Le Réseau  international pour la diversité culturelle

Bulletin # 20 - Juin 2002

Favoriser  la diversité culturelle et le développement : stratégies  locales, nationales et mondiales

Troisième  conférence annuelle du RIDC

Le Cap,  Afrique du Sud, 11, 12, 13 octobre  2002

LA DOCUMENTATION POUR S’INSCRIRE EST MAINTENANT DISPONIBLE.

www.incd.net/conference.html

La date  de tombée pour les participants désirant s’inscrire tôt est le 1er septembre 2002.

Pour de  plus amples renseignements : incd@ccarts.ca

Contenu  :

            1. Le NEPAD, le G8 et la Culture

            2. Le RIDC en Afrique du Sud

            3. Annonces/Événements

            1. Le NEPAD, le G8 et la Culture

Le sommet des chefs des sept plus grands pays industrialisés au monde et de la Russie aura lieu les 26 et 27 juin à Kananaskis, au Canada,  et se concentrera sur Le nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique  (pour le texte complet du NEPAD, rendez-vous à : http://www.nepad.org/ ou http://www.uneca.org/nepad), le plus récent d’une longue liste de plans pour combattre la pauvreté et promouvoir un développement durable en Afrique. Alors que le NEPAD est soutenu par le  gouvernement canadien et par quelques états africains comme étant le plus grand espoir pour l’Afrique en ce qu’il relie l’aide à une réforme démocratique,  le mouvement de la société civile africain a formulé plusieurs critiques sévères  à son sujet.

Lors d’une récente réunion de la société civile africaine  à Accra, au Ghana, une proclamation a été émise sur le NEPAD, disant que : « Au cours des dernières décennies, un faux consensus s’est créé autour du paradigme néo-libéral mis de l’avant par les Institutions de Bretton Woods et l’Organisation mondiale du commerce. Ceci représente un obstacle à la riche  tradition de réflexion sur le développement propre à l’Afrique. C’est dans ce contexte que l’initiative africaine proclamée, Le nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD)... (a été) débattue. » (Le texte  complet est disponible à http://www.africaaction.org/docs02/accr0204.htm).  Il y a beaucoup d’inquiétude au sujet du manque d’intégration des groupes  de société civile et sociale dans l’élaboration de ce plan. En fait, le président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, a concédé, dans un article éditorial du journal Business Day, que la société civile soulève « des questions légitimes » au sujet de son manque d’implication. Malgré l’emphase mise sur la réforme démocratique et les droits  de l’homme, plusieurs croient que le processus de création du NEPAD a été  fondamentalement non-démocratique.

Pour le RIDC, la question cruciale est : où se trouve  le secteur culturel?

Deux paragraphes sont contenus dans le long texte  du NEPAD au sujet de ses engagements, dans le domaine de la culture, qui font ressortir la sauvegarde des cultures indigènes, incluant « ... la littérature de souche traditionnelle, les travaux artistiques et scientifiques, les inventions,  les découvertes scientifiques, le design, marques, noms et symboles, l’information  non divulguée et toute autre innovation et création de souche traditionnelle... » On y fait référence au besoin urgent de protéger les droits d’auteur intellectuels, traditionnels et indigènes, sous le OMPI et sous la législation nationale.

Cependant, on n’y mentionne l’important travail accompli dans le domaine de la culture et du développement que de façon superficielle.  Dans un récent document rédigé par le gouvernement colombien sur l’intégration de la politique culturelle dans le développement, on a pu entrevoir que la culture considérée comme un obstacle au développement pourrait devenir le but ultime de TOUT développement. On a pu également entrevoir que la culture  devrait être intégrée à fond dans toutes les facettes du développement durable  car l’impact du changement économique sur la vie culturelle d’une collectivité  est important et on doit en tenir compte. Nous n’en sommes pas encore aux idées radicales, cependant leur présence se fait sentir dans le NEPAD.

Paul Nkwei, professeur de l’université de Yaounde  au Cameroun, déclare dans une analyse du NEPAD et de la culture (AICCD, International Conference on the Cultural Approach to Development, Dec. 2001) que : « ...  le document est aussi erroné que la mise en équation du développement avec la prospérité économique. » Il poursuit en disant que « à moins  que les chefs africains ne prennent la culture au sérieux... l’Afrique continuera de faire les mêmes erreurs. » Il s’inquiète du fait que les leçons apprises  dans le domaine de la culture et du développement sont mises de côté.

D’une façon significative, il n’y a aucune reconnaissance  du besoin de développer une infrastructure qui permettrait aux cultures de  se soutenir elles-mêmes et de prospérer dans cette nouvelle « Renaissance »  africaine, laissant ainsi les portes grandes ouvertes à l’envahissement par  les marchés étrangers. Alors que les chefs du G8 font la promotion du NEPAD  comme étant le seul plan viable pour l’Afrique, plusieurs activistes croient  que les liens à la réforme démocratique masquent subtilement le fait que l’économie  africaine est assujettie au libre marché. Dans le langage de la mondialisation,  la démocratie est étroitement liée au libre échange.

Mais comment des cultures en développement peuvent-elles rivaliser avec le raz-de-marée des produits d’Hollywood? Quelles mesures promotionnelles  des cultures africaines le NEPAD protégera-t-il? Comment le développement  des industries culturelles africaines peut-il être assuré? Comment les échanges culturels interafricains peuvent-ils être soutenus et promus? Alors que le  monde se dirige vers une « société d’information » et le commerce électronique, comment l’Afrique pourra-t-elle s’assurer que son contenu soit en ligne et soit accessible? (Pour un excellent aperçu de ce fossé numérique,  rendez-vous à : http://www.idrc.ca/acacia/divide/).

Il s’agit de questions clés alors que les pays développés, sans parler des pays en voie de développement, se battent pour sauvegarder leur propre souveraineté culturelle face aux ententes commerciales et à l’homogénéisation  globale.

2.         Le RIDC en Afrique du Sud

Garry Neil, coordonnateur du RIDC, s’est rendu récemment en Afrique du Sud afin de commencer à organiser l’assemblée annuelle et de présenter l’ébauche de la Convention sur la Diversité culturelle au groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation du Réseau international sur la politique culturelle. M. Neil a rencontré des joueurs clés des milieux culturel et artistique du Cap, dont le directeur du Robben Island Museum,  ainsi que des représentants du monde du cinéma, des arts visuels, de l’édition  et de la littérature. Il a pris la parole lors d’un forum spécial sur la mondialisation et la culture, présenté par le Performing Arts Network de l’Afrique du Sud devant une salle remplie à capacité. Il a aussi accordé des entrevues aux  médias de la presse écrite et électronique.

Alors qu’il était à Johannesburg, M. Neil a rencontré  les organisateurs locaux du volet culturel pour le Sommet mondial de l’ONU sur le développement durable (Rio+10). Ceux-ci étaient intéressés à tenir une séance sur les liens entre la diversité culturelle et la biodiversité  et collaboreront avec le RIDC dans l’élaboration de ce colloque. Plus de renseignements seront diffusés au cours de l’été.

L’ébauche de la Convention sur la diversité culturelle (http://www.incd.net/draftconvention.html) a été présentée au groupe de travail sur la diversité culturelle du RIPC le  30 mai.

Les pays membres présents étaient la Jamaïque, le  Mexique, la Colombie, Cuba, la Suisse, la Grèce, la Finlande, la France, la  Norvège, le Sénégal, le Canada, la Suède et l’Afrique du Sud. Leur ordre du  jour comprenait un débat sur la Convention sur la diversité culturelle proposée,  un document rédigé sur le thème du développement par le gouvernement sud-africain, et un document de la Suisse analysant la relation possible de la Convention avec d’autres institutions intergouvernementales. Ce document analyse également des solutions de rechange aux modèles de gestion publique.

Le RIDC a été très bien accueilli par les membres  du RIPC. Plusieurs commentaires utiles ont été formulés au sujet de l’ébauche de la Convention et des discussions importantes eurent lieu. Plusieurs délégués  ont mis de l’avant que les processus du RIDC et du RIPC devraient mener à  l’adoption d’une ébauche commune lors des réunions du Cap. M. Neil a expliqué que bien que nous devrions nous orienter dans cette direction, il est sans doute chimérique de croire que la société civile et les gouvernements pourraient acquiescer à une approche identique rendus à cette étape du processus.

Le RIDC a pu prendre part de façon active dans la  présentation, grâce à une équipe de chercheurs de l’Afrique du Sud auteurs d’un document dont le thème était la perspective des pays en voie de développement  sur la diversité culturelle. Ce document, ainsi que la présentation de la Colombie lors du Séminaire sur la diversité culturelle de l’Organization of American States Experts en mars 2002 (voir le bulletin # 18 du RIDC), seront  les documents ministériels principaux sur cette question.

Il a été mentionné que l’ébauche de la Convention  du RIDC était sur une bien meilleure voie que d’autres ébauches, car elle  tente d’identifier les engagements positifs que des états du parti pourraient prendre afin d’assurer le développement de leur propre capacité culturelle.

3.         Annonces/Événements

Ébauche de convention sur la diversité culturelle

La version révisée de la Convention est maintenant disponible en ligne à incd.net/draftconvention.html.  Veuillez faire parvenir vos commentaires à incd@ccarts.ca – le Secrétariat continuera de  recueillir les commentaires au cours des mois précédant la conférence annuelle.

À tous nos membres: 

Le Conseil Ciyoyen pour la Culture et les Arts de Morelos, au Mexique, demande votre soutien écrit au “sit-in”  qui est mené à l’heure actuelle par le Front Civique pour le Casino de la  Selva Cette action a été entreprise pour protester contre la destruction d’un  important patrimoine culturel de la ville de Cuernavaca, la capitale de l’État  de Morelos. Un site archéologique de grand intérêt documentaire, 27 édifices construits par des architectes renommés, près de 17 peintures murales, œuvre  d’artistes espagnols et mexicains de grand prestige, et plus de 600 arbres  qui formaient le parc de cet ancien Hôtel et Centre Culturel, sont en danger,  ou bien ont déjà été rasés par l’entreprise américaine Costco Price Club,  qui prétend construire là un méga centre commercial. Malgré l’illégalité de  la plupart des procédures de l’entreprise, et malgré le soutien apporté au Front Civique par la société civile, les médias, et les Chambre de Députés aussi bien locale que fédérale, le gouverneur de l’État et les ministres fédéraux impliqués dans l’affaire ont pris décidément le parti de l’investisseur étranger.   Envoyez une courte lettre exprimant votre soutien au couriel: artual@intertepoz.com

Le commerce de la culture
Sheffield Hallam University, R.-U.
Sheffield, Royaume-Uni, du 18 au 20 juillet 2002
www.shu.ac.uk

La culture européenne dans un monde qui change
Entre le nationalisme et la mondialisation
Aberystwyth, Pays de Galles, du 22 au 27 juillet 2002
The  International Society for the Study of European Ideas (ISSEI)
http://www.aber.ac.uk/tfts/issei2002

La culture, la qualité de vie et la mondialisation
International  Association for People-Environment Studies
A Coruña, Espagne, du 23 au 27 juillet 2002
www.udc.es/dep/ps

Cours d’été sur l’économie culturelle : la valeur  de la culture
Amsterdam Maastricht Summer University
Amsterdam, Pays-Bas, du 5 au 9 août 2002
http://www.amsu.edu

Vers un nouvel universalisme culturel
Universidad Michoacana
Morelia, Mexique, du 27 au 31 août 2002
ramos.filos.umich.mx/convoca2.htm

Retours culturels : Évaluant la place de la culture  dans la pensée sociale
Oxford, Royaume-Uni, du 18 au 20 septembre 2002
socsci-pavis @open.ac.uk