Council of Australia, Australie
Katerina
Marinaki,
présidente, Fédération des scénaristes d'Europe/Screenwriters Guild of Greece,
Grèce
Nina
Obuljen,
chercheure, Culturelink Network, Croatie
Burama Sagnia, coordonnateur, African Itinerant College for Culture and Development, Sénégal
Rafael
Segovia,
coordonnateur général, conseil civique pour les arts et la culture de Morelos
/Artual Artists Management, Mexique
Yvon
Thiec, délégué
général, Eurocinéma, Belgique/France
Mike van
Graan, secrétaire
général, Performing Arts Network of South Africa, Afrique du Sud
Megan
Williams,
directrice générale, Conférence canadienne des arts, Canada
Déclaration du Cap
Animateurs:
Mireille Gagné, directrice, Centre de musique canadienne (Québec),
Canada
James Early, directeur, Cultural Heritage Policy, Center for Folklife and Cultural Heritage, Smithsonian Institution, É.-U.
Les
délégués discutent de la Déclaration et fournissent des commentaires détaillés
du libellé et du contenu - veuillez vous reporter au texte de la Déclaration.
Résolution:
que l'on ratifie la Déclaration.
La
résolution est appuyée et adoptée.
Clôture de
la conférence.
Garry Neil
prononce quelques mots pour clore la réunion et remercie le personnel du
Centre, les interprètes, ainsi que le personnel national et international du
RIDC. Il remercie également le membre sortant du Comité directeur, Japan
Mthembu, pour son travail des deux dernières années. Enfin, il remercie les
délégués de leur patience, de leur travail et de leur endurance.
___________
Le
Réseau international pour la diversité culturelle aimerait remercier les
organismes suivants de leurs soutien :
Le Résaue
international sur la politique culturelle
The Rockefeller Foundation
The Ford Foundation et l’Institute of International Education
The Prince Claus Fund
L’institut
suèdois
L’Organisation
internationale du travail
Le Conseil
des Arts du Canada
Arts Council of England – Northern Arts
Le
Gouvernement du Canada:
Departement
du patrimoine · Departement des affaires étrangères et du commerce
international · Agence canadienne du développement international – Partenariat
canadien
Le
Gouvernement de l’Afrique du Sud :
Departement des Arts, de la Culture, du Science et de la Technologue
Le
Gouvernement de la Suède :
Ministère
de la culture
Le
Gouvernment du Mexique :
Departement
des relations étrangères
Le secrétariat aimerait remercier tous les
rapporteurs et toutes les personnes dont la prise de notes a facilité la
rédaction de ce rapport.