As presented at the Third International Meeting
of Cultural Professional Organizations,
The UNESCO Convention on Cultural Diversity: What the Professionals Need
Good morning, bonjour, …,
Je
ne sais pas si la Convention qui résultera de la procédure initiée par l’UNESCO sera une Convention forte avec un réel impact sur la
législation internationale, ou si le résultat final sera une simple déclaration
pleine de grands principes mais pauvre en résultats pratiques.
Premièrement, j’aimerais
sincèrement remercier le Comité d’organisation et la CDC Coréenne pour leur
invitation et leur hospitalité. La
seule chose que je sais, c’est que nous avons besoin de la Convention, que
celle-ci ne doit pas aboutir à une simple déclaration et que nous pouvons
l’éviter.
La rapide évolution des
nouvelles technologies a conduit au phénomène de la mondialisation et nous
devons admettre qu’il s’agit d’une réalité irréversible.
Nous devons également
admettre que la mondialisation de l’économie, de la science de l’éducation
élargit les horizons du développement,
de la recherche, de la connaissance.
En est-il de même en ce qui
concerne la mondialisation de l’art?
Quels seraient les rapports
d’un Sophocle ou d’un Confucius, d’un Mozart ou d’un Bizet, d’un Rembrandt ou
d’un Picasso, d’un Dreyer ou d’un Kourosawa avec les
mécanismes qui transforment la société en un marche mondial? Qu’auraient fait
de plus ces créateurs, qui ont marqué la culture de l’humanité en tant que
citoyens d’un monde dont les principes fondateurs sont désormais, le
matérialisme et la réussite financière?
Qu’est-ce que leur oeuvre
aurait gagné à être diffusée sur le marché mondial avec les mêmes règles et les
mêmes accords commerciaux en vigueur aujourd’hui pour les marchandises et les
services? Quel sort aurait-elle connu à l’ère de la révolution informatique et
de la toute puissance des Mass Media ?
Est-ce que, comme le dit
Oswald Spengler; « Un jour le dernier portrait de Rembrandt et le dernier
morceau de Mozart cesseront d’exister –même si un morceau de toile ou une
feuille de partition auront été conservés – parce que le dernier oeil ou la
dernière oreille qui auraient pu
recevoir leur message auront désormais disparu? »
« La seule
manière d’y échapper c’est l’art, » disait Andy Warhol. Je dirais en le
paraphrasant; « La seule manière d’y échapper c’est la
culture ».
Mais certainement pas la
culture « mondialisée », car aujourd’hui, l’homme, soumis au
progrès rapide de la technologie et à la toute puissance des Mass Media,
bombardé par la culture dominante de l’efficacité et de la réussite, avec comme
vertu principale le rendement, a perdu le contact avec ses sentiments et son
âme.
Nous les créateurs, nous
devons substituer au « big brother »,
au fast-food et au sexe virtuel, les joies de la vie et de l’amour, la
confiance réciproque, les saveurs de notre gastronomie, l’art, tout ce qui a
marqué la culture humaine. Nous devons continuer a créer de films tels que: Bom, Yeoreum, Gaeul,
Gyeoul, Geurigo, Bom de Kim Ki-
Duk.
Et le seul moyen pour y
parvenir, c’est la Convention de l’UNESCO, sous la condition cependant qu’elle
ne sera pas une simple déclaration pleine
de grands principes mais pauvre en résultats pratiques.
Pour éviter cela :
1 La
Convention doit prévoir la prééminence des règles qui résulteront de la
Convention sur toutes autres règles [droits et obligations] résultant d’autres
Conventions ou traités internationaux et en particulier d’accords commerciaux.
Les
droits et les obligations de la Convention ne peuvent pas affecter les droits
d’un pays qui aurait décidé de ne pas joindre la Convention.
Cependant,
dans le cas d’accords entre pays membres de la Convention et des pays non-membres, où des dérogations seraient nécessaires, il
importe de veiller à ce qu’il n’en résulte en aucune manière une menace ou un
dommage pour la diversité culturelle.
2
Pour inciter
les pays du Sud à joindre la Convention, il faudrait prévoir une obligation
pour les pays du Nord d’accroître l’accès aux créations artistiques et aux
oeuvres culturelles des pays du Sud par le biais de quotas, de mesures
tarifaires et autres instruments politiques. Ceci favoriserait un développement
plus équilibre des échanges culturels en augmentant de surcroît le choix offert
aux consommateurs.
3
En ce qui
concerne la définition des biens et services culturelles il est nécessaire de
prendre en considération le rôle central de l’artiste / créateur. C’est lui qui
donne une forme tangible à son expression qui devient un bien ou un service qui
peut être mis en circulation. Sans l’artiste il n’ y a pas de « contenu
culturel ».C’est ce qui le différencie d’un autre bien ou service. La vie
d’une expression artistique comprend la création, la production, la
distribution, l’exposition et la conservation. Les politiques culturelles
concernent tous ces stades.
4
La
définition correcte des biens et services culturelles aidera à inclure dans la
Convention les instruments d’une politique de protection de leur héritage, en
évitant entre autre l’antagonisme entre les intérêts privés et les prérogatives
justifiées des organismes publics.
5
En ce qui
concerne les mesures entrant dans le cadre d’une politique culturelle la
Convention devrait éviter d’en dresser une liste qui pourrait s’avérer
restrictive. En effet, les instruments politiques susceptibles d’avoir un
impact profond sur la culture sont nombreux. P.ex. de nombreux pays utilisent
des mesures fiscales et de concurrence pour protéger les artistes et les
producteurs de biens culturels.
6
Finalement,
pour être efficace, la Convention devra prévoir également des mesures de
contraintes et des sanctions en cas de non observation des règles acceptées par
les pays signataires.
« Nous devons tous comprendre que ce ne sont pas
les états qui produisent l’art et la culture.
Nous vivons dans des sociétés ouvertes et pluralistes et
ce sont les artistes qui créent.
Les états et les gouvernements fournissent les
moyens. » a déclaré M. Pangalos, ex- ministre de
la Culture de la Grèce, lors de la création du RIDC à Santorini,
le seul réseau qui a travaillé et a proposé une ébauche de la Convention.
Nous, les membres du RIDC, croyons que les états et les
gouvernements du monde entier doivent utiliser tous les moyens politiques,
juridiques, techniques et économiques pour créer une société mondiale qui
respecte la diversité culturelle, la créativité,et la liberté d’expression
artistique. Une société mondiale qui aidera les petits pays à exporter les
oeuvres et non pas les artistes. Car personne ne refuse le développement
économique, mais nous savons tous que les puissances d’argent n’ont ni langue
ni identité.
Katerina Marinaki
Vice-Présidente de la Fédération
des Scénaristes d’Europe
Membre du Réseau
International pour la Diversité Culturelle