Réseau
international pour la diversité culturelle
Bulletin
– juin 2003
Vol 4,
No 6
1.
Nouvelles et activités du RIDC
Le RIDC est
heureux d’annoncer qu’il a reçu une subvention de trois ans de l’Agence
suédoise de développement international pour appuyer son travail en
Afrique. Cette subvention lui permettra faire entrer le secteur culturel
africain dans le débat international sur la diversité culturelle et facilitera
le travail de son comité sur la culture et le développement.
Le RIDC est
aussi heureux d’annoncer qu’il a reçu des subventions de la Fondation
européenne de la culture et du Arts and Culture Network Program du Open
Society Institute de Budapest pour sa quatrième conférence annuelle.
Garry Neil,
coordonnateur du RIDC, et Nina Obuljen, membre du comité directeur, ont eu
l’occasion de rencontrer les membres du Groupe de contact du RIPC et du Groupe
de travail du RIPC sur la diversité culturelle et la mondialisation le 29 mai à
Zagreb. Nous les avons mis au courant des dernières activités du RIDC, avons
discuté de la nécessité de coopérer plus étroitement et répété certaines de nos
inquiétudes à propos du contenu de leur proposition de convention sur la
diversité culturelle.
Voici
quelques-uns des principaux points que nous avons soulevés :
·
nous
croyons que notre collaboration a été bénéfique pour les deux parties – le RIDC
et le RIPC ont aidé à donner de l’élan au mouvement mondial en faveur de la
convention et nous avons réussi à leur faire améliorer leur ébauche
·
mais,
a ajouté Nina, maintenant que le gros de l’activité passe à l’UNESCO, notre
relation doit évoluer pour devenir un dialogue plus dynamique sur les problèmes
et les stratégies, plutôt que d’être exclusivement un compte rendu officiel
tous les six mois.
·
relativement
à la convention, nous les avons félicités de leur travail avec l’UNESCO et
avons promis de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le résultat
soit favorable
·
nous
les avons exhortés encore une fois à rendre leur ébauche publique dès que
possible puisque c’est ce texte qui doit et qui devrait guider l’ordre du jour
·
nous
avons fait quelques commentaires ciblés sur le contenu, semblables à ceux que
nous leur avions communiqués au Cap.
En réponse,
le groupe du RIPC a dit qu’il considérerait notre proposition de coopérer de
façon plus substantielle sur le plan tactique et stratégique.
Pendant son
séjour à Zagreb, notre coordonnateur a prononcé un discours au quatrième d’une
série de débats publics sur la diversité culturelle organisés par l’Institut
pour les relations internationales et l’Institut français de Zagreb. Plus de
cinquante personnes y ont assisté, un soir très chaud et humide, y compris
plusieurs de nos collègues du RIPC.
Garry Neil
Coordonnateur
du RIDC
L’inauguration
officielle du Network for Arts and Culture South Africa (NACSA) aura lieu à
Johannesburg le 7 juin 2003, avec le professeur Itumeleng Mosala, nouveau
directeur général du ministère des Arts et de la Culture de l’Afrique du Sud,
comme conférencier d’honneur.
Le rôle
principal du NACSA sera de discuter des questions de politiques, de financement
et de stratégie qui touchent le secteur artistique et culturel avec les représentants
élus, les ministères pertinents, les organismes de financement et autres
protagonistes importants.
La première
année, le NACSA entend se concentrer sur les projets suivants, entre
autres : mettre en œuvre la Recommandation sur le statut de l’artiste de
l’UNESCO pour ce qui est des conditions de travail et de la rémunération des
artistes; amener les organismes de financement à travailler plus efficacement
dans l’intérêt du secteur; surveiller les accords commerciaux internationaux
passés par l’Afrique du Sud pour évaluer leur incidence sur les arts et la
culture; chercher à influencer la dimension culturelle du Nouveau partenariat
pour le développement de l’Afrique (NPDA) et bâtir des organisations
vigoureuses dans chaque discipline. Le NACSA représentera le RIDC dans le sud
de l’Afrique.
Pour avoir
de plus amples renseignements, communiquer avec art27m@iafrica.com
.
2.
Stockholm +5 – Plus de mauvais que de bon?
Stockholm +
5, suivi de la conférence intergouvernementale de 1998 sur les politiques
culturelles pour le développement, a eu lieu du 11 au 14 mai 2003. La
conférence de 1998 est généralement considérée comme le catalyseur du mouvement
actuel pour la diversité culturelle, son plan d’action ayant mis en relief les
répercussions croissantes de la mondialisation sur les cultures et la nécessité
pour les gouvernements et la société civile de se mobiliser à cet égard.
Stockholm
+5 a pris place dans un hôtel de la banlieue de Stockholm. La plupart des participants
étaient des délégués officiels de commissions nationales pour l’UNESCO ou de
ministères, auxquels s’ajoutaient environ 20 représentants d’ONG, quelques
représentants de l’UNESCO à Paris et les conférenciers invités. En tout, à peu
près 150 personnes. Peter Curman et Bernt Lindberg y ont représenté le RIDC et
assisté à la plupart des discours et discussions.
La réunion
était articulée autour de quatre thèmes principaux :
·
La
politique culturelle et l’éradication de la pauvreté
·
La
politique culturelle et la diversité culturelle
·
La
politique culturelle et le processus de l’éducation pour tous (EPT)
·
La
politique culturelle dans la société de l’information
La réunion
a été de caractère plutôt officiel, avec de nombreux longs discours, la
présentation de remerciements par les gouvernements invités à leur hôte suédois
et de multiples allocutions qui n’avaient pas rapport aux thèmes. Certains des
participants n’étaient apparemment pas au courant de Notre diversité
créatrice ni du plan d’action de Stockholm. Mais il y a aussi eu des
discours intéressants par des participants engagés et bien préparés.
Le bilan de
la conférence? Il n’y a pas de réponse simple à cette question. Il était si
difficile de résumer les discussions des quatre séances thématiques qu’aucun
des modérateurs n’a réussi à le faire. Si on prend l’objectif primordial de la
conférence, qui était d’apporter des critiques à l’UNESCO pour n’avoir pas fait
une bonne partie de ce que le plan d’action de Stockholm disait que cette
organisation devrait faire, la conférence a été moyennement réussie. Certains
des participants ont exprimé leurs critiques devant Katérina Stenou de l’UNESCO
mais elle ne les a pas commentées et il n’y a pas eu de dialogue. Aucun
document final n’a été produit, mais on suppose que les critiques ont été
entendues.
En
préparation de la réunion Stockholm +5, une équipe de chercheurs suédois avait
envoyé un questionnaire à tous les États invités. C’était un questionnaire fort
compliqué sur les objectifs nationaux du plan d’action de Stockholm et ce que
les États avaient accompli. Moins de 20 États y ont répondu, et certains ont
tant tardé qu’il n’a pas été possible d’incorporer leurs réponses. Malgré tout,
une chose qui est ressortie des réponses est qu’on n’avait pas fait grand-chose
par suite directe du plan d’action. Bon nombre de ceux qui ont répondu ont
toutefois dit que la conférence de Stockholm de 1998 et les documents qui l’ont
accompagnée avaient fortement influencé leur réflexion.
Espérons qu’une
réunion comme Stockholm +5 aura aussi un effet positif sur les délégués qui
n’étaient pas au courant du modèle de Stockholm et du plan d’action auparavant.
Il est néanmoins décevant qu’on n’ait pas pu montrer plus de progrès. Le
caractère officiel du système de l’UNESCO a empêché une discussion ouverte.
Cette réunion aurait été beaucoup plus fructueuse si tous les groupes avaient
pu participer sur un pied d’égalité.
Les
résultats de la réunion seront affichés sur le site web de la Swedish National Commission for UNESCO.
Bernt
Lindberg
Membre,
KLYS (comité mixte des professionnels de la littérature et des arts de la
Suède). KLYS est un membre fondateur du RIDC.
3.
L’Entertainment Industry Coalition for Free Trade entre dans la mêlée
Le 13 mars
2003, un groupe d’importants syndicats et sociétés de l’industrie américaine du
divertissement ont uni leurs forces pour former l’Entertainment Industry
Coalition for Free Trade (EIC). Leur objectif déclaré est de « … montrer
aux décideurs clés l’importance du libre-échange, les avantageuses incidences
économiques que le commerce international a sur l’industrie du divertissement
et comment les négociations sur le commerce international aident à préparer le
terrain pour la mise en place de solides protections pour la propriété
intellectuelle. » C’était un rassemblement puissant d’intérêts américains
– d’ailleurs, le délégué commercial américain Robert B. Zoellick était au
lancement, soulignant l’importance de cette initiative pour le gouvernement
américain.
Le
communiqué de presse fait remarquer que les industries du droit d’auteur (qui
comprennent tous les produits audiovisuels, tels que films, émissions de
télévision et enregistrements sonores, logiciels d’affaires et de
divertissement et tous les ouvrages publiés) sont maintenant le plus gros
moteur de l’économie américaine. Elles emploient plus de gens, contribuent
davantage à la croissance économique et dépassent tous les autres secteurs
d’exportation, y compris l’agriculture et l’aérospatiale. Ce qui est un
contraste flagrant avec les entreprises culturelles de la plupart des pays
développés et pays en transition, sans parler de celles des pays en
développement, qui tirent le diable par la queue. On voit aussi clairement
pourquoi la lutte sur la diversité culturelle est si difficile – il y a
beaucoup d’argent en jeu.
L’EIC
ajoute dans son communiqué qu’un de ses objectifs est de s’assurer un véritable
accès au marché (« meaningful market access »). Les obstacles à cet
accès sont les politiques mêmes qui garantissent l’existence d’autres cultures.
Les quotas sur le contenu, subsides, incitations fiscales pour les producteurs
locaux et restrictions à la propriété étrangère sont quelques-uns des nombreux
mécanismes utilisés par les gouvernements pour promouvoir la production
culturelle intérieure. La nouvelle coalition a les politiques culturelles dans
son collimateur.
Bien que la
formation de l’EIC menace indubitablement les buts du mouvement de la diversité
culturelle, elle est aussi une mesure du succès du mouvement. Ils essaient de
s’approprier notre langage et nos tactiques pour défendre la position opposée.
Par
ailleurs, il est intéressant de noter que cette initiative a été lancée alors
qu’une lutte s’organise contre les changements apportés par la Commission
fédérale des communications à ses règlements interdisant la propriété
réciproque de médias dans le même marché. Le secteur culturel des États-Unis
semble atteint de schizophrénie – d’une part, des groupes revendiquent le
renforcement de ce qui est essentiellement une politique culturelle, tandis que
d’autre part, bon nombre des mêmes groupes prônent une position qui
entraînerait l’abolition des politiques culturelles d’autres pays.
Pour de
plus amples renseignements :
Communiqué
du délégué commercial des États-Unis
Les
industries du droit d’auteur dans l’économie américaine – Rapport de 2002
4.
Déclarations, discours et publications : la diversité culturelle en marche
Lors de la
récente visite au Canada de Jean-Pierre Raffarin, premier ministre de la
France, ces deux pays ont signé une Déclaration conjointe sur la diversité
culturelle. Ils applaudissent la décision de l’UNESCO de soumettre l’instrument
proposé à sa Conférence générale, affirmant : « La Conférence
générale de l’UNESCO, en octobre prochain, représente une étape importante,
l’occasion pour la communauté internationale de promouvoir la diversité
culturelle dans le contexte d’une mondialisation au service de l’humanité et de
sa créativité. »
Anglais :
http://www.dfait-maeci.gc.ca/canadaeuropa/country_fra_f2-en.asp
Français :
http://www.dfait-maeci.gc.ca/canadaeuropa/country_fra_f2-fr.asp
Au Festival
du film de Cannes, une réunion des directeurs des agences européennes en charge
du cinéma a publié une déclaration sur l’état de l’Union européenne, dans
laquelle ils déclarent que « la culture ne doit pas plier devant le
commerce. »
Anglais :
http://www.cnc.fr/b_actual/declaration_anglais.pdf
Français :
http://www.cnc.fr/b_actual/fr_declaration_cannes.htm
Le
Secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, Abdou
Diouff, a fait un discours en faveur du pluralisme culturel lors d’une récente
réunion de pays français, arabes, espagnols et portugais.
Français
seulement : http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3232--321083-,00.html
5.
Événements et annonces
Le Center
for Arts and Culture de Washington a inauguré un forum de discussion, appelé
The Cultural Commons, sur la politique culturelle. L’abonnement est gratuit;
allez à http://www.culturalcommons.org.
A Sense of Place
British
Council
Cardiff,
Pays de Galles
24 - 27
novembre 2003
director@asenseofplace.org.uk.