Réseau international pour la diversité culturelle

Bulletin No 17

Mars 2002

 

 

Forum social mondial 2002

Rapport sur les conférences, séminaires et ateliers

du domaine culturel

 

Porto Alegre, Brésil

Du 1er au 4 février

par : Rafael Segovia

membre du comité directeur, RIDC

 

La diversité des événements qui se sont déroulés dans le cadre du Forum social mondial (FSM) a été à la hauteur de ce à quoi on s’attendait d’un forum international d’une telle importance, qui a réuni quelque 14 000 ONG du monde entier. Chacune d’entre elles avait la possibilité de proposer ou de créer un atelier ou un séminaire, alors que les conférences devaient être appuyées ou proposées par une équipe d’au moins trois organismes. Étant donné le grand nombre d’enjeux thématiques, la culture semblait être assez mal représentée : seulement 4 conférences sur 27, 8 séminaires sur 31, et un seul séminaire spécial parmi les 31 présentés. Il n’en demeure pas moins que, dans bon nombre de débats différents, on a mentionné que la culture devrait être perçue comme la locomotive du train, et non pas comme le wagon manquant, puisqu’elle est la force motrice de l’information, des droits de la personne et de l’éducation, qui sont les principaux agents du développement.

 

La question la plus débattue a été celle de la diversité culturelle, puisque, du point de vue des pays en développement, leur plus grande faiblesse face à la mondialisation est la préservation de l’identité culturelle alors que celle-ci est confrontée au commerce international. Ce sujet a été accompagné de ceux des langues nationales et vernaculaires, de la vie traditionnelle et de son expression culturelle, du droit d’accès à l’information, et du droit d’un peuple ou d’une « zone éco-culturelle » de produire et de consommer ses propres biens et services.

 

Participation des membres du RIDC aux événements du FSM

 

Le Comité directeur du RIDC avait envoyé une délégation de trois membres au FSM : Lucianna Castellina, présidente de Italia Cinema; James Early, directeur de la politique sur le patrimoine culturel à la Smithsonian Institution (Washington); et moi-même, Rafael Segovia, coordonnateur général du Conseil civique pour la culture et les arts de Morelos (Mexique). Il était impossible de ne pas nous sentir pressés par le temps, mais nous avons quand même essayé d’assister au plus grand nombre possible d’événements. James Early a assisté principalement aux séminaires du Forum spécial afro-brésilien, alors que Lucianna et moi avons participé pendant deux jours au Séminaire sur la diversité culturelle et les droits linguistiques organisé par ATTAC-France dans une installation externe. Puis Lucianna m’a quitté pour se joindre au Forum audiovisuel mondial, alors que je suis resté au Séminaire sur la diversité culturelle pendant la rédaction du document déclaratif qui a résulté de la conférence.

 

Il y a eu quelques autres conférences et séminaires auxquels nous nous sommes débrouillés pour assister, mais il était plus utile de concentrer nos énergies sur le séminaire qui réunissait les participants les plus intéressants du domaine culturel, et, en outre, d’avoir la possibilité de parler devant un auditoire aussi crucial. Pour ne mentionner que quelques personnalités clés, cet auditoire comprenait le ministre des Affaires étrangères du Québec; cinq ou six hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères de la France, dont le directeur des politiques culturelles; le directeur des Affaires culturelles du Pakistan; le directeur de la publication Le Monde Diplomatique et plusieurs membres de son personnel, ainsi que bon nombre d’agents et représentants culturels importants de grands réseaux.

 

Voici certains des panels auxquels j’ai assisté ainsi que des descriptions de séminaires additionnels qui ont abordé des questions culturelles et de diversité culturelle :

 

Le 1er frévrier 

 

1.      Conférence spéciale Afrique/Brésil

 

Proposée par : le comité afro-brésilien du FSM, le Forum social africain du Sénégal (Taoufik Ben Abdallah)

Animation : Centre Jacques d’Adesky pour les études sur les amériques, Belgique.

Panélistes : Taoufik Bem Abdallah, Aminata Traore, Benedita da Silva, Tudley Tomson.

 

En termes généraux, la conférence était axée sur la situation difficile des pays africains, mais certaines autres idées générales exprimées à cette occasion valent la peine d’être mentionnées. Ces propositions font l’objet de discussions depuis quelque temps :

1) la proposition à l’effet que la dette extérieure des pays les plus pauvres soit annulée (Jubilee 2000); 2) la réclamation d’une indemnité, payée par les pays colonialistes à leurs anciennes colonies, en compensation de l’exploitation de leurs territoires et de siècles d’esclavage. En outre, il devrait y avoir une restitution morale quelconque, traitant des questions de valeurs culturelles et personnelles.

 

2.      Conférence sur le commerce international

 

Présentée par : Third World Network (Martin Khor), Malaisie - Africa Trade Network (Dot Keet), Afrique du Sud - CES Confédération européenne des syndicats (Jean Lapeyre), Belgique
Animation : Bernard Cassen (ATTAC France)
Panélistes : Lori Wallach (Public Citizen) - Paul Nicholson (Via Campesina) - Alianza Social Continental (Héctor de La Cueva), Mexique

 

Même si, dans l’ensemble, cette conférence se penchait plutôt sur des problèmes d’ordre économique, certains des conférenciers présents étaient très bien informés sur les questions relatives à la diversité culturelle : Bernard Cassen, l’un des organisateurs du séminaire sur la diversité culturelle; Dot Keet (Afrique du Sud), spécialiste en commerce et en culture; et Héctor de la Fuente (Mexique), personnage important des mouvements sociaux opposés à la mondialisation.

 

Une partie de la conférence portait sur le problème de la diversité culturelle, plus particulièrement la question de la propriété intellectuelle de la source traditionnelle et du piratage exercé par les entreprises dans ce domaine. Un autre point intéressant a été la discussion sur les droits intellectuels de l’auditoire et sur les producteurs culturels.

 

Les 2 et 3 février

 

A.     Séminaire : La diversité culturelle et linguistique à l’échelle internationale (Attac – France)

 

Ce séminaire était divisé en six volets, tous animés par des personnes différentes, dont :

Marc Le Glattin (Attac) et Ben Berardi (directeur de Casa de la Cultura Mario Quintana), qui étaient les mandataires opérationnels du séminaire; Bernard Cassen, (directeur de Le Monde Diplomatique), Luciana Castellina, du RIDC, Bruno Delaye, du ministère des Affaires étrangères de la France, et José Vidal Beneto (Espagne), autrefois représentant du Conseil européen.

 

Les objectifs du séminaire correspondant aux préoccupations générales du RIDC, j’ai décidé de suivre de l’intérieur le développement des panels et de participer à la rédaction du document déclaratoire qui traduirait l’accord général des débats.

 

1.      La première séance était consacrée à la diversité linguistique. Les discussions ont porté sur les questions des grandes régions linguistiques, et le panel a proposé d’établir divers pôles d’influence par la promotion de quelques langues de remplacement, créant ainsi une barrière contre l’hégémonie anglaise. Certains d’entre nous avons déclaré qu’il y a un danger à adopter une telle position : celui d’oublier la question des langues vernaculaires et régionales, qui se retrouveraient ainsi une fois de plus dans la position des langues colonisées.

 

2.      La deuxième partie du séminaire se penchait sur le domaine de la production audiovisuelle et sur « l’exception culturelle ». De nos jours, les pressions exercées sur la production et la distribution de biens audiovisuels par des organismes commerciaux tels que l’OMC mène à un combat ouvert pour le contrôle de l’important marché des biens et services culturels (140 000 M$), qui est effectivement entre les mains des producteurs américains (80 000 M$). Une autre statistique inquiétante est que Hollywood contrôle 80 % à 95 % du temps de projection dans la plupart des pays.

 

L’équipe du ministère des Affaires étrangères de la France a insisté sur le fait qu’il devrait y avoir une « exception culturelle » ayant force obligatoire dans tous les traités commerciaux. Ceci a été la stratégie de la France à ce jour. Le RIDC, cependant, appuie la création d’un traité visant à protéger la diversité culturelle – ceci protégerait entièrement la culture de toute transgression des accords commerciaux. Toutefois, certains participants ont fait remarquer que d’autres aspects de la diversité culturelle ne devraient pas être exclus de ces mesures de protection. Après une discussion animée, nous en sommes venus au point d’imaginer deux plates-formes de mesures, définitions et principes préventifs : l’une axée sur la vie et la langue traditionnelles; l’autre sur la production des biens et services culturels. Deux grands points ressortent de la stratégie européenne mise de l’avant par « Télévision sans Frontières » : établir des contingents pour la télévision et le cinéma, et stabiliser le contrôle européen de la fixation des prix.

 

3.      La troisième séance mettait l’accent sur l’importance des réseaux et des organismes communautaires dans le domaine culturel, ce qui a mené à une proposition de création d’un réseau international d’agents culturels. Plus particulièrement, deux ensembles de conférenciers ont fourni des renseignements très utiles sur leurs réseaux et sur les besoins organisationnels relatifs au bon fonctionnement et à l’interaction au sein de diverses collectivités : Sabine Schebrak (Autriche) et Xavier Pérez (Espagne) ont présenté le réseau culturel Trans Europe Halles, issu d’initiatives de squatters visant à établir des centres culturels dans des immeubles et installations menacés (comme le marché central de Bruxelles). Debora Martin, de l’Union des comédiens et techniciens de l’industrie du divertissement de Sao Paulo (SATED), a parlé du succès qu’a connu cet organisme à rassembler les travailleurs des différents syndicats du Brésil par le biais d’activités culturelles et artistiques. J’ai prononcé une allocution en tant que représentant du Conseil civique pour la culture et les arts de Morelos (CCCAM), expliquant les initiatives réalisées au Mexique par des ONG vouées à la préservation du patrimoine culturel et à l’encouragement de nouveaux espaces communautaires pour la culture et la créativité.

 

4.      La quatrième séance était consacrée à la rédaction d’un document qui serait lu le soir suivant pendant une séance spéciale tenue au bureau principal du FSM à l’Université catholique de Porto Alegre. Quatre commissions ont été créées pour travailler sur les sujets particuliers abordés dans le document. J’ai collaboré à fournir aux commissions certains des principaux documents du RIDC, comme le « carnet de route », « Questions et réponses » ainsi qu’une description du RIDC et de ses membres.

 

Le 4 février 

 

B.     Séminaire : La culture et la mondialisation.

 

La quatrième matinée et cinquième séance du séminaire a été consacrée à une discussion générale sur la possibilité d’un nouvel instrument international pour la protection de la diversité culturelle. Pendant la réunion de brainstorming, ces sujets, entre autres, ont été les plus pertinents :

 

·        L’abus des droits de propriété intellectuelle, là où les lois existantes font qu’il est possible pour certaines personnes ou entreprises de « voler » le droit d’auteur de quelqu’un d’autre.

·        La possibilité, dans des cas extrêmes, d’exproprier des industries culturelles, en guise de mesure radicale contre les oligopoles, p. ex. lorsqu’un gouvernement intervient dans le marché, dans le cas de la convergence des industries culturelles, pour assurer le pluralisme et la diversité.

·        La liberté d’accès au cyberespace; le problème des langues diverses sur Internet; l’ébauche d’un document en vue d’une convention internationale sur l’utilisation de langues autres que l’anglais, non seulement dans le contenu d’Internet, mais également dans les langues de codification et autres outils, proposée par l’Union européenne, a soulevé une forte opposition de la part des lobbyistes américains, sous prétexte de la libre circulation de l’information. La tâche délicate et les problèmes inhérents à la définition de la « culture ».

·        Les langues du monde sont considérées comme le patrimoine de l’humanité; la nécessité de s’assurer que toutes les langues soient égales.

·        L’inclusion de traités précédents et de leur définition du nouvel instrument proposé.

 

C.     Séance spéciale du séminaire : « La culture et la mondialisation »

 

Pour conclure les débats du séminaire, un document déclaratoire sur la diversité culturelle et linguistique a été lu à l’auditoire général. Lorsque le réseau issu des efforts de ce groupe de travail sera en mesure de fonctionner, la déclaration fera l’objet d’une vaste distribution et sera également disponible sur le site Web du FSM (http://www.forumsocialmundial.org.br/).

 

3.      Forum audiovisuel mondial

 

Présenté par : Congresso Brasileiro do Cinema
Animation : Suzana Amaral (CBC)

Panélistes : Gillo Pontecorvo (Italie) – Fernando Solanas (Argentine), Robert Guediguian (France), Jorge Sánchez (Mexique), Citto Maselli (Italie), Nelson Pereira dos Santos, Samuel Guimaraes, Arnaldo Carrillo, Gabriel Priolli, Roberto Farias (Brésil), Omar Gonzalez (Cuba), Franco Giraldi, Pasquale Scimeca, Francesca Comencini (Italie), Cheik Oumar Sissoko (Mali), Anémone, Jean Druon (France), etc.

Première séance : L’audiovisuel et la société

Deuxième séance : L’audiovisuel – diversité culturelle et hégémonie

 

Même si je n’ai pu assister qu’à une partie de la deuxième séance de ce forum, je pense que cela vaut la peine d’être mentionné, puisque le secteur audiovisuel est l’une des questions les plus urgentes à l’ordre du jour de la diversité culturelle. Lucianna Castellina a assisté au forum et fournira de plus amples renseignements à ceux et celles qui veulent en savoir plus long – veuillez vous adresser à incd@ccarts.ca

 

Conclusions générales :

Pour ma part, il était très important que le RIDC puisse participer au FSM, même en simple qualité d’observateur. Je crois qu’il s’agit d’un forum adéquat pour disséminer nos objectifs et notre travail; par conséquent, nous devrions participer plus activement au FSM III, élaborant des séminaires et des ateliers et prenant part aux plus importantes conférences sur la culture et la diversité.

Pour ce qui est de l’objectif plus particulier de créer un réseau latino-américain pour la diversité culturelle, ma présence au FSM a vraiment été enrichissante, puisque j’ai rencontré des gens appartenant à des organismes clés du Mexique, du Brésil, de l’Argentine, de la Bolivie, de la Colombie et de Cuba, qui pourraient se révéler des sources précieuses dans le cadre de la création d’un tel réseau.

 

La culture et le commerce – Derniers développements

 

1. Le Conseil de l’OMC discute des services audiovisuels

 

Le travail du Conseil du GATS pour renégocier l’accord sur le commerce des services est maintenant en cours. Lors des réunions de juillet et d’octobre 2001, on a discuté du secteur audiovisuel et de l’analyse des propositions gouvernementales déposées à ce jour. Des comptes rendus des discussions ont été envoyés au RIDC par une chercheuse canadienne, Ellen Gould, et sont présentés en anglais sur le site Web du RIDC. En voici un résumé.

 

La note de service destinée au personnel de l’OMC décrit l’objectif convenu du Canada et de la Communauté européenne de maintenir « leur capacité d’élaborer et de mettre en œuvre leurs politiques culturelles » comme un « euphémisme pour indiquer qu’ils ont l’intention de s’en tenir à leur politique de ne prendre aucun engagement ». 

Une mesure de sauvegarde en matière de diversité culturelle a été suggérée, et le personnel est d’avis que « la principale question semble être de savoir si un tel débat devrait avoir lieu au sein de l’OMC ou dans le cadre d’un autre forum ».

La note de service souligne le fait qu’un pays en développement – le Brésil – a identifié des intérêts positifs dans les négociations sur les services audiovisuels, ce qui fait très bien l’affaire des États-Unis. Avant que cette proposition soit présentée, les États-Unis et le Japon étaient les seuls pays à chercher l’inclusion du secteur. La note de service mentionne que les États-Unis encouragent d’autres pays en développement à faire des revendications dans le secteur audiovisuel : « Il est clair que les États-Unis cherchent à les encourager à participer plus activement à ces négociations. Ceci peut être perçu comme faisant partie d’une stratégie visant à donner une « nouvelle dimension » aux négociations sur le secteur audiovisuel, c’est-à-dire les sortir de la dimension « transatlantique » qui les a caractérisées à ce jour. »

Les discussions qui ont lieu à l’OMC au sujet des « classifications » peuvent avoir un impact considérable sur les règlements gouvernant le commerce, par exemple en déplaçant la préoccupation d’un accord de l’OMC à un autre. La note de service destinée au personnel décrit la position des États-Unis sur la classification des services audiovisuels comme « encore diffuse ». Mais ce manque de clarté pourrait être délibéré. Une note de bas de page révèle : « Il pourrait être intéressant de signaler qu’un représentant de la Motion Picture Association (MPA) m’a dit récemment que les États-Unis seraient intéressés à s’engager dans un exercice de classification, mais qu’ils craignaient que, venant de Washington, une telle proposition soit rejetée catégoriquement par certains membres. »

La stratégie américaine semble être d’essayer d’obtenir tout engagement, sans égard à son importance, de manière à établir un précédant à l’effet que les services audiovisuels doivent être marchandés dans le cadre des négociations du GATS : « L’objectif des États-Unis dans ce secteur semble être moins la qualité des engagements que le fait que certains engagements soient pris, dans le but de mettre fin aux arguments de certains membres pour qui le secteur audiovisuel a été présenté, selon les États-Unis, comme un jeu du tout ou rien. »

Les propositions des États-Unis, de la Suisse et du Brésil reconnaissent toutes le besoin pour les gouvernements de soutenir la production et la distribution des produits culturels, et proposent d’examiner la possibilité de négocier une entente à cet égard. La question primordiale et l’objet probable du litige sera la portée des subventions « permises ». Le besoin d’accorder une attention particulière aux préoccupations des pays en développement dans les négociations sur le secteur audiovisuel est l’un des thèmes principaux de la proposition du Brésil.
La proposition de la Suisse soulève une gamme de questions réglementaires qui doivent être discutées. En plus des subventions, la Suisse suggère d’examiner : une mesure de sauvegarde sur la diversité culturelle[1]; le rôle du secteur public; la protection contre le contenu illicite; les questions de concurrence; les exigences en matière de transparence; et les aspects réglementaires de l’accès au marché et des restrictions relatives au traitement national. Le Brésil met l’accent sur les « mécanismes de défense commerciaux » pour être en mesure d’intervenir dans les cas de pratiques déloyales. Par conséquent, la portée possible des mesures de sauvegarde d’urgence, des disciplines antidumping et des disciplines concurrentielles devrait être discutée.

2. Jack Valenti, de la Motion Picture Association of America, préconise la fin des contingents à l’écran

Bien qu’il pourrait ne pas s’agir du même « représentant de la MPA » cité plus tôt, le président-directeur général de la puissante Motion Picture Association of America a communiqué un vigoureux message lors d’une réunion des producteurs indépendants pour le cinéma et la télévision au Canada. Dans une allocution prononcée le 7 février 2002 à Ottawa, Jack Valenti a fait part de sa ferme opposition aux « tarifs, droits, contingents et autres entraves artificielles au commerce qui contrecarrent la concurrence du marché ». En même temps, il a manifesté son appui envers les mesures de subventions canadiennes, accordées aux producteurs canadiens et étrangers par le biais du système de crédits d’impôt, et a discuté de la campagne de la MPA pour obtenir des crédits d’impôt aux États-Unis.

 

3. Les États-Unis exercent des pressions dans le cadre des négociations bilatérales

 

Il ne devrait donc pas être surprenant que les États-Unis essaient de réaliser l’objectif de M. Valenti par le biais des négociations qu’ils ont engagées avec un certain nombre de pays dans le cadre du Traité bilatéral d’investissement. 

 

Des rapports d’Australie, de Corée et du Chili suggèrent tous que les États-Unis réclament la fin des contingents qui réservent une place aux productions nationales sur les écrans de cinéma et de télévision de ces pays. D’après le Korea Herald, « Le représentant commercial adjoint des États-Unis, Jon Huntsman, par exemple, a exprimé clairement pendant sa visite en Corée plus tôt cette semaine (du 25 février au 1er mars) que les deux pays ne peuvent commencer les pourparlers opérationnels sur le traité bilatéral d’investissement (TBI) que si la Corée finalise sa position en matière de contingents. »

 

La réaction dans tous ces pays ne s’est pas fait attendre. La Coalition for Diversity in Moving Images (Coalition pour la diversité dans les images en mouvement) a réuni 250 membres de la collectivité cinématographique locale pour réclamer que le gouvernement coréen maintienne le système actuel de contingentement, dans le but d’empêcher que l’industrie cinématographique locale soit submergée par les productions hollywoodiennes. Au Chili, la nouvelle Coalition pour la diversité culturelle a écrit à son gouvernement pour demander que la culture soit exempte des termes de tout traité négocié entre le Chili et les États-Unis. En Australie, Richard Letts, membre du Comité directeur du RIDC, signale que, à la demande générale, le gouvernement a été forcé de déclarer qu’il ne négociera pas les questions culturelles dans le cadre de pourparlers bilatéraux avec les États-Unis, bien que cette prise de position manque de conviction.

 

 

Communiqués

 

Le RIDC distribue sa première version du Projet de la Convention sur la diversité culturelle, maintenant disponible (uniqument en Anglais en ce moment) sur le site internet du RIDC www.incd.net. Nous solicitons des commentaires de nos membres – veuillez nous les transmettre avant le 15 avril 2002. incd@ccarts.ca

 

La Troisième conférence annuelle du RIDC Favoriser la diversité culturelle et le développement : Stratégies locales, nationales et mondiales se tiendra au Cap (Afrique du Sud) du 11 au 13 octobre 2002. Les réunions sont déjà en voie de préparation – nous vous donnerons de plus amples détails à ce sujet dans quelques semaines. Nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous en Afrique du Sud.

 

Le Mexique, grâce à la coordination du Conseil civique pour la culture et les arts de Morelos et du RIDC, présentera le premier Forum mexicain pour la diversité culturelle.

 

Sujets :

La Convention sur la diversité culturelle

La culture et la mondialisation : préoccupations locales et régionales

 

Cuernavaca, Morelos

Du 5 au 7 juillet 2002

Pour de plus amples renseignements, adressez-vous à :

incd@ccarts.ca ou rsegovia1@yahoo.com.mx

 

Bien qu’ils ne soient pas directement reliés aux objectifs de diversité culturelle, deux projets d’échange entre le Brésil et le Mexique serviront quand même à enrichir et à élargir les horizons du Réseau latino-américain. Les projets consistent en un festival d’échanges culturels qui se tiendra à Cuernavaca et à Sao Paulo deux fois par année. Pour de plus amples renseignements, adressez-vous à :

 

Événements/Conférences

 

Globalizations: Cultural, Economic, Democratic

University of Maryland College Park

Du 11 au 18 avril 2002

La conférence sera interdisciplinaire, et les organisateurs espèrent que le plus grand nombre possible de points de vue différents seront présentés. Ceci comprend les personnes du milieu universitaire et les militants. L’accent sera mis sur les interactions entre différents genres de mondialisation : culturelle, économique et démocratique.

Pour de plus amples renseignements, adressez-vous à : Richard Brown au rbrown@socy.um.edu, ou visitez le www.bsos.umd.edu/socy/conference

 

Commission nationale coréenne pour l’UNESCO

Un dialogue entre les civilisations : Démocratie et traditions de l’Asie de l’Est

Séoul (Corée du Sud)

Du 11 au 13 juin 2002.
La conférence a pour but d’enrichir l’idée de la démocratie par le biais d’un dialogue interculturel et d’un débat entre les théories libérale et communautarienne de démocratie. Pour de plus amples renseignements, communiquez avec le secrétaire général de la Commission, Yersu Kim, par courrier électronique au : hmlim@unesco.or.kr ou par télécopieur au : 82-2-7557477.

 

The Center for Multicultural Education at the University of Washington

Diversity and Citizenship in Multicultural Nation States (Diversité et citoyenneté dans les nations/États multiculturels)

The Rockefeller Foundation's Study and Conference Center

Bellagio (Italie)

Du 17 au 21 juin 2002.

La conférence réunira des spécialistes en sciences sociales et des chercheurs pédagogiques de onze pays, qui examineront comment différents pays abordent les questions d’unité et de diversité dans leur éducation civique.

Pour de plus amples renseignements, communiquez avec l’organisateur de la conférence, le professeur James Banks, directeur du Center for Multicultural Education at the University of Washington, au : jbanks@u.washington.edu ou visitez le site Web du Centre (en anglais seulement) au : http://depts.washington.edu/centerme/home.htm

 

Europaforum

Housing Cultures: Convergence and Diversity

Du 1er au 5 juillet
Vienne (Autriche)
Courrier électronique : enhr2002@europaforum.or.at

 

The International Cultural Research Network (ICRN)

Brasilia 2002: Exploring Cultural Perspectives (Brasilia 2000 : Explorer les perspectives culturelles) 

Université catholique de Brasilia

Du 2 au 6 juillet 2002.

Le but consiste à déterminer, à la lumière de diverses perspectives culturelles et interdisciplinaires, les effets unificateurs des thèmes suivants : l’éducation, la mondialisation, les enfants et les jeunes, l’histoire et la science, et les médias et la technologie.

Pour de plus amples renseignements : courrier électronique : icrn@telusplanet.net ou communiquez avec le International Cultural Research Network, 551 Education South, University of Alberta, Edmonton (Canada) T6G 2G5. Ou visitez le site Web du ICRN (en anglais seulement) au : http://www.telusplanet.net/public/icrn/brazil.html

 

Trading Culture

Conférence internationale sur les thèmes de la nature « indigène » et des « possibilités d’exportation » de la culture au cinéma et à la télévision.

Sheffield (G.-B.)

Du 18 au 20 juillet

Dépôt des communications

Le commerce international dans l’industrie cinématographique a commencé dans la première partie du XXe siècle. Au début du XXIe siècle, ceci avait été élargi pour inclure un commerce de plus en plus international des émissions télévisées et un remaniement du concept des exportations dans le domaine des satellites et de l’Internet. Cette conférence mettra l’accent sur la dimension culturelle de ces développements économiques.

Pour de plus amples renseignements, adressez-vous à Sharon Stone, AHRB Centre Administrator, Sheffield Hallam University, School of Cultural Studies, Psalter Lane, Sheffield S11 8UZ (G.-B.)

ahrb@shu.ac.uk

 

 

Conférence de l’IAMRC 2002
Communication interculturelle
Du 21 au 26 juillet

Barcelone (Espagne)
Renseignements : International Association for Media and Communication Research Courrier électronique 
: gwhannel@britishlibrary.net

 

Septième Conférence internationale Metropolis

Vivre ensemble dans la différence : Citoyenneté et appartenance

Du 9 au 12 septembre 2002
Oslo (Norvège)

Les sous-thèmes comprennent : « La mondialisation et la politique de la migration », « L’habilitation et l’efficacité de la citoyenneté », « Les textures urbaines » et « Les disparités entre les sexes en matière de migration ». 

Pour de plus amples renseignements, visitez le site Web de la conférence au : http://international.metropolis.net/frameset_f.html ou communiquez avec les organisateurs de la conférence par courrier électronique au : oslo2002@metropolis.net

 

The 12th Nordic Migration Conference

Diversité et intégration culturelles

Helsinki (Finlande)

Du 10 au 12 octobre 2002
Pour de plus amples renseignements, visitez le site Web de la conférence (en anglais seulement) au :
http://sockom.helsinki.fi/ceren/eng/konferen.html

 

The Maastricht Center for Transatlantic Studies

Citoyens, nations et cultures : Perspectives transatlantiques

Maastricht (Pays-Bas)

Du 16 au 19 octobre 2002

Les conférenciers principaux comprennent Sabine Broek, Jose Casanova et John Keane. Cette conférence explorera la signification de « transatlantique » pour les gens d’Afrique, des amériques et d’Europe.

Pour de plus amples renseignements, y compris comment soumettre une proposition sur papier, visitez le site Web de la conférence (en anglais seulement) au : http://www.cmsu.edu/mcts ou communiquez avec Neil Wynn, School of Humanities and
Social Sciences
, Université de Glamorgan, au : nawynn@glam.ac.uk

 

 



[1] À ce sujet, voir la déclaration du Canada dans S/CSS/W/46 : « De plus, le Canada ne prendra aucun engagement susceptible de restreindre notre capacité de réaliser nos objectifs en matière de politique culturelle jusqu’à ce qu’un nouvel instrument international, conçu expressément pour sauvegarder le droit des pays de promouvoir et préserver leur diversité culturelle, puisse être établi. »