Réseau international pour la diversité culturelle
Bulletin 22 - Août 2002
Numéro spécial: Ébauche de la Convention sur la
diversité culturelle
Ce numéro du bulletin
du RIDC est consacré à la Convention sur la diversité culturelle. Les travaux
sur ce traité international, conçu pour servir de base juridique permanente aux
mesures gouvernementales qui visent à encourager la diversité culturelle se
déroulent sur plusieurs fronts depuis la publication de l'ébauche en mars 2002.
Nous aimerions susciter d'autres discussions sur l'ébauche du RIDC avant notre
assemblée annuelle au Cap, du 11 au 13 octobre 2002.
L'ébauche du RIDC a
fait l'objet d'une large diffusion parmi les membres et nous avons reçu
d'intéressants commentaires. Certains ont été incorporés à la deuxième ébauche,
soumise en mai 2002 au Groupe de travail du Réseau international sur la
politique culturelle (RIPC), soit l'organisme parallèle qui réunit les
ministres de la culture et qui a également proposé les éléments d'un instrument
possible. Nous préparons, afin de la publier dans le prochain numéro de notre
bulletin, une analyse de l'ébauche du RIPC. Entre-temps, n'hésitez pas à lire
le texte affiché (version anglaise seulement) à
www.incd.net,
cliquez sur «Resources» (version
anglaise de la page d'accueil).
Le RIPC a également
reçu les rapports d'équipes de recherche sur le type d'administration de ce
nouvel instrument (par l'UNESCO, par l'OMC ou selon d'autres options?) et sur
sa relation avec la politique du développement. On trouvera plus loin des
résumés de ces documents, ainsi qu'un survol des autres études sur cet
instrument.
Nous encourageons les
membres du RIDC à engager leurs collègues dans des discussions de la Convention
et de ses répercussions sur leur secteur et leur communauté.
Table des matières:
1. Commentaires relatifs à l'Ébauche d'une
Convention sur la diversité culturelle soumise par le RIDC
2. Survol des récentes études de cet instrument
3. Nouvelles du RIDC
4. Événements et annonces
1. Commentaires relatifs a l'ébauche d'une
Convention sur la diversité culturelle soumise par le RIDC
Les réponses au document du RIDC ont été extrêmement riches, tant en quantité qu'en qualité. Bien qu'il soit impossible de les résumer en quelques lignes dans ce bulletin, nous jugeons important de mettre en relief quelques-uns des thèmes du débat:
Portée de l'autorité gouvernementale
a) La Convention ou le Traité sera un instrument au
moyen duquel les gouvernements souverains accepteront de faire ou de ne pas
faire certaines choses. Dans sa déclaration de Lucerne, le RIDC a affirmé que
chaque gouvernement devrait être libre de définir la culture et la diversité
culturelle en termes appropriés à ses ressortissants.
b) Beaucoup de commentateurs avancent que l'ébauche
offre aux gouvernements la capacité incontrôlée d'agir au nom de
l'encouragement de la diversité culturelle et, donc, pourrait autoriser des
agissements susceptibles d'asphyxier la diversité et la créativité, ce qui
serait naturellement contraire aux principes de la démocratie.
c) L'ébauche du RIDC contient certaines limites
précises de l'autorité gouvernementale, y compris le «droit des artistes à la
liberté d'expression» et l'obligation, pour un gouvernement, de n'adopter que
des mesures «raisonnables». Toutefois, certains affirment que ces limites sont
insuffisantes pour garantir le respect des principes fondamentaux de
l'instrument.
d) D'autres proposent que la Convention dresse une
première liste des mesures qui seraient jugées de prime abord en harmonie avec
les dispositions de la Convention et une seconde liste de mesures qui seraient
jugées de prime abord en contradiction avec ces dispositions.
Engagements positifs
a) Le RIDC a déclaré s'intéresser à la promotion de la
diversité au sein des nations, tout autant qu'entre elles. Certains estiment
que l'ébauche est dépourvue des incitatifs ou obligations nécessaires à cet
égard.
b) Dans le même ordre d'idée, le RIDC a affirmé, dans
sa déclaration, qu'il appuiera les mesures conçues pour encourager un échange
plus équilibré entre les cultures. Certains sont d'avis que l'ébauche de
Convention ne contient pas de dispositions de fond pour promouvoir cet
objectif.
c) Enfin, on s'inquiète également que la Convention
n'établisse pas les obligations et mécanismes nécessaires pour assurer le
respect de l'engagement de «préserver les cultures et la connaissance
traditionnelle des peuples autochtones».
Définitions
a) L'ébauche du RIDC ne définit pas ses termes,
autrement que de manière implicite. En revanche, le texte du RIPC contient un
nombre limité de définitions.
b) Certains allèguent qu'il faudrait définir les
termes «culture» et «diversité culturelle», car cela fournirait un paramètre
objectif pour évaluer les mesures gouvernementales. L'ébauche du RIPC s'efforce
de définir ces termes. D'autres estiment en revanche qu'il serait impossible de
se mettre d'accord sur ces définitions. Pour d'autres encore, l'absence de
précision est importante pour s'assurer qu'il y aura un nombre suffisant de
pays prêts à prendre l'engagement de concrétiser les termes de l'accord.
c) Un débat connexe se déroule autour d'autres
définitions: «artiste», «expression artistique» ou «entreprises
culturelles». Les expressions telles
que «biens culturels» ou «services culturels» provoquent un émoi considérable,
car leur utilisation pourrait compromettre certains aspects de la discussion
sur les questions commerciales.
d) Une partie de ce débat s'est articulée autour de la
portée - large ou restreinte - de la Convention. Certains estiment que le
principal problème qu'elle s'efforcera de résoudre est représenté par les
limites imposées aux droits des gouvernements d'aider leurs entreprises
culturelles. Pour d'autres, la Convention devra remplir des fonctions beaucoup
plus vastes, afin d'attirer le nombre de pays signataires nécessaires pour
permettre son adoption, notamment face à l'opposition probable des États-Unis.
Règlement des différends
a) La Convention a été conçue pour pour être
exécutoire et inciter les pays signataires à résoudre les différends sur les
questions culturelles en appliquant ses dispositions, plutôt qu'en ayant
recours à l'OMC ou aux autres accords commerciaux. On ne sait pas encore
exactement comment réaliser cet objectif et le RIDC a soumis un éventail
d'options pour discussion. Chacune de ses options présente des avantages et des
inconvénients. Pour le moment, il n'y a pas eu de consensus sur la meilleure
démarche.
b) Certains estiment que l'ébauche n'a pas encore
réussi à atteindre ce but et qu'aucune des options ne garantit que les pays
accepteraient de résoudre leurs différends en appliquant ses dispositions.
2. Survol des récentes études de cet instrument
Administration d'un instrument international sur la
diversité culturelle
Le Groupe de travail
sur la diversité culturelle et la mondialisation du Réseau international sur la
politique culturelle (RIPC) a formé une équipe spéciale de recherche pour
examiner cette question. Le Bureau fédéral de la culture de Suisse, qui préside
ce projet, a entrepris d'examiner divers modèles de mise en oeuvre de
l'instrument, en particulier la question de l'organisme responsable de
l'administration du traité.
Ce document initial
repose sur les trois modèles d'administration les plus souvent présentés: par
l'entremise de l'Organisation mondiale du commerce, par l'entremise de l'UNESCO
ou en tant qu'instrument totalement autonome. Il étudie également la
possibilité de faire de l'instrument un «rivage culturel», à partir duquel un
«pont» pourrait être bâti jusqu'à l'OMC, ou celle d'«admettre» l'instrument
dans le réseau de l'UNESCO.
Le premier problème est
représenté par l'équilibre entre le «pouvoir normatif» - soit la capacité de
s'assurer que les aspects juridiques et exécutoires sont aussi forts que
possible - et la «représentativité», pour donner au traité le plus grand poids
politique possible..
Le choix de l'OMC est
délicat, compte tenu de la mission puissamment commerciale de l'organisme,
puisque le traité, bien qu'assorti de certaines considérations commerciales, a
été rédigé à partir d'un point de vue culturel. L'OMC s'est débattue pour éviter les écueils créés par la
relations entre ses accords et les traités environnementaux, qui vont eux aussi
au-delà d'étroites considérations commerciales. Bien que l'UNESCO soit prisonnière
de la lourdeur de ses rouages bureaucratiques, elle est considérée comme
l'organisme de marque le mieux équipé pour rehausser l'image de
l'instrument.
Toutefois, l'UNESCO
devrait d'abord résoudre un problème de calendrier, car il lui serait
impossible de finaliser la concrétisation d'un instrument avant que l'OMC
termine la série de négociations commerciales au Qatar, même si la volonté
politique était présente. Pour le moment, l'UNESCO ne s'est engagée qu'à
étudier «le caractère opportun d'un instrument juridique international».
L'équipe de recherche
examine aussi la possibilité d'un accord autonome. Cette option présente
l'avantage de la rapidité, compte tenu de la souplesse du texte, et éviterait
au contenu de l'instrument de subir des pressions externes. Néanmoins, cette
option exige la mise en place d'un environnement particulier, d'un cadre
institutionnel qui serait bâti pour gérer les mécanismes de surveillance et de
règlement des différends.
L'équipe conclut que le
réseau ministériel devrait continuer ses travaux sur ces questions. Cependant,
elle affirme qu'à court terme, les obstacles à l'utilisation de l'OMC comme de
l'UNESCO l'emportent sur «l'obligation de créer une structure et d'établir la
représentativité de l'instrument, de sorte qu'il puisse évoluer vers
l'autonomie.»
Architecture du document: La diversité culturelle dans
les pays en développement - le défi de la mondialisation
Le gouvernement
d'Afrique du Sud a créé un groupe de travail sur les pays en développement et
la politique culturelle, en sus des groupes déjà formés: diversité culturelle et
mondialisation, patrimoine
culturel et radiodiffusion
dans l'environnement mondial, au sein du Réseau international sur
la politique culturelle. Cette tentative vise à accorder davantage d'importance
aux besoins des pays en développement dans le cadre des travaux des trois
autres groupes. Il a confectionné le cadre d'une étude plus vaste sur les
répercussions de la Convention sur la politique et la culture dans le monde en
développement, que nous résumons ci-dessous. Ce document sera la base d'une
discussion sur la culture et les pays en développement, durant la cinquième
réunion des ministres du RIPC, du 14 au 16 octobre, au Cap.
Étude du nouvel instrument international pour la
diversité culturelle, sous l'angle des pays en développement.
RÉSUMÉ
Le document s'appuie sur les travaux du Comité
international sur la politique culturelle (RIPC) et les progrès accomplis dans
la confection du nouvel instrument international pour la diversité culturelle. Il étudie la question sous l'angle d'un pays
en développement, en dégageant non seulement les priorités du développement,
mais encore la situation des secteurs culturels des pays en développement, afin
d'examiner l'interaction entre ces deux éléments. Ensuite, il interroge le
traité, pour évaluer dans quelle mesure il encourage ou, au contraire, empêche
les pays en développement de réaliser leurs objectifs de politique culturelle.
Cette évaluation débouche sur une liste de thèmes de recherche, ainsi que de
suggestions pour modifier la Convention. Le rapport met aussi en relief les
dossiers importants que le ministre des Arts, de la Culture, des Sciences et de
la Technologie d'Afrique du Sud a l'intention de présenter au sommet du RIPC en
octobre, dans un exposé intitulé: «Cultural Diversity in Developing Countries:
the challenges of globalization».
Étude de la faisabilité juridique d'un instrument
international sur la diversité culturelle.
Le Groupe de travail franco-québécois sur la diversité culturelle
(Ivan Bernier et Hélène Ruiz Fabri) a publié une étude conjointe, dont on
trouvera le résumé en cinq langues.
Français :
http://www.mri.gouv.qc.ca/francais/bibliotheque/diversite_culturelle_synthese_fr.html
English :
http://www.mri.gouv.qc.ca/english/bibliotheque/diversite_culturelle_synthese_an.html
Español :
http://www.mri.gouv.qc.ca/espanol/bibliotheque/diversite_culturelle_synthese_es.html
Portugues :
http://www.mri.gouv.qc.ca/portugais/bibliotheque/diversite_culturelle_synthese_po.html
Deutsch :
http://www.mri.gouv.qc.ca/allemand/bibliotheque/diversite_culturelle_synthese_de.html
3. Nouvelles du RIDC
Favoriser la diversité
culturelle et le développement: stratégies locales, nationales et mondiales
L'ordre du jour, assorti des noms des conférenciers,
est affiché à:
http://www.incd.net/conference2002.html
Inscrivez-vous dès
aujourd'hui, car la pré-inscription à tarif réduit se clôturera le 1er
SEPTEMBRE 2002.
La Fédération internationale de conseils des arts et
agences culturelles,
membre affilié du RIDC, a récemment ouvert deux nouveaux portails d'information
(en anglais seulement - version française en chantier):
http://www.ifacca.org/en/organisation/page03a_bibliography.html et «On-line bibliographies and databases for
arts and cultural policy» (bibliographies et bases de données en ligne sur les
arts et la politique culturelle) http://www.ifacca.org/en/organisation/page03b_bibliography.html .
La Coalition pour la diversité culturelle organise un séminaire à
l'intention spéciale des associations professionnelles du Canada, sur le traité
pour la diversité culturelle, le 17 septembre 2002, à Toronto (Canada).
Renseignements: coalition@cdc-ccd.org
.
4. Événements et annonces
Si votre organisme
prépare un événement ou souhaite annoncer des nouvelles, veuillez communiquer
avec incd@ccarts.ca afin que nous puissions publier vos
informations dans notre bulletin.
IXe Sommet de La
Francophonie: Dialogue culturel
18-20 octobre
Beyrouth (Liban)
http://www.sommet2001.org/
Appel de candidatures :
Prix Europa Nostra 2002 et Prix de l'Union européenne pour le patrimoine
culturel.
Ces deux prix
récompensent l'excellence dans le domaine de la conservation du patrimoine en
Europe. Échéance de dépôt des candidatures: 1er novembre 2002.
Informations: www.europanostra.org http://www.europanostra.org et cliquez sur «Prix».
Creative Clusters
Conférence au sommet
des industries créatives
20-23 novembre 2002
Sheffield, R.-U.
www.creativeclusters.co.uk
Cultural Traffic: Policy, Culture and the New Technologies
in the European Union and Canada
22-23 novembre 2002
Carleton University
Ottawa (Canada)
Pour en savoir plus,
communiquez avec: rgould@ccs.carleton.ca ; Paul_Theberge@carleton.ca