Bulletin – Janvier 2005
Vol. 6 no 1
Tables des matières :
1. Nouvelles et annonces du RIDC
2. Rapport sur la rencontre du RIDC aux États-Unis
3. Mise à jour sur l’UNESCO
4. Rapport du Conseil de l’Europe sur les médias transnationaux
5. Recommandations du Processus Helsinki en appui à la diversité
6. Événements et annonces.
Le RIDC est heureux d’annoncer l’engagement de Monsieur Ibrahima Seck au poste de Coordonnateur du RIDC pour la région de l’Afrique centrale et de l’ouest. De son bureau à Dakar, Monsieur Seck s’occupera de l’organisation de la prochaine rencontre annuelle du RIDC qui aura lieu au Sénégal en octobre 2005. Monsieur Seck travaillera en collaboration avec le Comité de direction du RIDC, avec les membres et les subventionneurs pour développer les adhésions au RIDC dans cette région. Il devra également transmettre les préoccupations des membres locaux à notre organisation internationale. Nous lui souhaitons la bienvenue et sommes enchantés de travailler avec lui et de réaliser, avec succès, les activités prévues pour cette année.
Nous annoncerons, sous peu, le nom d’autres personnes que nous sommes en voie d’engager pour l’Afrique.
Le Forum mondial social
Le RIDC et l’Institut brésilien pour la diversité culturelle (IDC) collaborent à l’organisation d’une série de conférences au prochain Forum mondial social qui aura lieu à Porto Alegre, Brésil du 26 au 31 janvier 2005. Le 29 janvier, le RIDC présentera une journée entière de conférences sur le thème : Défendre la diversité, le pluralisme et les identités. La journée suivante, il y aura une session sera dévolue à la synthèse des discussions et permettra de définir des buts et des stratégies pour le travail du IDC.
Les thèmes suivants seront abordés :
la Société civile et le développement culturel;
l’administration publique et le développement de politiques culturelles;
l’évaluation de l’impact culturel au plan économique, du développement politique et social et des biens culturels;
l’esprit d’entreprise culturel et les biens culturels;
un cadre légal et de politique publique pour le développement culturel des médias de masse;
les nouvelles technologiques et le développement culturel.
Des conférenciers provenant d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud participeront à cet événement. Le RIDC est convaincu qu’un dialogue positif et fructueux sortira de ces discussions et mènera à l’élaboration de stratégies concrètes pour nos partenaires dans cette région. N’hésitez pas à y participer et à faire entendre votre voix dans ce débat.
Peter Musa, un activiste camerounais du RIDC, tiendra une séance d’information à Nairobi, le mois prochain, afin de mettre à jour les représentants culturels locaux sur le travail du RIDC. L’emphase sera mise sur les développements en Afrique. Cette rencontre offrira aux participants la possibilité de créer des liens et de promouvoir l’adhésion au RIDC. Pour plus de renseignements sur ce projet, vous pouvez communiquer avec le Secrétariat ou vous adresser directement à Monsieur Musa à createartsorg@yahoo.com
James Early
Mondialisation, diversité culturelle et l’UNESCO : urgences pour les artistes, les travailleurs et les organismes culturels américains
10-11 janvier 2005
Washington, É.U.
Plus de 100 représentants d’organismes artistiques et culturels, des bibliothèques, de la recherche, d’organismes de politiques culturelles, du personnel culturel du Département d’État des É.U., spécialisés sur la propriété intellectuelle, de la défense des médias et des artistes individuels, ont assisté à cette conférence tenue les 10 et 11 janvier 2005 au Smithsonian Institute.
Ils sont venus de partout aux États-Unis (Californie, Colorado, Caroline du Nord, Pennsylvanie, New York et de la région métropolitaine de Washington, etc.), plusieurs aussi du Canada et enfin, quelques représentants des ambassades à Washington, dont celle de la France. La Conférence était organisée sous les auspices du Smithsonian Center for Folklife and Cultural Heritage en partenariat avec le RIDC. James Early, membre du Comité de direction du RIDC, présidait la conférence et le discours d’ouverture a été prononcé par le Président américain à l’UNESCO, Richard Arndt et le Coordonnateur du RIDC, Garry Neil.
Les objectifs de cette Conférence étaient :
États-Unis à une plus grande conscience des intérêts et de la nécessité de participer aux échanges actuels sur la diversité culturelle, et à être présents dans les délibérations sur le projet de l’UNESCO pour une Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques;
Durant ces deux journées, les participants ont échangé avec vigueur sur des arguments réfléchis et bien rédigés portant sur les questions suivantes : Est-ce que les biens et services culturels ne sont que des produits comme les autres ? et Comment pouvons-nous être assurés que le système culturel reflète la richesse de la diversité des communautés qui existent dans plusieurs pays ? et aussi, Les menaces contre les cultures des peuples indigènes.
Le débat sur Les forces du marché seules ne peuvent assurer la diversité culturelle nationale et internationale a fourni une esquisse rigide entre l’approche culturelle du marché, pour protéger et promouvoir la diversité culturelle et l’approche commerciale de la culture dans laquelle la position officielle du Gouvernement américain cadre ses délibérations à l’UNESCO. Cette discussion a mis en présence le professeur Tyler Cowan, membre de la Commission nationale et du Groupe des experts de l’UNESCO chargé de rédiger la version préliminaire de la Convention et Benjamin Barber, de la School of Public Affairs and College of Behavioural Sciences de l’Université du Maryland (École des affaires publiques et Collège des sciences du comportement). (Barber est professeur au Gershon and Carole Kekst Professor of Civil Society et le Wilson H. Elkins).
Même si la real politique de l’Organisation mondiale du commerce se concentre sur sa compétence réglementaire par rapport à la culture, ceci a servi de motif de base pour discuter sur l’instrument de l’UNESCO. Les participants à la conférence ont exprimé leur inquiétude face au document actuel qui semble échouer à présenter un cas solide en faveur de la diversité culturelle en tant que telle et considèrent que le document porte trop sur le langage et est structuré, dans son contenu, autour du commerce.
La session de clôture Où allons-nous à partir de maintenant ? a permis d’amorcer sur un processus de suivi et d’étendre les objectifs de la Conférence à l’ensemble du pays. Les différentes conférences et l’enregistrement des débats seront, bientôt, placés sur notre site.
3. Mise à jour sur l’UNESCO
Le Comité de rédaction de l’UNESCO a sorti une nouvelle version du texte de la Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques après sa réunion qui a eu lieu du 14 au 17 décembre 2004. Cette nouvelle version inclut les différentes soumissions écrites par les États membres et les ONGs et les commentaires du Comité de rédaction sur le Préambule et les 11 premiers articles. La prochaine rencontre intergouvernementale du Groupe des experts aura lieu du 31 janvier au 12 février 2005 à Paris.
Garry Neil, Coordonnateur du RIDC, Yvon Thiec, membre du Comité de direction du RIDC, et possiblement d’autres personnes, représenteront le RIDC à cette prochaine rencontre intergouvernementale.
Tous les membres du RIDC sont invités à écrire à leur gouvernement pour appuyer les amendements que le RIDC a soumis. Ces amendements sont disponibles sur le site du RIDC. Les représentants du RIDC auront l’occasion d’assister à une rencontre de travail du Groupe de travail du Réseau international sur la politique culturelle qui sera tenue un peu avant la rencontre de l’UNESCO. Ce sera une bonne occasion pour élaborer un processus de collaboration entre les gouvernements et la société civile pour promouvoir une convention efficace et entre en vigueur le plus tôt possible.
Nous vous donnerons un suivi de ces rencontres dans le prochain Bulletin.
4. Rapport du Conseil de l’Europe sur les médias transnationaux
Eva Majuntke
Agente des affaires européennes
ARD – Bruxelles
Un Rapport du Panel consultatif sur la diversité des médias – un groupe de travail du Conseil de l’Europe – constate l’augmentation significative des concentrations transnationales des médias à travers l’Europe. Étant donné que cette tendance risque de nuire sérieusement à la diversité culturelle et à la démocratie, le rapport suggère une série d’actions pour protéger le pluralisme et promouvoir la diversité culturelle et linguistique de l’Europe.
Dans sa recherche, le groupe de travail a constaté l’augmentation du phénomène des concentrations transnationales dans les médias depuis quelques années. Cette tendance est nourrie par un certain nombre de facteurs, tels
◊ la saturation et la concentration des marchés médiatiques nationaux
créent des incitatifs pour les compagnies de s’étendre au-delà de leur
territoire d’origine;
◊ la libéralisation des marchés de la radiodiffusion en Europe de l’Ouest
et l’effondrement du contrôle économique étatique dans l’Est;
◊ le succès croissant de formats génériques comme la télé-réalité et la
tendance à planifier un certain nombre de messages publicitaires dans
des campagnes transnationales.
La concentration des médias a pris la forme de trois modèles distincts :
◊ Des sociétés médiatiques exercent leurs activités directement ou
par le biais de filiales, d’entreprises communes ou de participations
dans d’autres sociétés sur le marché des médias dans plus d’un pays.
◊ Des sociétés ou des individus sont propriétaires de sociétés
médiatiques dans plusieurs pays.
◊ Plusieurs sociétés médiatiques distribuent leurs produits dans plusieurs
pays, incluant des radiodiffusions destinées spécifiquement à d’autres
pays que leur pays d’origine.
Selon le Rapport du Conseil de l’Europe, les deux préoccupations principales soulevées par ce développement sont l’impact possible sur la démocratie et la diminution de la diversité des contenus. Bien que les nouveaux médias aient donné aux téléspectateurs, aux auditeurs et aux lecteurs un choix plus vaste de produits et de canaux médiatiques cela n’a pas conduit à une plus grande diversité de l’opinion et du contenu. De plus, des programmes à rabais et des séries pré-formulées sont offerts à tous les canaux dans plusieurs pays tandis que la qualité du contenu local lutte pour sa survie et son espace. Le rôle des médias comme chien de garde public tend à être compromis par du journalisme de moins en moins informé et recherché, et l’interférence des propriétaires de médias dans l’indépendance éditoriale de leur personnel journalistique freine la diversité.
Pour contrer un tel développement, le Rapport suggère fortement :
- de surveiller la concentration transnationale des médias,
- de voir à la création et à la mise en application d’une convention internationale contre les impacts négatifs de la concentration transnationale des médias,
- de renforcer le rôle de diffuseur du service public,
- de soutenir la communauté des médias,
- d’établir une séparation claire entre les autorités politiques et les médias
- et de mettre en application de nouvelles législations nationales pour assurer le pluralisme des médias.
-
La copie du Rapport est disponible à l’adresse suivante http://www.incd.net/docs/transnationalmedia.pdf
Les membres européens du RIDC devraient communiquer avec leurs gouvernements sur cette question et ils devraient continuer à encourager l’établissement de politiques qui vont soutenir l’accroissement de la diversité dans les médias.
5. Recommandations du Processus de Helsinki en appui à la
diversité
Jennifer Heale
Administratrice du RIDC
Le Processus de Helsinki a été mis sur pied à l’initiative du Gouvernement finlandais en coopération avec le Gouvernement de la Tanzanie. Lancé en décembre 2002, le but du Processus de Helsinki est de promouvoir la démocratie et l’égalité dans les relations internationales, en favorisant l’implication des perspectives du Sud et de la société civile dans la mise en place de politiques mondiales. Le Processus comprend deux activités : un groupe d’experts conseils de très haut niveau de 22 membres; il est présidé par les Ministres des Affaires étrangères de la Finlande et de la Tanzanie. De plus, trois sous-groupes d’experts travaillent de façon indépendante pour fournir des idées et des propositions de politiques. Ces trois sous-groupes d’experts se penchent sur trois questions bien distinctes : de Nouvelles approches sur la résolution mondiale des problèmes, un Programme économique mondial et la Sécurité humaine.
Le Rapport initial du premier sous-comité sera publié ce mois-ci et il offre un appui solide pour plusieurs positions prises par le RIDC. Le groupe devait trouver pourquoi les instruments actuels de gouvernance mondiale n’apportent pas des solutions favorisant l’adoption de solutions adéquates aux problèmes mondiaux. Le groupe explique qu’il y a plusieurs facteurs qui contribuent à ce problème :
◊ Un déficit démocratique dans les institutions mondiales – le pouvoir
est concentré dans les mains de quelques gouvernements ce qui crée
de la marginalisation.
◊ Un déficit de cohérence – les liens entre les ministères à l’intérieur
des gouvernements nationaux sont faibles et inefficaces les ce qui
entraîne la création d’obligations internationales conflictuelles.
◊ Un déficit de mise en application – les gouvernements et les
institutions internationales ne mettent pas en application les
décisions qu’ils ont prises.
En réponse à ces problèmes, le Rapport propose 50 recommandations pour assurer la transparence, la responsabilité, permettre une direction efficace, l’inclusion et la contribution d’institutions internationales mondiales de file comme l’OMC et l’Organisation international du travail.
En répondant aux questions sur l’augmentation de la démocratisation des gouvernements mondiaux et des procédures intergouvernementales, le Rapport met de l’avant l’importance de la Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques, élaborée à l’UNESCO.
Le Rapport signale : La diversité culturelle dans et entre les pays est une composante essentielle pour une société mondiale vivante et démocratique. La création artistique et les expressions culturelles émanent de et reflètent les valeurs et les traditions de sociétés particulières et sont plus que des biens et services ordinaires. Promouvoir des échanges plus équilibrés entre les cultures enrichira l’expression créative et donnera accès à plus de choix à tous les citoyens.
Le Rapport fait quelques recommandations touchant le contenu de la Convention :
◊ Elle ne doit pas être subordonnée aux autres accords internationaux
(y inclus les accords de commerce).
◊ Elle doit contenir des mesures qui aideront les pays en développement
à se doter de moyens créatifs.
◊ Elle doit appuyer la souveraineté des États de créer des mesures qui
soutiendront leurs artistes locaux.
◊ Elle doit prévoir la possibilité d’adapter les politiques culturelles au
fur et à mesure de l’évolution des nouveaux médias.
Le RIDC défend ces principes dans son travail sur la Convention et nous sommes heureux de voir que le groupe d’experts a offert un appui solide à la mise en place d’une Convention efficace. Nous espérons que le Groupe central de travail du Processus de Helsinki inclura ces recommandations dans son rapport final.
Le Rapport se penche aussi sur plusieurs questions touchant les médias et fait des recommandations pour accroître l’accessibilité. Il inclut la création du Conseil des Médias comme partie au Processus de Helsinki et établit un Institut des Médias qui offrira, entre autres, des possibilités de formation pour les professionnels des médias et aidera la planification d’affaires pour les médias indépendants et les médias de langues indigènes.
Finalement, le Rapport recommande la création d’une initiative de Surveillance médiatique mondiale qui servira de chien de garde tant aux niveaux national que local.
Le RIDC croit que ces recommandations aideront à augmenter la diversité dans les médias et permettra une plus grande implication du public dans l’échange sur les responsabilités des médias.
Le Processus de Helsinki atteindra son point culminant lors de sa Conférence internationale en septembre 2005 et nous espérons que les délégués examineront très sérieusement les recommandations préliminaires de l’UNESCO pour la Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques et donneront leur appui aux recommandations de ce sous-comité.
The Inter-American Civil Society Partnership Initiative
OEA et l’Institut Open Society
Subventions jusqu’à 20 000 $ US pour des projets qui supervisent et mettent en application des mandats de sommet
Pour plus de renseignements :
Site web : www.civil-society.oas.org
Courriel : summit.cso@oas.org
Téléphone : (202) 245-3127
Publications :
Document préliminaire sur la Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques; une analyse et des commentaires d’Ivan Bernier, commandée par l’Organisation internationale de la Francophonie.
Disponible :
Événements :
Forum mondial social
26 au 31 janvier 2005
Porto Alegre, Brésil
Transformations – Culture et l’environnement dans le développement humain
Une conférence internationale qui examine la Déclaration de l’UNESCO sur la diversité culturelle et le développement humain – Rapport 2004, PNUD
7 au 11 février 2005
Canberra, Australie
Les TICs et la société civile
SANGONet
1 au 3 mars 2005
Johannesburg, Afrique du Sud
Courriel : anelja@gogirlevents.co.za
Voix convergentes : Le développement de la conscience sur la diversité par le biais de la culture
St.Patrick’s Festival Forum 2005
15 mars 2005
Dublin, Irlande
Americans for the Arts
11 au 13 juin 2005
Austin, É.U.
www.artsusa.org/services/events/eventsa.asp?id=1521
Huitième Conférence sur la culture européenne
Centre pour les études européennes
26 au 29 octobre 2005
Pampelune, Espagne
http://www.unav.es/cee/pagina_9.html
Sommet mondial sur la Société de l’information
16 au 18 novembre 2005
Tunis, Tunisie
Le RIDC tient à remercier le Ministère du Patrimoine canadien pour son appui financier soutenu.
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