Réseau international pour la diversité culturelle

Bulletin – Avril 2003

Vol. 4, N° 4

 

Contenu :

  1. Nouvelles et activités du RIDC
  2. Conseil exécutif de l’UNESCO : la Convention sur la diversité culturelle

3.      Proclamation par l’ONU de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement

  1. Réunion d’experts à Halifax
  2. Le programme de Doha de l’OMC trébuche
  3. Événements et annonces

 

1. Nouvelles et activités du RIDC

 

Quatrième conférence annuelle du RIDC

La diversité culturelle en marche à l’échelle planétaire :

la société civile et ses regroupements

en partenariat avec le réseau Culturelink

Opatija, Croatie

11-13 octobre 2003

Le programme de la conférence et les formulaires d’inscription sont maintenant en ligne :

www.incd.net/events/2003conference.html

Pour renseignements : incd-opatija@irmo.hr

 

 

Conférence du RIDC en Asie

Le droit à des diversités culturelles : perspectives et stratégies asiatiques

New Delhi, Inde

30 août – 2 septembre, 2003

www.incd.net/events/meetings.html

Pour renseignements : incdasia@vsnl.net

 

2. Le Conseil exécutif de l’UNESCO considère la recommandation d’élaborer une convention exécutoire sur la diversité culturelle

 

Le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a exhorté le Conseil exécutif à inscrire la question de l’élaboration d’un instrument juridique sur la diversité culturelle à l’ordre du jour de la Conférence générale de 2003 de l’Organisation. Cette recommandation découle de la proposition qui lui a été présentée en février par une délégation de ministres de la culture au nom du Réseau international sur la politique culturelle.

 

Bien qu’il s’agisse là d’une étape importante dans l’élaboration d’une nouvelle convention, nous avons encore bien du chemin à faire avant qu’une convention ne soit prête à être ratifiée par les États membres. Il faut d’abord faire en sorte qu’un nombre suffisant de pays appuient la proposition aux réunions du Conseil exécutif et de la Conférence générale. Il faut aussi veiller à ce que le résultat soit adéquat et opportun. Comme l’objectif est d’avoir un traité exécutoire capable de protéger les politiques culturelles contre les attaques qu’elles peuvent subir dans le cadre des accords commerciaux, l’analyse de l’étude préliminaire préparée par les fonctionnaires de l’UNESCO révèle des points qui prêtent à inquiétude.

 

La recommandation faite au Conseil exécutif est contenue dans cette étude préliminaire qui traite des aspects de l’établissement d’un tel traité sous les auspices de l’UNESCO. Le rapport fait une mise en contexte et rappelle l’engagement même de l’UNESCO à cet égard, exprimé dans sa déclaration de 2001 sur la diversité culturelle. On souligne le travail et la position du RIDC :

 

« Le Réseau international sur la diversité culturelle (RIDC), regroupant à la fois des artistes, des militants culturels, des organismes culturels et des industries de création, met l’accent sur la nécessité d’un instrument qui garantisse le soutien aux artistes et la participation de la société civile, et encourage les États à adopter une position proactive, et non défensive, en matière de politiques culturelles. »

 

Le rapport reconnaît qu’il y a plusieurs dimensions à considérer, y compris les liens entre la diversité culturelle, les droits de la personne et les droits culturels, et les liens entre la diversité, la créativité et les politiques culturelles. Il analyse divers accords internationaux existants et les déclarations mêmes de l’UNESCO afin d’examiner certaines des questions qu’un traité ayant force obligatoire devrait réglementer. Vu les difficultés qu’a connues la Convention sur le patrimoine culturel immatériel, l’énoncé suivant pourrait être significatif : « compte tenu des liens conceptuels étroits existant entre diversité culturelle et patrimoine culturel immatériel, la finalisation de la Convention sur le patrimoine culturel immatériel apportera une solide assise conceptuelle pour l’élaboration d’un nouvel instrument sur la diversité culturelle ».

 

Le rapport examine ensuite « les perspectives et options pour une future action normative » et plusieurs difficultés éventuelles ressortent. Il postule que la perspective centrale du nouvel instrument est d’établir un lien « entre la préservation de la diversité culturelle et les objectifs de développement, notamment à travers la promotion de l’activité créatrice et des biens et services culturels qui en sont les vecteurs privilégiés ». Il conclut ensuite : « L’objectif est de définir les principes généraux de politiques culturelles qui soient de nature à assurer l’autonomie nécessaire aux politiques nationales tout en garantissant une coopération internationale équilibrée. »

 

Le rapport mentionne qu’il y a « certains domaines de la diversité culturelle dans le contexte de la mondialisation qui ne font pas encore l’objet d’une protection adéquate par des conventions ou recommandations existantes. » Il invite une discussion sur les moyens suivants de combler les lacunes :

 

un nouvel instrument compréhensif sur les droits culturels

un instrument sur la condition de l’artiste

un nouveau protocole à l’Accord de Florence (qui réglemente l’importation des biens culturels, scientifiques et éducatifs)

la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques.

 

À première vue, le problème est que chacun de ces moyens, bien qu’offrant certaines possibilités, est de portée étroite et peu susceptible de pouvoir englober la gamme complète de dispositions substantielles envisagées pour la nouvelle convention tant par le RIDC que par le RIPC.

 

Finalement, le rapport décrit la procédure formelle d’adoption d’un nouveau traité par l’UNESCO. Le Conseil exécutif doit approuver le rapport et une majorité des États représentés à la Conférence générale d’octobre doit voter en faveur de la recommandation. Si cela se produit, le Directeur général sera chargé de rédiger les dispositions de la convention (avec l’aide d’experts et des États membres appropriés) et de ramener la proposition à la Conférence générale de 2005. 

 

Le rapport même est toutefois plus circonspect à cet égard, mentionnant seulement que si la Conférence de cette année approuve la recommandation, « un rapport préliminaire pouvant être accompagné d’un avant-projet de convention pourrait être soumis à la Conférence générale à sa 33e session, soit à l’automne 2005. » Il y a pas mal de faux-fuyants dans cette phrase.

 

8 avril 2003

Garry Neil

 

Étude préliminaire de l’UNESCO sur les aspects techniques et juridiques relatifs à l’opportunité d’un instrument normatif sur la diversité culturelle : http://unesdoc.unesco.org/ulis/cgi-bin/ulis.pl?database=extd&req=2&by=2&ord=1&look=ex&sc1=1&dc=166+EX%2F28 – en anglais, français, espagnol, russe, arabe et chinois

 

3. L’ONU proclame une Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement

 

Les Nations Unies ont proclamé le 21 mai « Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement ». Dans une résolution déposée en février, l’Assemblée générale met en relief le travail important de la Commission mondiale sur la culture et le développement de l’UNESCO et invite les gouvernements, les organismes intergouvernementaux et les organisations non gouvernementales à appliquer le Plan d’action de Stockholm. L’ONU se félicite de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle et souligne les liens vitaux qui existent entre la diversité culturelle, la paix et le développement durable. Elle mentionne spécialement le rôle de la culture et des nouvelles technologies dans l’éradication de la pauvreté.

 

Le RIDC se réjouit que l’ONU reconnaisse la valeur de la diversité culturelle et espère que cette journée aidera à faire connaître davantage le mouvement mondial pour la protection et la promotion de la diversité culturelle.

 

Vous pouvez consulter le texte de la résolution à http://www.un.org/Depts/dhl/resguide/r57.htm - Descendez à la résolution A/RES/57/249

 

4. Réunion d’experts à Halifax : la diversité culturelle et le projet de nouvelle convention sur la diversité culturelle

 

Des représentants de 25 pays des Amériques, tant des gouvernements que de la société civile, se sont réunis à Halifax les 27 et 28 mars. Cette réunion d’experts faisait suite à la première de ces réunions, tenue l’an dernier à Vancouver, conformément au plan de travail accepté par les dirigeants de l’hémisphère à leur sommet de 2001 à Québec. C’est aussi à ce sommet qu’on a établi le calendrier des négociations de la Zone de libre-échange des Amériques.

 

Parrainée et présidée par le ministère du Patrimoine canadien, la réunion avait pour thème principal le projet de nouvelle convention internationale sur la diversité culturelle. Elle a aussi attiré des représentants d’autres gouvernements clés, notamment la France et la Finlande, qui étaient à Halifax pour poursuivre la rédaction de la version de la convention proposée par le Réseau international sur la politique culturelle. Les représentants du secteur des échanges et du commerce de plusieurs pays ont tiré profit de la discussion des incidences des négociations commerciales en cours sur la politique culturelle.

 

Les délégués ont été mis au courant des développements récents, y compris le fait que le Directeur général de l’UNESCO ait accepté de recommander au Conseil exécutif que l’UNESCO assume la responsabilité d’élaborer ce traité exécutoire. La réunion a reçu des rapports du Réseau international pour la diversité culturelle et de la réunion des organisations professionnelles de la culture tenue à Paris en février. Le RIDC était représenté à la réunion par Megan Williams, Rafael Segovia et James Early, membres du comité directeur, Garry Neil, coordinateur, et Bruce Paddington, membre de longue date du Réseau et cinéaste de Trinité-et-Tobago.

 

Une des leçons clés que nous avons tirées de la réunion est qu’il est urgent de continuer notre travail de sensibilisation au projet de nouvelle convention. Malgré les réunions précédentes et l’information du RIPC et d’autres sources, bon nombre des représentants des gouvernements n’étaient toujours pas certains de l’objet et du potentiel de la nouvelle convention.

 

7 avril 2003

Garry Neil

 

5. Le programme de Doha de l’omc trébuche

 

Le tant annoncé programme de développement de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC – www.wto.org) est censé changer la nature du commerce international en ouvrant les marchés aux produits des pays en développement. Mais une réunion récente du comité des négociations commerciales de l’OMC à Genève a montré à quel point il sera difficile d’atteindre le consensus requis pour que les pourparlers avancent.

 

Les négociateurs de l’OMC se sont heurtés à des obstacles majeurs dans des domaines clés et le rythme de l’ensemble des discussions a ralenti. Deux échéances établies à Doha n’ont pu être respectées. Les négociateurs n’ont pas réussi à s’entendre sur les « modalités » des pourparlers sur l’agriculture avant l’échéance du 30 mars. Ils n’ont pas non plus réussi à s’entendre sur le sens de certaines parties de l’Accord sur les ADPIC en réponse aux préoccupations exprimées par les pays en développement qui veulent avoir davantage accès aux versions génériques des médicaments brevetés dont ils ont besoin pour lutter contre de graves problèmes de santé tels que le SIDA et la malaria. Les principaux coupables sont l’Union européenne et les États-Unis, qui refusent d’éliminer les subventions agricoles et continuent de défendre les intérêts des grandes entreprises pharmaceutiques.

 

La pression s’accentue tandis que l’OMC se prépare à sa 5e Conférence ministérielle, qui aura lieu à Cancun, au Mexique, du 10 au 14 septembre 2003. La Conférence ministérielle de Cancun vise non seulement à stimuler les négociations actuelles, mais aussi à réaliser un « consensus explicite » pour l’ouverture de négociations sur les nouvelles questions de  « Singapour », soit les investissements, la politique en matière de concurrence, la transparence des pratiques de passation des marchés publics et la facilitation des échanges. De nombreux pays en développement soutiennent qu’il faut corriger les déséquilibres existants du système d’échanges avant de se pencher sur de nouvelles questions.

 

Pour le secteur culturel, ce sont de bonnes nouvelles d’un côté et cause de souci de l’autre. Chaque retard à l’OMC nous donne plus de temps pour établir la convention sur la diversité culturelle. Mais cela veut aussi dire un changement de la stratégie des É.-U., qui privilégient de plus en plus la négociation d’accords commerciaux bilatéraux. Les politiques culturelles peuvent être plus en danger dans certains pourparlers bilatéraux à cause de la pression directe que les É.-U. peuvent appliquer, et si un gouvernement libéralise un domaine dans un accord bilatéral, il sera plus enclin à continuer cette tendance dans les accords multilatéraux.

 

Bien que l’Accord général sur le commerce des services soit un des accords de l’OMC, il a son propre calendrier. La date de dépôt d’« offres » par les pays en réponse aux demandes de négociations de services reçues est passée. L’UE et le Canada ont publié de l’information sur les offres qu’ils ont déposées et ni l’une ni l’autre n’envisage d’engagements de services audiovisuels ni d’autres services culturels. D’autres pays estiment que les négociations commerciales sont confidentielles et qu’ils ne sont pas tenus de communiquer de l’information sur leurs offres, mais il serait étonnant que les pays prennent des engagements importants dans ces secteurs. La partie n’est cependant pas finie, car les négociations commencent à peine à s’échauffer en préparation de Cancun. 

 

Pour avoir de l’information générale sur l’OMC et la culture, veuillez lire Nouveau cycle de négociations commerciales de l’OMC : le programme de développement de Doha menace la diversité culturelle.

 

6. Événements et annonces

 

Si l'événement annuel de votre organisme n'a pas été mentionné, communiquez avec le secrétariat,  incd@ccarts.ca, qui l'inclura au prochain bulletin.

 

La Fédération internationale des traducteurs a publié un manifeste en faveur de la diversité culturelle. Elle invite tous les traducteurs professionnels à signer le manifeste, qui parle « du besoin fondamental de sauvegarder et de promouvoir les œuvres de l’esprit au-delà de toute barrière linguistique et de la responsabilité primordiale des traducteurs en tant qu’acteurs, depuis toujours, de la transmission et de la diffusion des idées et des valeurs de l’humanité. »

 

Vous pouvez signer le manifeste en ligne (manifesto@fit-ift.org). Vous pouvez aussi envoyer votre signature par télécopieur (1-514-845-9903) ou par la poste à la Fédération internationale des traducteurs :

 

FIT

2021, avenue Union, bureau 1108

Montréal (Québec)

Canada H3A 2S9

 

Propriété intellectuelle dans l'économie de la connaissance. Séminaire de l'OMPI

24-26 avrill 2003

Chine

Renseignements:

Tlp:(022) 338 9547

Tlc: (022) 338 88 10

publicinf@wipo.int

 

Eculture: The European Perspective

Culturelink Network

24-27 avril

Zagreb, Croatie

<http://www.culturelink.org/eculture.html>

 

 

Conférence sur la mondialisation

« Towards a Critical Globalization Studies:

Continued Debates, New Directions, and Neglected Topics »

(Vers des études critiques de la mondialisation :

débats actuels, nouvelles directions et sujets négligés)

Coparrainée par l’UCSB et la Global Studies Association

1er au 4 mai 2003

Santa Barbara, CA

 

How Globalization is Changing the World's Cultures

Santa Clara University,

28 mai 2003

Santa Clara, É.-U.

408-551-6040

sbachman@scu.edu

<http://www.scu.edu/events/?sched=3352&fuseaction=event>

 

Libre-échange c/ diversité culturelle

Les négociations de l'OMC dans le domaine des services audiovisuels

Université de Lucerne

10 juin 2003

Lucerne, Suisse

<http://www.unilu.ch/dokumente/dokus_rf/Tagung_I-Call_2003.pdf>  

<http://www.unilu.ch/rf/4945.htm>

 

Languages, Cultures, Ideologies and Identities in the Andes

51st International Congress of Americanists

14-18 juillet 2003

Santiago (Chili)

Info: S. Coronel-Molina

tlc.: +1 716 836 9375

scoronel@adelphia.net

www2.canisius.edu/~grabner

 

Organisation mondiale du commerce

Ve rénion des ministres

10-14 septembre

Cancun, Mexique

www.wto.org

 

The Unifying Aspects of Culture

INST Conference, Austria Centre

7-9 novembre 2003

Vienne, Autriche

<http://www.inst.at/kulturen/konf2003_sektionen_english.htm>

 

Sommet mondial de l'IFACCA

23-26 novembre

Singapour

Tlp.: +61 2 9215 9016

Tlc.: +61 2 9215 9111

ifacca@ozco.gov.au

http://www.ifacca.org/en/organisation/page02_summit.html

 

Sommet mondial sur la société de l'information

UNESCO

10-12 décembre 2003

Genève (Suisse)

Info: Secrétaire du directeur général

Tlp.: +41 22 730 6317

Tlc.:  +41 22 730 6393

wsis@itu.int

www.itu.int/wsis/index.htm