Réseau international
pour la diversity culturelle
Bulletin Janvier 2002
La Conférence générale de l’UNESCO adopte la
Déclaration sur la diversité culturelle
Le 2
novembre 2001, l’organe décisionnel suprême de l’UNESCO adoptait la Déclaration universelle sur la diversité
culturelle. La Déclaration, en voie d’élaboration depuis la réunion
critique de l’UNESCO à Stockholm en 1998, s’ajoute aux déclarations de La
Francophonie et du Conseil de l’Europe, alors qu’un nombre plus grand d’organes
intergouvernementaux prennent position sur la question de la diversité
culturelle. (Le texte intégral de la Déclaration est disponible au
http://www.unesco.org/confgen/press_rel/fr_021101_clt_diversity.shtml).
La
Déclaration offre une définition très vaste de la diversité culturelle. Le
préambule souligne l’interdépendance des droits de la personne et de la
diversité, fait ressortir le besoin d’échange et de dialogue, et discute des
effets de la mondialisation et des technologies nouvelles sur la culture. Il
situe la Déclaration dans la foulée d’autres documents de l’UNESCO ainsi que de
la Constitution et de la Déclaration universelle des droits de l’homme des
Nations Unies. Les thèmes principaux de la Déclaration sont les suivants :
Les
ébauches précédentes avaient circulé au cours des six derniers mois, et la
déclaration finale démontre que les pressions exercées par les groupes
culturels non gouvernementaux ont eu un effet positif. Elle est plus concise
que prévu et préconise fortement l’intervention – l’une des principales
préoccupations des ONG avait été la nature essentiellement déclaratoire de la
plupart des documents de l’UNESCO. Les domaines couverts dans la Déclaration
comprennent encore des intérêts tels que la science et l’agriculture, avec une
grande importance accordée à l’éducation. Dans son message à l’UNESCO dans le
cadre de la Déclaration de Lucerne, le RIDC précisait : « …nous nous
préoccupons de tous les aspects de la culture humaine, y compris les moyens
d’information collectifs et la culture populaire, la langue, le folklore et la
survie culturelle. Mais nous devons également nous rappeler que nous discutons
de la culture, pas de la science ou de l’agriculture. »
Inévitablement,
un certain nombre d’éléments demeurent mal définis, plus particulièrement les
articles 6 et 9 sur la circulation des idées et le contenu. Le concept de libre
circulation est potentiellement risqué, puisqu’il est sujet à un certain nombre
d’interprétations divergentes. Le langage utilisé à l’article 8 à l’effet que
les lois sur le droit d’auteur doivent accorder une attention particulière
« à la juste prise en compte des droits des auteurs et des artistes »
peut être interprété de plusieurs manières. Le désir que manifeste l’UNESCO de
consulter la société civile et les secteurs privé et public est louable, mais
il est difficile d’imaginer comment l’UNESCO peut faire concorder ces intérêts
différents et parfois contradictoires.
Un élément
des plus intéressant pour le RIDC est le Plan
d’action de la Déclaration. Au
point 1 des lignes essentielles de ce Plan
d’action, l’UNESCO manifeste un intérêt dans l’élaboration d’un nouvel
instrument juridique international sur la diversité culturelle, l’un des
principaux objectifs du RIDC depuis sa création en 2000. Il reste à voir
jusqu’à quel point l’UNESCO sera proactive dans la mise en œuvre des vingt
points du Plan d’action, étant donné
qu’un certain nombre de pays ont fait en sorte d’éviter un langage qui
souscrirait entièrement à un tel instrument.
En fin de
compte, le texte ne souscrit pas à l’élaboration d’un instrument juridique, se
contentant plutôt d’indiquer que les objectifs de l’UNESCO comprennent :
« avancer notamment la réflexion concernant l’opportunité d’un instrument
juridique international sur la diversité culturelle ». Cependant, le fait
que l’UNESCO ait établi un consensus sur cette initiative et ait évité un vote
potentiellement fractionnel est de bon augure pour sa mise en œuvre éventuelle.
Lors de la conférence du RIDC à Lucerne, on avait discuté de la pertinence du
rôle de l’UNESCO dans la négociation de l’accord international. Les délégués en
étaient venus à la conclusion que, malgré leur appui à l’UNESCO en cette
capacité, ils éprouvaient certaines préoccupations quant à son efficacité. La Déclaration universelle sur la diversité
culturelle contribue à atténuer certaines de ces préoccupations.
La fin de l’exception culturelle en France?
À la suite
du récent discours du PDG de Vivendi, dans lequel il annonçait « la fin de
l’exception culturelle », et de l’acquisition, par Vivendi, du Universal Studios Group et de USA Networks, le collectivité culturelle
française s’est ralliée pour s’opposer à cette prise de position. La réplique a
été menée par le président français, Jacques Chirac, qui a fait valoir la
distinction entre les œuvres d’art et les produits commerciaux. Les mesures de
protection de l’industrie cinématographique française ont créé une industrie
cinématographique commerciale viable, et la déclaration selon laquelle Vivendi
cherchera à abolir l’exception menace de perturber l’équilibre délicat de
l’industrie. Canal +, une filiale de Vivendi, est le plus important bailleur de
fonds privé pour les films français. Si son orientation change, l’industrie
pourrait être sérieusement ébranlée, entraînant une diminution du nombre de
films français et une augmentation des importations américaines.
En France,
un pourcentage de toutes les recettes provenant des ventes de billets dans les
cinémas est réinvesti dans l’industrie pour soutenir le film français. Les
surtaxes sur les billets, les contingents à l’écran (voir le
www.screenquota.org pour obtenir des renseignements sur le modèle coréen) ainsi
que d’autres mesures contribuent à promouvoir la créativité indigène dans les
films. Ces mesures seraient perçues comme des entraves au commerce
international si la culture devait être incluse dans les accords commerciaux.
Le côté
positif de l’affaire Vivendi est qu’elle a incité la ministre de la Culture,
Catherine Tasca, et le président Chirac à réitérer publiquement leur soutien
envers la préservation de la diversité culturelle. Dans sa réaction passionnée
à l’annonce faite par Vivendi, M. Chirac a exprimé ses « craintes pour
l’identité culturelle et pour la culture en général ». L’industrie
cinématographique française a contribué à l’échec de l’Accord multinational sur
les investissements. Fort de son regain d’activité et de sa présence renouvelée,
le mouvement visant à créer une nouvelle convention sur la diversité culturelle
n’en sera que plus vigoureux.
Changements au système de radiodiffusion en
Allemagne
Jurgen
Brugraaf, du réseau de télévision allemand ARD, a envoyé une analyse des
derniers développements dans le domaine de la radiodiffusion en Allemagne. M.
Brugraaf signale l’accord récent sur une norme pour l’introduction de la
télévision numérique, les efforts des entreprises de câblodiffusion pour mettre
à niveau leurs systèmes en vue de fournir des services Internet haute vitesse
et d’autres services interactifs, les revendications de certains propriétaires
de droits d’auteur pour que les radiodiffuseurs en direct conventionnels
encodent leurs émissions dans le but de prévenir les débordements vers les
marchés voisins, et les mesures législatives récentes en Europe.
Mais M.
Brugraaf se penche également sur des thèmes familiers aux membres du RIDC. Il
examine la manière dont la concentration de la propriété des médias et le refus
de certains intervenants clés de se conformer aux normes et aux développement
techniques convenus, peuvent menacer le pluralisme des médias, la diversité du
contenu et l’accès à l’information par le public.
L’article
intégral est disponible au www.incd.net/res/ana.htm (en anglais seulement).
Communiqués :
Troisième conférence internationale du RIDC
Événements
Association for the Study of Nationalities (ASN), 7e congrès annuel
« Peoples,
Nations, and States: A Cross Disciplinary Convention »
Columbia
University, New York
Du 11 au 13
avril 2002
Date limite
pour la remise des communications : le 6 décembre 2001.
Personne-ressource : Dr
Troy McGrath, ASN Convention Program Chair, Political Science Department,
Arnold Hall, Box 76, Hartwick College, Oneonta, NY 13820. Téléphone : (607) 431-4586;
télécopieur : (607) 431-4351; adresse électronique :
mcgratht@hartwick.edu, ou visitez le site Web de l’ASN au
http://www.nationalities.org
Société internationale pour l’étude
de l’idée européenne (ISSEI)
« La culture européenne dans un
monde en évolution : entre le nationalisme et l’internationalisme ».
University of Wales, Aberystwyth,
Du 22 au 27 juillet 2002.
Ceux et celles qui sont intéressés à
participer à la conférence ou à l’organisation des ateliers sont priés de s’adresser
au président de la conférence, Daniel Meyer-Dinkgrafe, à l’adresse électronique
suivante : dam@aber.ac.uk, ou de communiquer avec Ezra Talmor, président,
ISSEI, Kibbutz Nachshonim, D.N Merkaz 73190, Israël. Téléphone :
972-3-938-6445; télécopieur : 972-3-938-6588; adresse électronique :
ISSEI@nachshonim.org.il
First Nations Adult and Higher
Education Consortium (FNAHEC)
Stony Nations Reserve, Calgary
(Alberta) Canada,
Du 4 au 10 août 2002.
Vous êtes invités à faire parvenir
vos précis. Pour de plus amples renseignements, adressez-vous au 2002 WIPCE
Calgary, Suite 310, 6940 Fisher Rd. SE, Calgary (Alberta) T2H 0W3.
Téléphone : (403) 258-1775; télécopieur : (403) 258-1811; adresse électronique :
wipce@fnahec.org, ou visitez le http://www.fnahec.org/wipce2002
Universidad Michoacana, Morelia,
Mexico,
Du 27 au 31 août 2002.
Le thème de la conférence est
« Vers un nouvel universalisme culturel? ». Les communications
peuvent être déposées avant janvier 2002. Pour envoyer une proposition ou pour
obtenir de plus amples renseignements, adressez-vous à : Faculdad de
Filosof¡a "Samuel Ramos", Universidad Michoacana de San Nicol s de
Hidalgo, Cd. Universitaria, Morelia, Mich, .P. 58030 (Mexique).
Téléphone : 52 (4) 327-1799; télécopieur : 52 (4) 327-1798; adresse
électronique : filos@jupiter.umich.mx; rcobian@zeus.umich.mx, ou visitez
le site Web de la conférence :
Globalizations: Cultural, Economic,
Democratic
University of Maryland College Park
Du 11 au 18 avril 2002
La conférence sera
interdisciplinaire, et les organisateurs espèrent que le plus grand nombre
possible de points de vue différents seront présentés. Ceci comprend les
personnes du milieu universitaire et les militants. L’accent sera mis sur les
interactions entre différents genres de mondialisation : culturelle,
économique et démocratique.
Pour de plus amples renseignements,
adressez-vous à : Richard Brown au rbrown@socy.um.edu, ou visitez le
www.bsos.umd.edu/socy/conference
Conférence internationale sur les
thèmes de la nature « indigène » et des « possibilités
d’exportation » de la culture au cinéma et à la télévision.
Sheffield (G.-B.)
Du 18 au 20 juillet
Dépôt des communications
Le commerce international dans
l’industrie cinématographique a commencé dans la première partie du XXe
siècle. Au début du XXIe siècle, ceci avait été élargi pour inclure
un commerce de plus en plus international des émissions télévisées et un
remaniement du concept des exportations dans le domaine des satellites et de
l’Internet. Cette conférence mettra l’accent sur la dimension culturelle de ces
développements économiques.
Pour de plus amples renseignements,
adressez-vous à Sharon Stone, AHRB Centre Administrator, Sheffield Hallam
University, School of Cultural Studies, Psalter Lane, Sheffield S11 8UZ (G.-B.)
ahrb@shu.ac.uk