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Rapport sommaire sur L’artiste,
la culture et la mondialisation et sur la réunion de fondation du Réseau international pour la diversité culturelle
Du 24 au 26 septembre 2000
Santorini (Grèce)
Introduction
Ces deux réunions ont été le résultat d’une
collaboration internationale qui a commencé à peu près trois ans plus tôt. L’idée de créer un réseau culturel international découle de la conférence de l’UNESCO qui a eu lieu à Stockholm
en 1998, sous le thème « Le pouvoir de la culture », où les participants ont recommandé la création de réseaux culturels mondiaux dont le rôle serait de soutenir la diversité
culturelle. La même année, pour donner suite à cette idée, la Conférence canadienne des arts (CCA) organisait à Ottawa une conférence de suivi des ONG qui s’est tenue parallèlement à la
première réunion des ministres de la Culture dans le cadre du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC). La CCA s’est alors jointe au Comité mixte des professionnels de la
littérature et des arts de Suède (KLYS) pour jeter les bases du réseau et rédiger un déclaration de principes. Depuis sa diffusion en septembre 1999, la déclaration a été appuyée par plus
de deux cents organismes culturels répartis dans quarante-sept pays du monde.
De concert avec le National Book Centre of Greece, la CCA, en guise de prélude au lancement du réseau
des ONG, a organisé une conférence ayant pour thème « L’artiste, la culture et la mondialisation », qui s’est tenue parallèlement à la troisième réunion du RIPC. Des délégués de
plus de soixante-dix organismes de vingt-et-un pays se sont réunis sur l’île grecque de Santorini pour participer à la conférence et à la réunion de fondation, et ont produit une
déclaration inaugurale visant à orienter le développement du réseau. La déclaration clarifie et pousse plus loin les principes originaux du réseau et détermine les défis auxquels la
diversité culturelle doit faire face dans une ère de mondialisation. Elle recommande que les gouvernements ne participent à aucun accord contraignant les cultures locales et les
politiques qui les encadrent, et elle appuie la création d’un nouvel accord international qui apportera un fondement juridique permanent à la diversité culturelle. La déclaration établit
également une structure organisationnelle de base qui permettra au réseau de poursuivre ses objectifs, et identifie les membres d’un comité directeur provisoire.
Le nouveau comité
directeur du réseau a tenu sa première réunion en tête-à-tête à Santorini et a rédigé une déclaration qui a été présentée par les délégués dans le cadre de la réunion des ministres. La
convergence de ces réseaux a été diffusée dans la presse européenne et canadienne. Tous les documents liés à la conférence sont inclus à la fin du présent rapport, qui donne un aperçu de
la conférence et de la réunion de fondation, et qui présente des résumés des exposés et de courtes notes biographies sur les présentateurs. Les textes intégraux d’un certain nombre
d’exposés seront disponibles sur notre site Internet (www.incd.net).
Le RIDC remercie le ministère du Patrimoine canadien pour le financement de base qu’il a contribué dans le
cadre de notre projet. Nous remercions l’Agence canadienne de développement international, l’Institut de la Banque mondiale et la Fondation Prince Claus des Pays-Bas pour avoir
subventionné les déplacements de plusieurs participants de pays en développement qui, autrement, n’auraient pas pu assister à cet événement. Nous remercions également Creative Exchange
(Angleterre) pour leur aide dans l’élaboration de nos séances sur la culture et le développement.
Tour d’horizon
La conférence a commencé par une série de déclarations
passionnées de la part d’artistes qui, face à l’assaut de la culture commerciale américaine, s’efforcent d’établir un contact avec leur public. Les intervenants ont réclamé que leurs
gouvernements soutiennent la production et la distribution de la culture locale, mais les ont mis en garde contre la création de programmes qui reprendraient des notions démodées
d’identité nationale ou qui fermeraient effectivement la porte à tous les producteurs étrangers. Insistant sur le fait que la création artistique doit être stimulée autant par une vaste
gamme d’influences nouvelles que de liens avec la tradition, les intervenants se sont dits déterminés à unir leurs efforts à ceux d’autres artistes du monde entier pour promouvoir la
diversité culturelle.
La séance subséquente, dont le thème était les médias, la culture et la société civile, a mis l’accent sur l’une des principales façons pour les gouvernements
de soutenir la diversité et le dialogue, c’est-à-dire la radiodiffusion publique. Des intervenants d’Europe de l’Ouest et de l’Est ainsi que d’Afrique du Sud ont souligné l’importance de
la radiodiffusion publique dans le développement d’un pays, dans un processus démocratique sain, et dans la création d’une identité et d’un échange de points de vues partagés entre
différents groupes sociaux. Ils ont proposé des étapes visant à s’assurer que les cadres nationaux et internationaux soutiennent la poursuite d’une radiodiffusion publique saine dans ce
domaine de la mondialisation et dans la nouvelle technologie des communications.
Dans le cadre de la séance sur les arts et la culture dans le commerce international, les
intervenants ont examiné les cas d’empiétement des règles commerciales et de la commercialisation mondiale sur la production culturelle au cours du siècle dernier. Ils ont expliqué le
rôle important que jouent les mesures d’assistance aux activités culturelles dans différentes parties du monde et ont mis en garde contre la libéralisation dans le secteur culturel. Cette
séance a été suivie par la présentation du calendrier de l’OMC pour 2000-2002, qui a donné lieu à une analyse plus approfondie des pressions récentes exercées pour libéraliser le commerce
dans le secteur culturel et à l’identification des menaces considérables à la culture dans le cadre des pourparlers de Genève sur la libéralisation des services. On a également discuté
des préoccupations du monde en développement à l’effet que des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI) imposent des restrictions tout aussi destructrices sur les outils
importants en matière de politique culturelle. Les intervenants se sont dits d’avis que les fortes pressions en faveur de la libéralisation dans le secteur culturel devraient être
contrecarrées par une opposition unilatérale et par un soutien unanime à l’égard d’un nouveau traité international qui réglementerait le commerce international dans le domaine de la
culture.
La première série de séances simultanées a permis aux participants d’examiner en profondeur certaines des préoccupations constantes de cette ère électronique et
mondialisée : comment le droit de la propriété intellectuelle doit être modifié pour mieux servir les créateurs, les collectivités et les publics; comment faire en sorte que les
technologies nouvelles appuient la cause des créateurs et des consommateurs qui s’intéressent à la diversité; comment les collectivités peuvent trouver de nouvelles façons de promouvoir
l’éventail complet des valeurs historiques et patrimoniales. La deuxième série de séances a examiné les différentes manières de promouvoir la diversité culturelle dans des contextes
différents. Des intervenants en alphabétisation et en organisation communautaires du monde en développement ont présenté leurs projets pour remédier à la profonde perturbation des
cultures traditionnelles occasionnée par les nouvelles structures sociales et économiques et par un torrent de produits culturels importés. Des artistes créateurs subissant les pressions
des forces du marché ont examiné toute une gamme d’options, de l’autosuffisance complète à l’établissement de réseaux et l’organisation d’événements à l’échelle internationale. Les
organisateurs communautaires autochtones ont élaboré leur résistance à la libéralisation des échanges commerciaux dans le contexte de leur longue lutte contre le colonialisme, et ils ont
fait état de certains progrès dans leurs efforts pour que soient reconnus les droits collectifs des Autochtones sur la scène internationale.
La conférence s’est terminée par les
exposés des représentants d’autres organismes internationaux qui ont des incidences importantes sur le travail du RIDC. Jerry Mander a présenté le travail accompli par le Forum
international sur la mondialisation (FIM), qui a réuni des intérêts divergents du monde entier dans le but commun de s’opposer aux aspects destructeurs de la mondialisation. Il a
recommandé que le RIDC ajoute à ses préoccupations actuelles la destruction des infrastructures sociale, environnementale et économique sous-jacentes aux cultures traditionnelles. Au plan
pratique, il a conseillé aux membres du RIDC de déterminer leurs points communs et divergents, pour ensuite chercher à régler les différends. Il a offert le soutien du FIM à l’appui du
travail accompli par le RIDC.
Vladimir Skok a fait état des intérêts soulevés lors de la réunion des ministres de la Culture dans le cadre du Réseau international sur la politique
culturelle (RIPC) qui, à l’instar du RIDC, découle de la conférence de l’UNESCO sur les politiques culturelles pour le développement, ainsi que des préoccupations relatives à la promotion
de la diversité culturelle. Il a rapporté qu’un groupe de travail composé de représentants du réseau a étudié l’idée d’un instrument international et que, lors de la conférence à venir,
les membres chercheront à obtenir un mandat en vue de poursuivre leur travail au cours de la prochaine année. Dans les jours qui ont suivi, le réseau ministériel a souscrit à l’idée de
l’instrument ou du traité et à l’extension du mandat du groupe de travail.
Enfin, après un rapport de clôture sur la conférence présenté par l’hôte conjoint, Christos Lazos, du
National Book Centre of Greece, la déclaration de fondation du réseau a été présentée par les membres du comité directeur, qui avaient contribué à sa rédaction. Les commentaires
subséquents des participants ont soulevé un certain nombre de questions importantes qui ont été incorporées au document, notamment :
• que le réseau devrait souscrire à la création d’un nouveau traité international sur la diversité culturelle, accompagné d’une
certaine forme de force exécutoire;
• qu’il devrait demander aux gouvernements de ne prendre aucun nouvel engagement en
matière de biens et services culturels dans le cadre des négociations commerciales;
• qu’il devrait être expressément stipulé
que chaque communauté culturelle a le droit inhérent de se protéger contre, ou de contrôler et réglementer, toute intervention indésirable extérieure aux forces économiques ou politiques;
• qu’il soit mentionné que les communautés traditionnelles et autochtones nécessitent une attention particulière;
• que le lien entre la diversité culturelle et le développement durable soit expressément stipulé;
• que le rôle essentiel de l’individu créateur soit mentionné;
• que le réseau soutienne les échanges entre cultures;
• que des membres
soient choisis, à l’échelle nationale ou régionale, ainsi que le comité directeur, pour accomplir les tâches qui incombent au réseau.
La déclaration de fondation est redistribuée à
toutes les personnes qui ont assisté à la réunion. Elle sera affichée sur le site Web du RIDC et continue d’être matière à débat.
La conférence et la réunion de fondation ont créé
un consensus sans précédent sur les problèmes auxquels font face les groupes culturels partout dans le monde. Elles ont également suggéré un certain nombre de moyens pour régler ces
problèmes et pour mettre en place des structures organisationnelles de base capables de véhiculer les convictions du réseau. Depuis la fin de la conférence, le comité directeur a approuvé
des interventions du RIDC dans plusieurs forums internationaux. Le comité directeur et le secrétariat du RIDC travaillent également à l’expansion du réseau et planifient la prochaine
réunion, qui se tiendra en Suisse en 2001. La conférence des ONG en Suisse comprendra des séances où l’interaction avec le réseau ministériel sera accrue, et puisera à même le
savoir-faire des experts internationaux présents à Genève.
Janet Creery
Secrétariat du RIDC
Conférence canadienne des arts
Décembre 2000
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