Réseau
international pour la diversité culturelle
Bulletin
no 13
Le
patrimoine doit être à la mode ce mois-ci - tous nos articles abordent des
questions de patrimoine d'une manière ou d'une autre. N'hésitez pas à nous
envoyer vos articles sur la culture et la mondialisation aux fins de parution
dans notre bulletin.
À la fin du
bulletin, vous trouverez la plus récente version de l'ordre du jour et de la
liste des conférenciers pour notre réunion de Lucerne, qui s'annonce comme une
conférence historique avec une représentation importante de chaque continent.
Un hôtel
mexicain bâti dans les années 1930 et décoré par certains des artistes les
mieux connus du Mexique dans le domaine de la peinture murale doit être démoli
par le magasin américain de grande surface, Costco. Selon le Conseil des civils
pour les Arts de Morelos, le bâtiment historique a déjà été endommagé depuis
son acquisition par Costco. Des groupes culturels de tout le Mexique se
rallient pour protester, mais, pour le moment, l'hôtel historique doit toujours
être démoli pour faire place à un supermarché.
Des
artistes mexicains et des exilés de la guerre civile d'Espagne avaient créé
conjointement plusieurs des murales de l'hôtel, qui illustrent l'histoire du
Mexique et son patrimoine espagnol. Les célèbres architectes mexicains Felix
Candela et Jesus Marti avaient conçu certaines des structures du bâtiment. Des
spécialistes ont également trouvé sur le site des vestiges archéologiques
datant de 1 400 avant Jésus-Christ.
En juin, le
directeur de l'Institut national des beaux-arts écrivait au président de la
municipalité de Cuernevaca, où l'hôtel est situé, pour témoigner du fait que
l'hôtel renferme des oeuvres ayant une valeur culturelle et historique et pour
signaler que sa destruction enfreindrait la loi fédérale du Mexique sur la
protection des monuments. Néanmoins, l'Institut national d'archéologie et
d'anthropologie a nié l'importance du site, et la ville a émis un permis de
démolition.
Des
personnalités culturelles locales et nationales se sont ralliées à la défense
du Casino de la Selva. Après des réunions infructueuses avec Costco et les
dirigeants municipaux à la fin de juillet, des représentants culturels ont mis
sur pied un Front de la société civile pour la protection du Casino. Un
ensemble impressionnant de représentants et organismes culturels ont signé une
lettre virulente adressée au président de la municipalité de Cuernavaca, au
gouverneur de l'État de Morelos et au président Vicente Fox, dans laquelle ils
demandent la révocation immédiate du permis de démolition et le réaménagement
du site historique en fonction de la volonté des citoyens de Cuernavaca.
Les
organisateurs du mouvement de préservation du Casino considéreraient comme
bienvenue l'aide que des groupes et individus défenseurs de la culture du monde
entier voudraient bien leur apporter. En particulier, ils aimeraient trouver
une aide juridique quelconque au sein même des États-Unis. Pour de plus amples
renseignements ou pour participer à cette initiative, visitez le site Web
(http://www.reforma.com/cultural) ou adressez-vous (en anglais ou en espagnol)
à Rafael Segovia, coordonnateur du CCCAM, au artual@intertepoz.com.
L'impasse
de plus en plus tendue qui existe entre les collectivités désirant préserver et
développer leurs avoirs culturels et les entreprises ou gouvernements qui
cherchent à tirer profit du développement a été mis en évidence par la mort
tragique d'un jeune artiste, lundi le 30 juillet, à Bruxelles. Igor, un
interprète et artiste d'installation ukrainien, est mort après avoir sauté
d'une fenêtre de l'édifice en flammes qu'il occupait, tôt lundi matin. La
police a déterminé qu'il s'agissait d'un incendie criminel.
Igor vivait
dans l'Ilot Soleil, une bâtisse inoccupée transformée en espace de spectacle et
lieu de séjour pour des artistes. Les propriétaires de l'édifice, qui
attendaient qu'on leur émette un permis pour le démolir en vue de bâtir un
cinéma à écrans multiples et un carrefour commercial, voulaient que les
artistes soient expulsés. Mais le conseil et les marchands locaux avaient pris
parti pour les artistes, craignant la mise sur pied d'un autre gros
développement commercial, et avaient refusé d'émettre le permis d'expulsion.
Dans
plusieurs régions d'Europe, des gens qui militent pour faire valoir le besoin
de trouver des espaces de répétition et des studios à prix abordable se sont
joints au mouvement visant à retaper des édifices abandonnés au centre des
agglomérations. Des entreprises achètent des édifices du patrimoine et
attendent des années pour obtenir des permis de démolition. Entre-temps, des
artistes et des militants occupent ces locaux et ouvrent des centres culturels
alternatifs.
Le squat de
la Rue de Rivoli à Paris a reçu des milliers de visiteurs - en fait, selon une
estimation gouvernementale, il s'agit du troisième site culturel le plus visité
en France et pourrait être reconnu officiellement comme centre culturel par le
gouvernement français. À Bruxelles, il y a un certain nombre de bâtiments
occupés par des artistes où l'on peut assister à des expositions, des concerts
et des spectacles, et où les artistes peuvent vivre et travailler. À Genève, le
squat Usine est le plus important lieu de présentation d'art alternatif de la
ville, comprenant toutes sortes d'activités, d'un cinéma à un studio
d'architecture.
Ces
artistes mettent en évidence la nécessité que les villes et les conseils locaux
prennent conscience de ce qui rend une ville et une culture fécondes. Bien que
l'on reconnaisse de plus en plus la contribution des travailleurs culturels à
l'économie, les difficultés quotidiennes des artistes sont souvent ignorées. Ces
artistes travaillent à préserver à la fois leur liberté créatrice et les
bâtiments historiques pour leurs villes.
Pour de
plus amples renseignements au sujet des bâtiments inoccupés en Europe, visitez
les sites Web suivants :
http://www.manosolo.net/neteurs/jdn-display.php?num=157
http://www.usine.ch/index.html
La 5e
Conférence du Conseil de l'Europe des ministres responsables du patrimoine
culturel, qui s'est tenue à Portoro en
avril 2001, a permis de faire le point sur les accomplissements du Conseil dans
ce domaine et d'envisager les tâches qui lui incomberont dans les années à
venir. Le programme des activités du Conseil de l'Europe pour 2002 dans le
domaine du patrimoine culturel et naturel s'inspirera des directives établies
dans le cadre de la conférence. Il est basé sur la reconnaissance du fait que
la culture et le patrimoine culturel et naturel représentent un moyen
d'affirmer l'identité et les particularités en réponse aux dangers de
l'uniformité inhérente à la mondialisation, ainsi qu'un facteur vital du
développement durable pour l'ensemble de l'Europe.
Les
domaines d'activité comprendront un travail conjoint en vue d'établir des
principes d'éthique et des politiques et normes communes; la diffusion de ces
principes; la prestation de conseils immédiats aux nouveaux états membres qui
désirent mettre en oeuvre des politiques du patrimoine intégrées et
intersectorielles; ainsi qu'une sensibilisation et une formation visant à
promouvoir le dialogue interculturel et la compréhension mutuelle entre les
différentes collectivités.
Pour de
plus amples renseignements, veuillez vous adresser à Daniel Thérond au Conseil
de l'Europe (daniel.therond@coe.int), ou visitez la page Web à l'adresse
suivante : http://culture.coe.fr/Infocentre/txt/eng/econfer5.htm.